11 septembre 2009
Breaking Bad [2x 13]

ABQ (Season Finale) //
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Je suis sous le choc. Breaking Bad a joué avec nos nerfs pendant toute la saison. Elle est allée très loin dans le glauque, la crasse, la tristesse, l'horreur. Elle nous a captivé comme rarement une série a réussi à nous captiver. Elle a transformé ses faiblesses en forces et fait de sa lenteur son plus bel atout. Elle a creusé ses personnages jusqu'à l'os. Elle nous a fait vibrer au rythme des pulsations du coeur de Walt. Elle nous a rendu coupable de complicité pour mythomanie maladive. Et elle finit de nous achever sur un cliffhanger plus surprenant que haletant. Dieu que cette série est belle.
Je serai incapable de faire le moindre reproche à ce Season Finale tant il est bien pensé, tant il est étonnant et tant il est superbe visuellement. Les scénaristes ont pourtant pris des risques mais ils s'en sortent avec brio. Mais avant de parler du cliffhanger, celui par qui le scandale arrive, j'aimerais parler de tous les événements qui rythment l'épisode. La mort de Jane est traitée dans les premières minutes avec une sobriété extrême. Son père, Don, reste stoïque, même lorsqu'il croise le regard coupable et désespéré de Jesse. Il faudra attendre les dernières minutes pour qu'il flanche. Fatalement. La réaction de Jesse est beaucoup plus vive, passionnée et forcément bouleversante. Lorsque Walter vient le chercher dans son repère de drogués, qu'il l'appelle "Son" puis que Jesse éclate en sanglots, c'est terriblement douloureux, même pour les téléspectateurs que nous sommes. Je pense que de découvrir le corps mort de Jane a été un électrochoc pour Jesse et qu'il ne retouchera pas à la drogue, du moins pas dans l'immédiat. La saison 3 risque de nous présenter un Jesse plus fort, plus adulte mais pas forcément plus raisonnable. Ses excès seront sans doute d'un autre ordre... Aaron Paul a été parfait de bout en bout. Je ne lui aurais pas imaginé autant de talent lors de nos brèves rencontres dans Big Love.
Mais qui aurait pu imaginer que le père barjo de Malcolm serait capable d'interpréter un dealer mythomane et cancéreux avec autant de prestance, de précision et de profondeur ? Bryan Cranston est en fait un grand acteur et le prochain Emmy Award du meilleur acteur doit lui être décerné. C'est définitif. Il y a tant à dire sur sa prestation lors de ce dernier épisode... Son face à face final avec Skyler est d'une incroyable maîtrise, de son coté comme de celui d'Anna Gunn. On ressent la terrible tension qui règne comme si nous étions dans la pièce. Ce moment de vérité, on l'a attendu avec impatience et il est arrivé, et il ne nous a pas déçu. Je ne m'attendais pas à le retrouver là, déjà. Le fait que Walter ait évoqué ses deux portables alors qu'il était sur la table d'opération dans un état second bouleverse tout le chemin parcouru depuis quelques semaines par le couple. Skyler a mené sa petite enquête et elle a découvert tous les mensonges : pas d'argent de la part de Gretchen et Elliott, pas de voyage de 4 jours chez la mère de Walt... Elle ne sait toujours pas le principal et pourtant, il était sur le point de le lui révéler. Je pense que pour la reconquérir, ce qu'il essayera forcément, il lui faudra tout raconter dans le moindre détail. S'il lui avait dit à ce moment-là, elle serait partie quand même. S'il le fait plus tard, selon les circonstances, il y a moyen qu'elle l'accepte. Surtout si elle entre dans les magouilles de son patron. Ce n'est pas aussi grave que le trafic de Walt mais c'est suffisant pour ne pas avoir de leçon à donner. Le cancer semble de plus en plus lointain mais on n'est pas à l'abri d'une rechute.

J'ai aimé toute l'ironie contenue dans certaines scènes, comme celle où Walter Jr, enfin Flynn, évoque son père en termes plus qu'élogieux, ou encore celle où Hank pense qu'Heisenberg n'est pas mort tout en collectant des fonds pour sauver Walt, enfin Heisenberg. En revanche, je n'ai pas complètement saisi quel but Gus souhaite atteindre en approchant le département de la DEA et Hank. D'ailleurs, savait-il que Walt était le beau-frère de Hank ou l'a-t-il découvert en venant là, par hasard ? Je pense qu'il savait. Je pense... Le personnage de Gus sera sans doute très important en saison 3, au même titre que Saul et son "nettoyeur" qui ne peuvent qu'aider notre équipe de bras cassés.
Venons-en donc au cliffhanger, que certains qualifient d'"escroquerie" et j'avoue d'ailleurs que ça a été ma toute première pensée. Puis j'y ai réfléchi et j'ai trouvé ça brillantissime. Les scénaristes ont choisi de mettre en scène le fameux principe de l'effet papillon où chaque battement d'aile compte. Ici, il s'agit des ailes de deux avions qui se percutent en plein ciel, juste au-dessus d'Albuquerque et plus précisément juste au-dessus de la maison de Walt. Il faut bien évidemment voir là une allégorie de tout le mal qu'a pu faire notre héros depuis qu'il a décidé de se lancer dans le trafic de drogue. Sa vie explose, comme ces avions. Si ça n'avait été que cela, j'aurai trouvé ça légèrement tiré par les cheveux et un peu hors-sujet pour une fin de saison. Mais là où les scénaristes sont très forts, c'est que le premier responsable de ce crash n'est autre que Don, le père de Jane ! Il est apparemment aguilleur du ciel et il a repris le travail trop tôt. Mais cela ne serait pas arrivé si Walt avait sauvé Jane lorsqu'il le pouvait. L'effet papillon donc. Je trouve ça splendide. En plus, après quelques recherches et la lecture d'une interview passionnante de Vince Gilligan, le créateur de la série, j'ai appris qu'en assemblant tous les titres des épisodes qui contenaient des élements de flashforwards, on obtenait la phrase très significative : "Seven Thirty-Seven Down Over ABQ". It all makes sense ! Tout était donc pensé depuis le début de la saison. Alors bien évidemment, ces éléments de flashforwards nous ont fait élaborer dans nos têtes mille théories, forcément très éloignées de la vérité, et cela pourrait passer pour un foutage de gueule au final. Je ne le ressens pas du tout comme ça. Je ne trouve pas cette fin frustrante, bien au contraire, et je ne trouve pas non plus qu'elle soit décevante. J'imagine que les deux corps retrouvés dans le jardin de Walt ne sont que des inconnus, passagers des avions. Je tire mon chapeau à l'équipe de la série, tant pour cette surprise finale que pour l'ensemble de la saison.

// Bilan // S'il y a tant de choses à dire sur ce final, ce n'est pas un hasard. Il est d'une richesse incroyable, tant scénaristiquement que visuellement. Les acteurs sont une fois de plus au top et les scénaristes se sont surpassés pour offrir tension, suspense, surprise et émotion. Un grand moment de télévision que ce final, au même titre que trois autes épisodes extrêmements marquants de cette deuxième saison : "Grilled", "Down" et "4 Days Out". Breaking Bad est magistrale.
03 septembre 2009
Breaking Bad [2x 12]

Phoenix //
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Un avant-dernier épisode intense, as usual, et éprouvant, as usual. Le début était attendu, sans grandes surprises. Walt a réussi à ramener la meth à temps et récupérer sa grosse somme d'argent également, mais il a raté de peu la naissance de sa fille. Je m'attendais à une réaction plus vive de Skylar mais j'imagine que le bonheur d'être à nouveau mère l'a emporté sur la rancoeur. Et puis, si elle se fie aux mensonges de son mari, que pouvait-il bien faire ? Ce n'est pas de sa faute... Walt a passé, as usual, 90% de son temps à mentir à sa femme, à son fils, à Hank et à Mary. A ce niveau-là, c'est de l'art ! Il manie le mensonge comme personne. J'ai trouvé très fûté de se servir du site créé par Walt Jr. pour transférer l'argent que Walt a "durement gagné". Better Call Saul ! Il faut reconnaître que ce mec a un certain talent pour l'arnaque. Le fameux site existe vraiment d'ailleurs (ICI) et vous renvoie directement vers un site de dons pour les malades du cancer. Une belle idée, et de Walter White Jr. et des producteurs.
Breaking Bad devrait vraiment être montrée dans les écoles. Je ne vois pas quelle série actuellement pourrait aussi bien montrer les ravages de la drogue et dissuader ceux qui seraient tentés d'essayer. La mort de Jane était extrêmement choquante. Son overdose arrive à point nommé, et c'est sans doute un peu facile scénaristiquement, mais c'est tellement bien mis en scène... Serait-elle morte si Walter avait bougé le petit doigt ? Sans doute. Elle était mal barrée. Mais le fait qu'il n'ait rien fait était évidemment intéressant. Walt est définitivement passé de l'autre coté de la barrière. En revanche, il a montré, pour la première fois peut-être, une certaine affection pour Jesse. Il est venu l'aider, après avoir discuté sans le savoir avec le père de Jane. Une scène très intense d'ailleurs, et qui résonne de façon terrible une fois l'épisode terminé. Il a parlé de Jesse comme d'un neveu, un membre à part-entière de sa famille. C'est dans ces moments-là que je me dis que tout n'est pas perdu pour Walt. Il a encore un coeur.
J'ignore ce qu'il va se passer maintenant dans le Season Finale. On en est arrivé à un point où de nombreuses intrigues sont terminées. Skylar a accouché, Jesse a perdu Jane et puis Hank et Mary sont momentanément en retrait (ce qui est dommage mais compréhensible). Jesse va devoir mener un dur combat pour rester sobre, et Walt va sans doute l'aider, mais à quoi servirait un Jesse sobre ? Un nouveau rebondissement devrait bousculer l'odre établi mais je n'ai strictement aucune piste. Et je sens que les images de destruction chez Walter ne sont pas extraites du Season Finale...

// Bilan // Sans doute pas le meilleur épisode de la saison mais le niveau reste tellement haut... On ne dirait pas comme ça mais Breaking Bad est une série extrêmement addictive.
26 août 2009
Breaking Bad [2x 11]

Mandala //
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A deux épisodes de la fin de la saison 2, je m'attendais à autre chose, peut-être à des intrigues plus intenses. Puis les images inaugurales de l'épisode précédent, si elles correspondent bien au Season Finale, semblent résulter d'événements presque apocalyptiques à l'échelle de la série et je ne les vois pas venir pour le moment... Tout peut basculer rapidement dans l'horreur. La scène inaugurale de cet épisode est particulièrement choquante. Un enfant qui tue ainsi de sang froid, c'est quelque chose que l'on voit rarement déjà et quand bien même, c'est terrible. J'ai cependant eu le sentiment qu'impliquer un enfant comme cela était juste une manière de rendre cette scène "différente". Tuer un dealer, c'est quelque chose de "courant", que l'on a déjà vu mille fois ici ou ailleurs. Mais un dealer tué par un enfant, c'était une première pour moi et pour vous sans doute aussi. En tous cas, cette mort, puisqu'il s'agit de celle d'un des dealers de Jesse, chamboule les plans du duo, surtout ceux de Walt puisque Jesse n'en a pas vraiment. Il faut absolument établir un nouveau partenariat et l'hilarant Saul met Walt sur une piste. Je me suis fait avoir : je n'ai pas imaginé une seule seconde que le dealer pouvait être le manager (qui n'en était pas un d'ailleurs) du fast-food. Si encore j'avais reconnu l'excellent Giancarlo Esposito, peut-être, mais même pas ! Il était méconnaissable. C'est donc sans doute de ce coté-là que les choses vont gravement dégénérées...
Walt est toujours aussi détestable, dans son comportement avec Jesse notamment. Finalement, il l'utilise comme une marionnette mais il n'a aucune compassion et aucune affection pour lui. Alors que Jesse en a (un peu) pour lui. Et au-delà de ça, si, comme c'est sous-entendu, Walt préfère vendre sa drogue qu'assister à l'accouchement de sa femme, c'est qu'il est définitivement passé du coté obscur de la force. En parlant de Skylar, j'avoue que je ne comprenais pas au début où les scénaristes voulaient en venir mais tout devient plus clair à la fin de l'épisode : face à son patron qui magouille, elle décide, après hésitations, de rester à ses cotés et donc quelque part de cautionner ses actes frauduleux. Si elle apprenait ce que fait Walt pour elle et sa famille, et beaucoup pour lui-même aussi, réagirait-elle de la même façon ? C'est moins sûr. D'autant que ce patron semble lui plaire -magnifique Happy Birthday Mr President !- tandis que Walt, de par son comportement, lui plaît de moins en moins.
Je ne comprends pas bien quel a été le déclic de Jane pour replonger dans la drogue. Elle se lève un matin et se jette sur je ne sais quelle drogue. Je pensais qu'elle aurait un peu plus de réticence, qu'elle lutterait, mais même pas. La scène où elle ramène des seringues et pique Jesse était absolument hallucinante et glauquissime. Enfin pour moi en tous cas qui ait horreur de ce genre de choses. Ca me fait peur. Le planage intégral de Jesse était bien retranscrit visuellement. Ca faisait un peu kitsch mais je suppose que c'était voulu. Ca passait bien. Je crois de plus en plus à ma petite théorie : Jane est l'un des deux corps morts dans le jardin de Walt.

// Bilan // Du glauque comme s'il en pleuvait. Breaking Bad n'est pas qu'une série intense, c'est aussi une série éprouvante. On ne ressort jamais vraiment indemne d'un de ses épidodes.
16 août 2009
Breaking Bad [2x 1o]

Over //
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J'allais dire "un épisode brillant comme d'habitude" mais on aurait tort de considérer l'excellence de Breaking Bad comme une chose acquise et définitive. Bien des séries brillantes ont soudainement déçu. Alors tant que Breaking Bad sera aussi bonne, je le crierai haut et fort ! Il faut déjà à tous prix parler de la scène d'introduction. On reprend certaines images diffusées en préambule en début de saison et on en ajoute d'autres complètement effrayantes : deux corps sont emballés dans des sacs mortuaires. A qui appartiennent-ils ? On pense bien-sûr tout de suite à Walter et Jesse, nos deux héros. Mais c'est impossible. Ou alors ces images proviennent du tout dernière épisode de la série qui n'est vraisemblablement pas pour tout de suite. Je ne sais pas pourquoi, mon intuition me dit qu'un de ces deux corps appartient à Jane, la petite-amie de Jesse. Je lui vois bien une fin tragique. Pour l'autre corps, je sèche. Quelqu'un proche de Walt pour équilibrer j'imagine. Son fils ? Non, ils n'oseraient pas ! Quoique... Ca fait en tous cas son petit effet !
Il est difficile de parler de cet épisode car il est très introspectif pour les personnages, particulièrement pour Walt, et donc pas forcément rempli d'action. Il faut même bien avouer qu'on baille parfois un petit peu, tant le rythme est lent. C'est une des marques de fabrique de la série en même temps cette lenteur et ça lui réussit 90% du temps. La petite fête organisée par Skyler en l'honneur de Walt à l'occasion de sa rémission aurait dû être un moment de joie mais elle se transforme rapidement en un moment extrêmement pénible et éprouvant pour tout le monde. Si Jesse a la drogue pour noyer son chagrin, Walt a l'alcool. Et nul n'ignore que l'alcool fait souvent bien des ravages. Son attitude envers Hank et surtout envers son fils est à gerber, ce dernier ne s'est d'ailleurs pas privé de le faire -gerber- et le moment où Skyler parle de de la généreuse prétendue donation de Gretchen et Elliott fait tout basculer dans la tête de Walt. C'est là qu'il se rend compte qu'il ne mérite pas le cadeau que la vie vient de lui offrir : il ne mérite plus de vivre. Il va quand même essayer de reprendre sa vie en main se rendant compte de son énième bêtise mais il est déjà trop tard. Il a changé et les choses ne redeviendront jamais comme avant. D'ailleurs, au fond, il n'en a pas envie. Ses divers travaux manuels pour s'occuper n'y pourront rien : il est devenu Heisenberg. "Stay Out Of My Territory". Je ne le dis plus assez : Bryan Cranston est un acteur formidable et à de nombreuses reprises dans cet épisode, il m'a vraiment fait flipper. Ce regard si profond, si haineux et si malsain, c'est quelque chose !
L'introspection se fait plus légère pour Jesse. Il continue de passer du bon temps avec sa belle et se découvre même un certain talent culinaire. Il s'ouvre à elle comme jamais il ne s'est ouvert avec qui que ce soit et lui montre ses dessins, très représentatifs de l'enfant qu'il est resté malgré les années et malgré la drogue. C'est extrêmement touchant. Il se sent même prêt à affronter le père de Jane mais elle, en revanche, n'est pas prête du tout et Jesse le prend mal. Un conflit somme toute assez classique mais porté par une excellente interprétation d'Aaron Paul et de Krysten Ritter. Jane reste un personnage très énigmatique et j'espère que les prochains épisodes vont nous permettre de percer son mystère. L'intrigue sans doute la moins intéressante mais qui prend aussi le moins de temps d'antenne est consacrée à Skyler et à son ex-nouveau patron. L'attirance entre les deux protagonistes n'est plus fainte. On ne sait toujours pas bien de quelle façon ils ont été liés par le passé mais il reste clairement quelque chose et Skyler va sans doute aller trop loin... Qui peut la blâmer ? Walt est devenu un autre homme. Elle est perdue.

// Bilan // Un épisode introspectif très maîtrisé et lourd de sens, qui relance la série vers des intrigues toujours plus noires et désespèrées. Breaking Bad brille encore et toujours.
06 août 2009
Breaking Bad [2x o9]

4 Days Out //
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Quelle belle idée que cet épisode road-trip qui nous ramène vers des sentiers que l'on avait plus parcouru depuis la saison 1 ! Depuis quelques temps, on s'éloignait de plus en plus de la base même de la série. Le cancer de Walt devenait presque accessoire, sa lutte pour sa famille devenait secondaire, il se laissait emporter par l'appât du gain et par la jouissance du pouvoir. 4 Days Out remet tout à plat ingénieusement et réunit nos deux compères, au sommet de leur art. Cela faisait combien de temps que l'on ne les avait plus vu cuisiner ? Ca manquait. Des scènes qui auraient pu faire redite ont au contraire été beaucoup mieux maîtrisées, visuellement notamment, qu'auparavant. Je pense à une des scènes du début qui faisait furieusement penser à du Nip/Tuck, avec une bonne bande-son et des images à la fois impressionnantes et amusantes. Ici, les opérations de chirurgie esthétique sont remplacées par des cours de chimie, car Walt ne perd jamais son sens de la pédagogie ! Evidemment, pour pimenter les choses, rien ne se passe comme prévu. A qui la faute ? La faute à Jesse bien-sûr ! Ce garçon n'est pas une lumière, on l'a toujours su. Mais en plus de ça, il est poisseux comme pas possible, ça se confirme ! A coté, le héros de Worst Week peut s'estimer heureux. Même quand il veut faire bien, il se plante. C'est terrible. Cela conduit donc nos deux héros à une sorte de huit-clos avec pour seuls murs la terre et le ciel et le désert à perte de vue. D'un point de vue esthétique, Breaking Bad est au top de sa forme et je n'ai pas peur de dire que c'est la série la mieux réalisée qu'il m'ait été donné de voir. Chaque plan du désert était superbe. J'ai d'ailleurs eu du mal à choisir la capture d'écran pour illustrer l'article ! Elles ne lui rendront de toute façon pas justice. Je ne suis pas forcément fan des techniques à la MacGyver de Walt, j'ai un peu de mal à y croire, mais peu importe.
Du coté du cancer de Walt, on parle de rémission. Ce n'est pas vraiment étonnant puisque le jour où Walt sera mort, la série n'existera plus. Est-ce un simple répit avant une rechute ou sont-ce les scénaristes qui ont décidé de partir dans une autre direction ? Le temps le dira. En tous cas, la scène où il apprend sa rémission entouré de toute sa famille est très émouvante et surprenante puisque la série ne verse jamais dans la joie. Jamais ! La joie est cependant teintée d'un gros nuage : les activités illicites de Walt ont un impact sur sa santé et cela pourrait lui être fatal à terme. Il ne mourra peut-être pas de son cancer finalement, mais d'autre chose. Pendant ce temps-là, Skyler est toujours enceinte jusqu'au dent, comme pour nous rappeler que le temps passe vraiment moins vite à Alburqueque.

// Bilan // Une prouesse visuelle doublée d'une histoire toujours passionnante.
27 juillet 2009
Breaking Bad [2x o8]

Better Call Saul //
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Après un épisode un peu trop léger à mon goût et chiant comme la mort, Breaking Bad retrouve de sa superbe, et ce dès l'intro de l'épisode. Il s'agit d'un plan-séquence (donc tourné sans interruption) d'environ 4 minutes 30 secondes à la fois drôle et captivant, qui met en scène une planque des flics pour faire tomber un dealer. Il s'agit évidemment de l'un des disciples de Jesse. Je me demande où il les a trouvé ses dealers quand même. Aucun ne brille par son intelligence, et certainement pas Badger. Après le générique que nous connaissons bien -et qui, vu la qualité de la série, aurait pu être plus intéressant visuellement- on a droit à une pub signée Saul, l'avocat le plus marrant et véreux d'Alburquerque, qui fait ainsi son entrée dans la série. Il m'a plu tout de suite je dois dire. Au-delà du fait qu'il apporte beaucoup d'humour à Breaking Bad, il semble central pour la suite des affaires de Walt et Jesse. Et quand je dis "central", je devrais peut-être plutôt utiliser le mot "indispensable". Il a tout de suite compris que nos deux compères étaient de sacrés amateurs qui n'allaient pas survivre longtemps dans ce monde de gangsters sans un coup de pouce de sa part. Moyennant finance bien entendu. Pendant tout l'épisode, on accentue bien l'amateurisme du duo, peut-être même un peu trop. Pendant ce temps-là, Walt est moins agaçant et ça fait du bien. Il commençait à gravement me stresser.
Après son escapade avec les DEA, Hank a du mal à se remettre mais en tout bon macho qui se respecte, il ne veut pas montrer ses émotions à sa femme, ni même à Walt. Je ne parle même pas de ses collègues de boulot. Nulle doute que tout ça finira par exploser. En attendant, il se lance dans une filature tout à fait captivante, à l'image de la série donc. Skyler est quasi-abstende l'épisode. Comme à chaque fois qu'un des personnages principaux de la série disparaît pour une raison ou pour une autre, il se passe suffisamment de choses à coté pour que son absence ne se fasse pas ressentir. J'aurai tout de même aimé voir son intrigue avec son boss avancer. Et puis entre deux coups de tension, Jesse roucoule avec sa belle voisine, toujours très énigmatique. J'aime vraiment voir Jesse dans une relation amoureuse. Ca lui permet de nous offrir autre chose que sa colère habituelle. Je suppose que les choses vont vite se compliquer entre eux...

// Bilan // Pas de répit pour les héros de Breaking Bad ! Encore un épisode haletant et très intéressant du point de vue de la réalisation, avec une dose d'humour plus prononcée qu'à l'accoutumée.
20 juillet 2009
Breaking Bad [2x o7]

Negro Y Azul //
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Je vais être un peu dur avec cet épisode mais, honnêtement, malgré toutes ses qualités, il était franchement ennuyeux sur la longueur. A vrai dire, il faut attendre le dernier quart d'heure pour retrouver le vrai Breaking Bad captivant que l'on aime. L'introduction façon Latin MTV était on ne peut plus originale; peut-être un peu trop longue, mais bien vue. Le texte de la chanson refléte parfaitement l'épisode et le changement d'attitude de Walt, devenu de plus en plus détestable. Son business marche, donc il prend la grosse tête. Il ne s'en prend pas simplement à ses copains dealers de tous poils mais aussi à ses élèves ! Un en particulier. En soit, ce face à face en professeur et élève n'avait pas grand intérêt mais il révèle bien à quel point il a changé. Fini le prof timide des débuts ! C'est son attitude avec Jesse qui est la plus irritante. Le pauvre mec vient de vivre un traumatisme et il ne pense qu'à l'argent et encore à l'argent. D'ailleurs, ce qui l'a poussé initialement à se lancer dans le trafic de drogue semble bien loin... C'est bien vu de la part des scénaristes de le rendre si sûr de lui, l'évolution est impressionnante. Mais en même temps, il est beaucoup moins attachant et ça pourrait être préjudiciable pour la suite !
Hank, en revanche, devient de plus en plus attachant. Le connard beauf des débuts évolue vitesse grand V depuis qu'il a subit ce fameux traumatisme il y a quelques épisodes lors de la fusillade. Pour le coup, il vit quelque chose de pire et d'innatendu lors de son premier jour en tant que "DEA Agent". Autant la tête de mort sur le dos d'une tortue, bon, c'est effrayant mais on peut s'en remettre (bravo au passage pour avoir fait en sorte que ce ne soit pas ridicule, c'était pas gagné !). Autant la bombe qu'elle contenait et l'explosion, c'est autre chose ! Hank se voit tout à coup transporté sur un champ de bataille, avec des corps mutilés, des bouts de jambes et de bras de-ci de-là... Impressionnant ! Pendant ce temps, Skyler vit des choses plus terre à terre, pas forcément inintéressantes mais forcément plus chiantes. Elle décide de reprendre un boulot (à 6 mois de grossesse ??) et choisit l'entreprise où elle a travaillé il y a quelques années. Elle était partie, entre autres, à cause de son patron qui l'avait tripotée. Son patron est maintenant devenu le grand patron et il semble avoir toujours des vues sur elle. Elle en joue pour récupérer son ancien poste mais elle risque de s'en mordre les doigts dans quelques temps. Ceci dit, une femme à ce stade de sa grossesse est en général très très chaude et comme ça ne va plus du tout avec Walt, c'est peut-être ce qu'elle cherche au fond... Bien aimé sinon l'instant tendresse entre Jesse et Jane à la fin de l'épisode. Une belle leçon de drague ! Ca ouvre de nouvelles perspectives à notre dealer...

// Bilan // Plein d'éléments intéressants se mettent en place pour la suite de la saison mais le rythme est trop lent pour captiver. Le plus faible épisode de ce début de saison, bien que le niveau reste très haut !
12 juillet 2009
Breaking Bad [2x o6]

Peekaboo //
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Cet épisode est une sorte de loner, avec Walt et sa famille d'un coté, et Jesse et une famille de l'autre. J'aime moins ces épisodes où ils sont séparés en général mais celui-là était très fort. Vraiment. Surtout du coté de Jesse en fait. Pour la première fois je crois, la série nous a véritablement montré les ravages de la drogue. Elle fout la vie de Walt en l'air, certes, mais pas parce qu'il la consomme, parce qu'il l'a produit. Et puis elle le sauve aussi quelque part. Mais dans cette maison comparable à une décharge, Jesse se retrouve véritablement face à l'atrocité de l'addiction. Le couple de junkies qui avait volé un de ses dealers lui doit de l'argent, alors il va chez eux et y découvre un enfant, seul et sale. Le contraste entre la vie en dehors de ce taudis et la vie, si l'on peut appeler ça ainsi, à l'intérieur est saisissant et parfaitement rentranscris à travers la réalisation toujours très inspirée de la série. Cet halo de lumière jaune flamboyant représente pour moi l'espoir d'une vie meilleure, tout comme cette factrice guillerette que Jesse croise au pas de la porte. Tout cela est très poétique. La première scène de l'épisode aussi, lorsque Jesse n'arrive pas à se résoudre à tuer un insecte. C'est tout à fait lui. Il ne tue pas, il le prouve encore une fois que le couple est de retour. La femme finit par tuer son mari, c'était couru d'avance mais ça n'en est pas moins choquant. Tout comme Jesse, on pense surtout à l'enfant. Le dernier geste de Jesse à son égard est plein d'humanité, et l'on reconnaît bien là ce personnage très ambivalent et passionnant. Du grand art donc !
La partie de l'épisode consacrée à Walt était sans doute un peu moins intense mais ça m'a quand même beaucoup plu. Déjà, après avoir "assisté" à l'un de ses cours, je crois qu'on peut dire que c'est un excellent professeur ! Il était vraiment passionnant. Jamais écouté un cours aussi religieusement ! Ses élèves étaient malheureusement moins réceptifs. Je ne sais pas ce qui se traficote avec la jolie principale du lycée mais elle est bizarre. Attirée par Walt ? C'est assez étonnant, vu son état et son délabrement physique, mais pourquoi pas. Le retour de Gretchen, je ne m'y attendais pas et pour cause : je ne me souvenais même plus de son existence ! La saison 1 est loin. Mais ça m'a permis du coup de comprendre certaines choses, comme le fait que Skyler ne soit pas plus préoccupée que ça par les paiements pour le traitement de Walt. Ce dernier devient quand même un sacré salaud ! Au-delà du fait qu'il continue à mentir de façon honteuse à sa femme, son comportement vis à vis de Gretchen, son agressivité notamment, est incroyable. Les ravages de la drogue, les dommages collatéraux disons, sont là aussi.

// Bilan // Les associations de lutte contre la drogue devraient se servir de cet épisode pour faire passer leur message ! On peut difficilement faire plus dissuasif...
05 juillet 2009
Breaking Bad [2x o5]

Breakage //
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Cet épisode est la preuve que Breaking Bad n'est pas parfaite. J'ai même failli ne lui accorder que trois étoiles mais en repassant dans ma tête tous ses points positifs, je me suis rendu compte qu'il valait mieux. Disons simplement que contrairement à d'habitude, je me suis parfois un peu ennuyé. Petit manque de rythme sur cet épisode donc. Parmi mes scènes favorites, je citerai d'abord le nouvel affrontement Skyler/Walt, dans lequel il est impossible de prendre parti pour l'un ou pour l'autre tant ils ont tort tous les deux pour des raisons différentes. Skyler parce que l'on ne fume pas quand on est enceinte, sa grossesse est déjà mise à rude épreuve, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Et Walt parce qu'on ne peut décemment pas parler comme ça à sa femme, surtout quand on en a tant de choses à se reprocher. Il veut la vérité mais lui est incapable de la donner quand sa femme la lui demande... L'autre scène qui m'a particulièrement marqué est celle de la réconciliation entre Skyler et sa soeur, tout en finesse et en pudeur. Les choses sont dites, même si c'est un peu trop tard, même si c'est fait avec maladresse, même si cela manque d'un bon gros hug. Il est certain que Skyler en avait énormément besoin pour reprendre le dessus. Elle commençait à sombrer.
Absent du précédent épisode, Hank est de retour, et pas qu'un peu ! De façon très étonnante, le personnage montre des signes de faiblesse. Malaise, angoisse... Le roc se ramollit et ça pourrait devenir particulièrement intéressant par la suite. Le danger s'éloigne-t-il pour Walt ? C'est un peu l'impression que ça donne. Après avoir touché le fond, Jesse reprend du poil de la bête. Il est bien décidé à remettre de l'ordre dans sa vie, enfin à sa façon ! C'est peut-être de ce coté-là de l'épisode que j'ai eu un problème. Je trouve un peu facile qu'il puisse louer une maison si rapidement. Ok, il a plus ou moins tapé dans l'oeil de la fille du propriétaire (interprétée par Krysten Ritter) et une histoire d'amour se profile, mais bon, je ne suis pas convaincu. Idem pour sa grosse voiture rouge hyper discréte. Etait-ce bien nécessaire ? La reprise des affaires entre Walt et Jesse nous ramène au début de la série et ça donne presque un sentiment de régression. Les conditions sont un peu différentes et Jesse va devoir faire ses preuves en tant que nouveau Tuco mais un Tuco qui ne tue pas peut-il vraiment être un bon Tuco ? J'en doute. Il va certainement devoir forcer sa nature pour obtenir ce qu'il veut. Walter n'a pas tort. En revanche, lorsque celui-ci chipote pour 1ooo dollars, on a juste envie de lui dire qu'il faudrait la fermer deux secondes. Il devient plus qu'agaçant.

// Bilan // Un épisode légèrement moins bon que d'habitude mais Breaking Bad reste Breaking Bad.
28 juin 2009
Breaking Bad [2x o4]

Down //
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Vous les attendiez chers lecteurs : les voilà les cinq étoiles ! Je n'ai pas pu résister. Cet épisode méritait au moins ça, si ce n'est plus. Rien que pour la montée en puissance de la colère des uns et des autres et de toute l'émotion que cela nous procure. J'imagine que plusieurs clans se sont formés suite à la diffusion de cet épisode. Le clan Walter Vs le clan Skyler. Pour le moment, je me range plutôt du coté de cette dernière. Je ne peux pas m'empêcher de penser que tout ce que Walter fait depuis le début est inutile. Il s'est mis dans la merde tout seul et il aurait pu en sortir plus tôt, s'il l'avait voulu. Et justement ici, il aurait pu tout dire à sa femme. Il aurait pu mais il ne l'a pas fait. Ce n'est pas faute de lui en avoir laissé l'occasion. J'ai trouvé la réaction de Skyler, que l'on pourrait presque assimilé à de la vengeance, à la fois puérile et matûre. Puéril parce que l'idée de faire à l'autre ce qu'il vient de nous faire rien que pour l'embêter, c'est idiot. Mais matûre parce que le résultat est là : elle a fait comprendre à Walt ce qu'elle a pu ressentir lors de toutes ses absences inexpliquées et elle l'a poussé à s'excuser. Elle aurait aimé qu'il lui dise toute la vérité, il n'est pas allé jusque là. C'est bien dommage. Je ne pense sincérement pas que si Walter disait la vérité à Skyler aujourd'hui, la série en serait bouleversée négativement. Au contraire, ça ouvrirait de nouvelles perspectives...
Outre cette scène d'engueulade puis de séparation absolument magistrale (bravo à Bryan Cranston et Anna Gunn, encore une fois), l'émotion était également présente du coté de Jesse. Il a vécu son worst day ever du mieux qu'il a pu. Viré de chez lui par ses propres parents, il n'a pas su trouver quelqu'un pour l'héberger temporairement. Il est devenu complêtement marginal. La scène où il escalade les barbelés puis tombe dans les chiottes est à fois amusante, c'est la touche d'humour de l'épisode, et déchirante, c'est le cas de le dire, puisque Jesse est complêtement à bout. Puis elle est superbement réalisée, ce qui ne gâche rien. L'émotion est à son paroxysme lorsqu'il débarque chez Walter avec le van et qu'il manque de l'étrangler, sous le coup de la colère. Je ne sais pas si l'on peut faire plus intense, dans le genre ! Pour que l'épisode soit parfait, on explore un peu plus le personnage de Walt Jr., enfin Flynn, et c'est curieux parce qu'il parle très peu, on ne sait pas bien ce qu'il pense, mais pourtant j'ai le sentiment d'en savoir davantage sur lui maintenant. J'aimerai que l'on poursuive sur cette lancée et qu'on le voit dans sa petite vie à lui, loin de ses parents. Hank et sa femme sont totalement absents de l'épisode et ça ne m'a pas spécialement manqué.

// Bilan // Down est pour moi le meilleur épisode de ce début de saison car il offre des scènes à la chaîne absolument incroyables, très fortes émotionnellement et impressionnantes grâce au jeu des acteurs. Je ne lui trouve absolument aucun défaut. Et comme toujours, le pré-générique est extrêmement mystérieux...



