21 septembre 2012

Tueurs En Séries [Adieux à "Damages" et "Weeds"]

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Au sommaire : Notre hommage à la discrète mais néanmoins excellente "Damages" qui vient de s'achever après 5 saisons, avec Glenn Close en guest, s'il vous plait - L'hommage des objets de "Weeds" à la comédie qui vient de se terminer après 8 ans - Petit tour du coté du Festival de la Fiction de La Rochelle avec Hervé Hadmar au micro qui évoque ses projets - Une nouvelle bande-annonce de "The Walking Dead" saison 3 - La bande de "Cougar Town" annonce son retour en chanson...

 

 


19 septembre 2012

Weeds [8x 12 & 8x 13 - Series Finale]

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It's Time, part 1 & 2 (Series Finale) // 1 280 000 tlsp.

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   "Little Boxes On The Hillside..." Cette rengaine, comme les Botwin, me manquera. J'avais pris l'habitude qu'ils rythment mes étés avec leurs aventures complétement folles aux quatres coins des Etats-Unis, jusqu'au Mexique et même Copenhague ! Quant on prend du recul sur tout ce qui s'est passé en huit ans, ce que nous invite à faire le générique de la dernière saison, on se rend compte à quel point la dramédie satirique sur les banlieues américaines, née quelques mois seulement après Desperate Housewives, a évolué au fil des années sans perdre trop d'adicité, en même temps que ses personnages ont grandi; combien elle a su se réinventer saison après saison, sans avoir peur de changer totalement de décor; combien rien ne laissait finalement présager qu'elle dure si longtemps (c'est beaucoup huit ans pour une série du câble) ! L'oeuvre de Jenji Kohan a forcément essuyé quelques échecs, certaines salves ayant été moins bonnes que d'autres, certains délires n'ayant pas eu l'effet escompté et certains personnages secondaires n'ayant pas été à la hauteur de la bande principale. Mais Weeds forme au bout du compte un ensemble cohérent et ce dernier épisode permet de conclure dignement mais pas brillamment cette improbable série familiale, car c'est ce qu'elle est avant tout. 

   Je sais que ce double épisode final n'a pas fait l'unanimité et je dois avouer que j'ai moi-même beaucoup de réserve à son égard. J'ai mis un peu de temps avant de rentrer dedans, déstabilisé par ce saut dans le temps inattendu qui ne semblait pas nécessaire. Sur le coup, j'en ai un peu voulu à l'équipe créative. Puis en y réfléchissant bien, j'estime qu'ils ont été fidèles à eux-même : ils ont réinventé l'univers de la série une dernière fois en la transportant dans un futur pas si lointain du nôtre où l'iPhone en est à sa 20ème version et est plus fin que fin. Le problème ne vient pas tant de l'idée mais de l'exécution. On a beau nous dire que nos héros ont vieilli, il ne suffit pas de coller une barbe à Silas et une moustache -ridicule- à Shane pour nous le faire croire. Retrouver un Stevie devenu presque un homme n'est pas évident non plus étant donné qu'on l'a très peu vu petit et que l'on n'a pas pu s'attacher à lui comme à ses frères. Mais réunir tout le monde pour sa bar mitzvah est assez malin. Et puis on a notre Nancy sur qui le temps ne semble pas avoir d'emprise. Elle est toujours aussi fraîche, même si maintenant elle porte une fourrure à l'occasion, comme les vieilles dames riches. Tout cela est assez superficiel en somme et renvoit une impression bizarre de futurisme bien peu crédible. Pour compenser, la nostalgie marche à plein régime avec des apparitions de tout plein de personnages cultes de la série, provenant de périodes différentes, et des mentions de la plupart des absents, comme Isabelle par exemple, apparemment devenue un homme selon son père. J'ai trouvé ça un peu naze pour tout dire, et j'ai encore en travers de la gorge l'absence totale de Celia dont on aura espéré le retour jusqu'au bout. Elizabeth Perkins doit être sacrément fâchée avec les producteurs... A moins que ce soit eux qui lui en veulent et qui ne lui ont même pas proposé de revenir... Je ne sais pas si l'on saura la vérité un jour. Mais, pour sûr, un final avec Celia aurait eu une autre gueule !

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   Un des retours les plus étonnants est celui du fils de Doug, joué par Justin Chatwin, étant donné qu'il n'était présent que dans le pilote, mais il y avait une certaine importance dans mes lointains souvenirs. Il vient boucler la boucle et occupe un temps d'antenne conséquent avec son père, que l'on aurait certainement préféré dévolu à quelqu'un d'autre, certes, mais pour une fois que Doug peut profiter d'une intrigue plus sérieuse, on ne va pas cracher dessus. C'était un peu maladroit mais drôle (les kidnappings à répétition). On retiendra surtout la scène entre Nancy et le jeune homme, qui éclaire intelligemment la situation de notre héroïne, forcée à faire un bilan de son parcours à ce moment charnière dans la vie d'une mère où son dernier enfant quitte le nid et qu'elle se retrouve alors seule, face à ses démons. Du moment où on l'a quittée à l'épisode précédent, à Regrestic, en pleurs, abandonnée par Andy, jusqu'à ce jour, elle a vécu le tumulte habituel avec, entre autres, la mort de son nouveau mari, le rabbin Bloom, une tradition respectée; elle a eu du succès dans ses affaires en contrepartie en ayant gagné le pari de la légalisation et a pu élever Stevie dans de bonnes conditions en lui apportant tout ce dont il avait besoin, toute l'attention qu'il méritait quitte à le surprotéger, une manière pour elle de se racheter après avoir été une mauvaise mère avec ses deux autres progénitures. En clair, Nancy n'a pas refait les mêmes erreurs et a enfin retenu sa leçon ! Mais Meghan est là pour lui rappeler aussi qui elle a été, et le mal qu'elle a pu faire à son Silas.

   Ce dernier m'a touché lorsqu'il a déclaré que sa petite vie avec sa sa femme, son enfant, ses plantes et sa planche de surf lui suffisait. Il semble avoir atteint le bonheur et s'il y en a bien un qui le méritait dans la série, c'est lui. Ce n'est pas du tout la même histoire pour Shane, qui est resté collé à Ouelette tout ce temps et a sombré dans l'alcool. J'ai toujours un peu de mal à voir Alexander Gould comme un adulte car ce n'est pas encore l'image qu'il renvoit, même avec un postiche de moustache. Et je ne suis pas certain qu'il soit devenu un bon acteur au fil des années. Il est passable. Shane a lui aussi eu droit à son passage émouvant avec Nancy, mais il était bref et pas vraiment rassurant pour son avenir. On sent bien qu'il ne tiendra pas ses promesses et, quelque part, je préfère cette perspective. Un happy-end général ne serait vraiment pas dans l'esprit de Weeds, d'autant qu'Andy aussi semble heureux ! On ne le voit pas dans son nouveau contexte familial, lui aussi a fondé une famille, mais il renvoit l'image de quelqu'un d'enfin apaisé. La meilleure décision qu'il pouvait prendre, comme on s'en doutait tous, était de s'éloigner de Nancy. Il a osé et il ne peut pas le regretter. Le constat est terrible pour Nancy. Mary-Louise Parker était formidable lors de cette scène. On avait rarement vu l'héroïne à ce point effondrée. Elle a toujours été vaillante, même dans les pires moments. Ce qu'on peut regretter dans ce final, c'est certainement l'absence d'Andy, qui n'arrive que vers la fin et qui ne nous offre pas un dernier monologue de taré. Mais il fallait le préserver pour cette dernière scène, rendre sa venue aussi événementielle pour nous que pour Nancy. Le dernier plan-séquence m'a beaucoup plu. Il n'était pas d'une originalité folle mais la chanson "With Arms Outstretched" était un bon choix pour conclure de manière douce-amère. Pendant quelques instants, l'émotion qui se dégageait à l'écran était palpable et n'était pas seulement celle des personnages mais aussi celle des acteurs, très clairement, entre rires et larmes au coin de l'oeil. 

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// Bilan // Weeds aura drôlement bien vécu, toutes ces années. En se réinventant sans cesse, en ne se donnant aucune limite tant dans la narration que dans l'humour et parfois dans la vulgarité, elle aura marqué les esprits. On retiendra d'elle qu'elle était libre et qu'elle était unique. Elle n'était certainement pas parfaite et a essuyé quelques échecs, vécu quelques périodes difficiles et offert une conclusion en demi-teinte mais elle a toujours su se relever, jusqu'au bout. Il y a en tout cas une chose qu'elle n'a vraiment pas réussi : me donner envie de fumer de l'herbe ! Adieu les Botwin.

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18 septembre 2012

The Mob Doctor [Pilot]

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Pilot // 5 100 000 tlsp.

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What About ?

Une jeune chirurgienne est partagée entre deux mondes : la médecine, au sein de laquelle elle espère faire carrière, et la mafia de Chicago, à laquelle elle est liée à cause d'une grosse dette dont elle ne parvient pas à s'acquitter...

Who's Who ?

Drama créé et produit par Rob Wright (Drop Dead Diva, Charmed) et Josh Berman (Vanished, Drop Dead Diva). Réalisé Michael Dinner (Justified, Les années coup de coeur). Avec Jordana Spiro (My Boys, Harry's Law), William Forsythe (Boardwalk Empire), Zach Gilford (Friday Night Lights, Off The Map), Zeljko Ivanek (Damages, The Event, Heroes, Big Love), James Carpinello, Jesse Lee SofferJaime Lee Kirchner (Mercy)...

What's More ?

 Rien. C'est bien malheureux à dire mais rien. Ah si : la série se déroule à Chicago et est tournée à Chicago ! C'est assez rare pour le souligner. Par exemple, The Good Wife se déroule aussi à Chicago mais est tournée à New York.

So What ?

    Cela fait des années que producteurs, scénaristes et chaînes de télévision se creusent la tête pour trouver un moyen de renouveler le genre de la série médicale après les succès de St Elsewhere dans les années 80, Urgences dans les années 90 et Grey's Anatomy dans les années 2000. Mais trouver la formule magique n'est pas aisée, comme nous le prouve tous les ratés successifs portant les noms de Three Rivers, Miami Medical, A Gifted Man... et ce ne sont que celles qui ont vu le jour. Il y a chaque annnée des tas de projets développés en ce sens qui finissent à la poubelle. Parmi les plus intéressantes, il y avait Weekends At Bellevue, commandée justement par la FOX il y a deux ans. Elle mettait en scène Lauren Ambrose, l'inoubliable Claire de Six Feet Under, dans le rôle d'une jeune psychiatre recrutée à l'hôpital Bellevue de New York pour superviser l'unité psychiatrique tous les week-ends. Elle était elle-même victime de troubles et de pulsions suicidaires depuis la mort de sa mère un an plus tôt. J'ai eu l'occasion de lire le script cet été et il m'a franchement bluffé. Je ne doute pas que la FOX avait de bonnes raisons de ne pas lui donner sa chance mais là, au moins, on était dans une configuration inédite et prometteuse. Les prémices de The Mob Doctor sont originaux eux aussi, je peux bien lui reconnaitre ça. Mais prometteurs ? Pas le moins du monde ! Ce ne sera certainement pas LA série médicale des années 2010. Mais ça, on l'avait de toute façon compris dès la lecture du pitch...

   Faire original, c'est bien. Eviter le ridicule, c'est mieux ! Et The Mob Doctor est profondément ridicule, malgré ses tentatives grossières de se donner des grands airs. La réalisation est léchée. C'est certain. Mais l'utilisation grandiloquente de la voix-off de l'héroïne en préambule est d'une rare prétention. "I'm not your typical doctor" dit-elle. Ah bon ? Moi je crois bien que si. On te retire tes problèmes avec la mafia et tu es un médecin comme les autres, en tout cas un médecin de télévision comme les autres, avec ses doutes et ses idéaux habituels. Cela ne fait que creuser un écart encore plus grand entre ce que la série a à raconter et ce qu'elle prétend pouvoir raconter. La précédente création du duo, Drop Dead Diva, souffre un peu du même problème : elle voudrait être une bonne série judiciaire en plus d'être une comédie sympathique, louchant gravement du coté d'Ally McBeal. Elle ne parvient pas à atteindre tous ses objectifs, sans doute parce que ses scénaristes ne sont pas David E. Kelley et que trop d'ambition tue l'ambition. Mais, au moins, elle ne se prend pas trop au sérieux. The Mob Doctor voudrait être Les Soprano de la série médicale. Rien que ça. Bah forcément, ça coince. Parce que ce n'est pas possible. Parce que Josh Berman et Rob Wright, malgré tout le respect que je leur dois -par principe- ne sont pas David Chase et Terence Winter. Et parce qu'en plus, on est sur la FOX et pas sur le câble alors la morale doit triompher et l'héroïne ne doit surtout pas aller trop loin. C'est sans doute pour cela que lorsqu'on lui propose un deal pour s'extirper enfin de cette galère, elle le refuse. Et aussi parce que sinon, il n'y aurait tout simplement pas de série. Voyez comme tout ça est bancal ! Les créateurs doivent être de sacrés bons orateurs pour avoir convaincu les dirigeants de la chaîne qu'ils tenaient là un bon concept...

    En s'éloignant un peu de l'histoire principale tout à fait abracadabrantesque et parfois franchement incompréhensible en plus d'être bidon, un autre constat s'impose : tous les personnages secondaires, à peut-être une ou deux exceptions près, sont aussi peu attachants et originaux que Grace. On a la collègue dont les dents rayent le parquet qui n'est même pas une "bonne" bitch. On a le petit ami qui est craquant juste parce qu'il est incarné par Zach Gilford mais, objectivement, il est sans relief. On a son élève rebelle, profondément agaçant pour le plaisir de l'être. On a la mère, caricature de la mère, et le frère, caricature du frère. Et on a, attention, roulement de tambours, le redoutable mafieux Paul Moretti (peut-on faire un nom moins cliché ?), interprété par cet horrible acteur qu'est Michael Rapaport (peut-on faire moins charismatique ?). Au final, je sauverai la petite infirmière qui sauve la mise de Grace dès qu'elle peut, essentiellement parce qu'elle est toute jolie et toute gentille, autrement dit des raisons de haute importance; le vieux mafieux à la retraire, joué par William Forsythe, parce que lui il a du charisme et lui il est bon; et bien entendu le chef de l'héroine parce que sa connivence avec la jeune femme fait plaisir à voir et que l'on aime profondément Zeljko Ivanek même dans une mauvaise série, même avec un mauvais rôle ! Je n'ai pas vraiment parlé de Jordana Spiro. Je dois avouer que je ne comprends pas ce que tout le monde lui trouve (elle a été très demandée ces dernières années lors de la saison des pilotes)Mais en admettant qu'elle ne soit pas mauvaise, je ne pense pas qu'il faille de toute façon lui confier les rènes d'une série. Elle s'en sortirait mieux dans un ensemble show

   Si je résume : rien ni personne ne peut réellement sauver The Mob Doctor du naufrage. Elle n'aurait jamais dû voir la lumière du jour. A moins que le chef de la FOX ait une dette envers Berman et Wright ? Ah mais voilà, c'est ça ! Tout s'explique ! 

What Chance ?

Comment dire ? Elle n'en a strictement aucune ! C'était déjà très mal parti avant que ça commence, mais la première audience a confirmé ce que beaucoup pensait et ce dont j'étais moi-même persuadé : The Mob Doctor ne passera pas l'hiver. Et pour tout dire, probablement pas l'automne non plus ! Je lui laisse encore deux semaines grand maximum...

How ? 

17 septembre 2012

Glee [4x 01]

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The New Rachel (Season Premiere) // 7 410 000 tlsp.

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   Que les choses soient claires : Glee reste une série moyenne, moralisatrice et partiellement ridicule, mais que ce soit lors du précédent Season Finale ou lors de ce Season Premiere, il se dégage une certaine cohérence, une efficacité et une émotion qui font que l'on passe un bon moment malgré l'écriture on ne peut plus grossière. Assurément, le fait que ce retour se fasse avec moins de personnages, quelques anciens et quelques nouveaux, et dans deux lieux différents, permet de renouveler l'intérêt. Mais jusqu'à quand ? On passe du fin fond de l'Ohio au coeur de New York sans difficultés au cours de ce premier épisode, mais je ne pense pas que cela puisse tenir sur la longueur, même si Kurt rejoint finalement Rachel. D'ailleurs, je crois qu'au bout du compte ce sont les scènes au sein de l'école NYADA qui m'ont le plus plu. C'est agréable de retrouver Rachel dans un autre univers, où elle n'est plus la star et où elle va devoir en baver encore plus que d'habitude pour atteindre ses objectifs. Kate Hudson, en prof sadique, est d'ailleurs une très bonne surprise ! Je suis d'emblée moins fan du nouvel intérêt amoureux de madame, trop beau trop musclé et trop tout, pour être intéressant et les perspectives de leur future histoire d'amour hyper compliquée ne me rejouissent guère. On sait parfaitement ce qui va se passer : elle va d'abord refuser ses avances, puis elle finira par céder, et c'est le moment que choisira Finn pour se manifester, voire pour rendre une petite visite à sa dulcinée. Et ce sera très compliqué et très triste. Il ne serait pas étonnant qu'il arrive plus ou moins la même chose à Kurt et à Blaine en parallèle, sauf que je parie que sera Blaine qui fera des bêtises le premier ! Bref, ce spin-off à New York n'aurait certainement pas été fameux s'il avait existé en tant que tel mais à l'intérieur même de Glee, il a une véritable raison d'être... jusqu'à nouvel ordre.

   A McKinley, c'est une autre histoire. On ne s'ennuie pas mais on roule des yeux à de nombreuses reprises. Déjà à cause de l'intrigue principale du jour dans laquelle les petits chanteurs, vainqueurs aux précédents nationals, se montrent particulièrement agaçants : sous prétexte qu'ils ont enfin réussi quelque chose, ils traitent les autres comme de la merde et retournent donc la situation jusqu'ici établie. Cela passe par se moquer d'une femme de cantine obèse, qui se trouve être, évidemment, la mère de l'un des nouveaux personnage prénommé Marley Rose. C'est franchement pathétique quand on y pense mais tout rentre dans l'ordre dès la fin de l'épisode avec la petite morale à la con qui n'a pas changé depuis la première saison. Il y a une nouvelle chef des cheerleaders sinon, Kitty. On l'a trop vu pour le moment pour se forger une réelle opinion mais la qualifier de pâle copie de Quinn semble raisonnable. Le nouveau bad boy, et c'est là que l'on voit l'imagination débordante des scénaristes, n'est autre que... le frère de Puck ! Mais ce dernier ne connait pas son existence, ça permettra plus tard de le faire revenir au moins pour ça. Seule bonne idée : Unique/Wade fait maintenant partie des One Direction New Directions ! Il/Elle avec ses grands airs de Beyoncé me fait rire. Je suis preneur. A part ça, ils n'ont rien trouvé de mieux que de lancer une course à la nouvelle Rachel. Ben oui, ça aurait été trop beau d'avoir enfin des numéros musicaux équilibrés ! Donc c'est officiellement Darren Criss qui prend la relève, même si en saison 3 il avait déjà bien monopolisé l'attention. Une pensée pour cette pauvre Jenna Ushkowtiz (Tina) dont l'heure de gloire semblait enfin être arrivée et qui va pourtant encore devoir faire de la figuration la plupart du temps... C'est d'ailleurs à cela que Sue est réduite dans cet épisode, nous montrant un court instant sa progéniture et puis c'est tout. Comme d'hab', Will ne se montre pas plus utile tandis qu'Emma a disparu et Beist aussi. Et les adieux de Kurt et son père sont déchirants. On peut toujours compter sur eux.

   Là où l'épisode fonctionne particulièrement bien, c'est du coté des prestations. On n'échappe évidemment pas à Call Me Maybe, le tube de l'été. Il nous reste forcément en tête mais on ne peut pas dire que la reprise soit très réussie, surtout lorsque tout le monde chante en même temps. C'est la cacophonie et ce n'est pas très agréable à l'oreille. En revanche, Never Say Never, que je ne connaissais pas, fonctionne bien, de même que la superbe Chasing Pavements, même si son interprète, Melissa Benoist, se contente de faire du Katherine McPhee. Comprendre par là de l'inspide chou-mignon. Le mash-up Americano/Dance Again est très réussi. Encore une fois, Kate Hudson impressionne. Quant au New York State Of Mind, il était parfait du coté de Lea Michele et beaucoup moins intéressant quand le tour de Melissa Benoist est venu, pour les raisons suscitées. Et puis elle ne tient pas la comparaison. Ce n'est pas elle la nouvelle Rachel ! 

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// Bilan // En repartant presque à zéro et en ajoutant une sorte de show dans le show, Glee parvient pour le moment à faire diversion. Mais les promesses qui nous sont faites dans ce Season Premiere ne sont pas très excitantes. Visiblement, on nous racontera en saison 4 la même chose qu'en saison 1, 2 et 3, et sans grandes variations.  Reste à savoir combien de temps durera l'état de grâce et à quel point on peut se montrer indulgent. Pour le moment, Glee ça redevient presque hype !

16 septembre 2012

Hit & Miss [Mini-Série]

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6 épisodes // Crée par Paul Abbott (Shameless, State Of Play, Exile). Avec Chloë Sevigny (Big Love, Boys Don't Cry, American Psycho, Melinda et Melinda...), Jonas Armstrong (Robin Bood, Prisoners Wives), Karla Crome (Misfits), Vincent Regan (Mistresses), Peter Wight, Reece Noi, Jorden Bennie...

Mia est une tueuse à gages avec un très lourd secret : transsexuelle, elle découvre qu'elle a engendré - dans son ancienne vie - un enfant. Elle reçoit un jour une lettre de son ex qui lui annonce qu'elle est en train de mourir d'un cancer et qu'elle a besoin de lui -ou d'elle- pour s'en occuper à sa mort, ainsi que de ses autres enfants. Mia part alors en direction du petit village où ils vivent et y fait des rencontres surprenantes...

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   Hit & Miss est typiquement le genre de série dont on sait avant même qu'elle ne commence qu'elle a tous les atouts pour plaire à la critique : une actrice principale extrêmement talentueuse qui approche le mainstream sans jamais l'atteindre tout à fait (jusqu'à American Horror Story ?) et qui choisit toujours des rôles difficiles et différents, un créateur anglais très recommendable et un sujet innovant et osé qui aurait pu prêter à la controverse. J'étais moi même persuadé, adorant Chloë Sevigny et appréciant l'idée et l'effort, d'adorer chaque seconde de la série, devenue mini-série tout récemment puisque la chaîne Sky Atlantic n'a mystérieusement pas souhaité la renouveler malgré des audiences correctes et des ventes à l'étranger satisfaisantes (elle a été diffusée sur DirecTV aux Etats-Unis et elle le sera chez nous sur Canal +). Je lui trouve pourtant énormément de défauts, bien plus que je ne l'aurais souhaité, mais je suis quand même globalement convaincu par l'ensemble, séduit par certains pans de l'histoire, très touché par d'autres. C'est juste qu'elle aurait pu être meilleure à mon sens...

   D'abord, le nombre d'épisodes ne me satisfait pas : quatres auraient pu suffire, tant certaines scènes sont redondantes et les enjeux peu nombreux. Paradoxalement, dans l'idéal, une douzaine d'épisodes aurait été parfaite, si toutefois certaines intrigues et certains personnages avaient été plus approfondis et si l'univers global de la série avait été élargi. L'un des défauts de Hit & Miss est justement son rythme étrange et son manque d'ambitions scénaristiques, en totale contradiction avec son sujet qui lui l'est, ambitieux. J'avais par moment l'impression d'assister à une juxtaposition de scènes qui avaient certes un lien les unes avec les autres mais qui étaient toujours trop courtes, peu dialoguées voire pas dialoguées du tout et qui se ressemblaient, parfois à s'y méprendre. Comme si l'auteur n'allait jamais au bout des choses et n'avait finalement pas grand chose à raconter. Cela ne retire en rien l'émotion qui peut se dégager de nombre d'entre elles. Quant à la mise en scène, très contemplative, elle est absolument parfaite de bout en bout, que ce soit lors des passages fortement appuyés par la musique, permettant de souligner la beauté des paysages de la campagne anglaise et de leur mélancolie inhérente, ou de ceux qui font la part belle à la danse, les seuls respirant d'ailleurs une certaine joie de vivre, même furtive, et une cohésion familiale retrouvée, même superficielle. Parmi les instants qui m'ont le plus touché, il y a ceux où la petite Leonie parlait à sa mère comme si elle était toujours vivante; ceux où Riley abîmait son corps afin d'exprimer sa douleur autrement que par des mots; celui où Ryan se déguisait en fille, exprimant son trouble ressenti face à ce père qui ne semblait pas être un homme; et puis bien évidemment tous ceux dévoilant l'intimité de notre héroïne, seule face à son miroir, torturée. Des scènes souvent étranges, symboliques, qui se comprennent au fur et à mesure de la saison, notamment lors du dernier épisode lorsque l'on rencontre un peu trop tard sa famille, surtout son frère et sa mère. S'il étaient arrivés un ou deux épisodes plus tôt, on serait moins facilement tombé dans la routine et dans l'ennui...

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   Mia étant une tueuse à gages, elle est régulièrement amenée à tuer et se transforme dans ces moments-là en une machine de guerre, froide et précise. Là encore, les premières scènes de ce type sont assez impressionnantes, bien qu'assez classiques dans leur mise en oeuvre; puis on s'en lasse rapidement car chaque nouveau carnage ressemble au précédent. Bien sûr, ils ont une importance dans le récit et ils en disent long sur le personnage et sur son rapport à la vie et à la mort mais j'aurais aimé que l'on bascule dans le thriller de temps à autres, que les deux mondes dans lesquels Mia évolue se rejoignent plus souvent et autrement que par la présence d'abord bienveillante puis pesante d'Eddie et celle plus tardive et mal exploitée de Levi. De tous les enfants, c'est sans doute à lui que le scénariste a finalement prêté le moins d'attention. Il n'a jamais vraiment réussi à évoluer au fil des épisodes, restant ce gamin rebelle et irritant, là où sa soeur, Riley, a elle avancé dans son rapport avec Mia tout en s'enfonçant toujours un peu plus dans son rapport avec elle-même. John, son amant, manquait clairement de dimension tant il n'a été qu'une pourriture du début à sa fin, aussi bien avec Mia, qu'avec Riley ou sa propre femme. J'ai toujours beaucoup de mal avec ce type de "monstres" du quotidien, dont on ne perçoit pas une once d'humanité. Ils ne paraissent pas réels. Ou alors je suis trop naïf et idéaliste pour accepter cette réalité... Toujours est-il que Hit & Miss a parfois manqué de nuances et de subtilités non pas dans la description de ses personnages mais dans le développement de ses intrigues. Tout s'est fait de manière relativement mécanique. La qualité exceptionnelle de la distribution a cependant permis de faire oublier les faiblesses d'écriture. 

   Mais la série a également tenté, en plus de tout le reste, d'imposer une histoire d'amour -il en fallait bien une- forcément atypique. Et elle a plutôt réussi même si les surprises n'ont pas tellement été au rendez-vous. Tout s'est passé plus ou moins comme on l'imaginait, à part peut-être le dernier obstacle, lorsque Ben va voir ailleurs et que Mia s'en rend compte alors qu'ils n'étaient techniquement plus ensemble. Mais cela ne reste pas d'une grande originalité. Les scènes d'amour étaient peut-être un peu trop pudiques à mon goût aussi. Je trouve que cette réserve ne colle pas forcément avec le propos et surtout pas avec le reste de la série, qui n'hésite pas à "montrer" plutôt qu'à "dire". Les rapports entre Riley et John étaient très crus par exemple. Les scènes solitaires de Mia aussi. Pourquoi pas celles-là ? Elles méritaient autant si ce n'est plus d'attention, de force et de soucis du détail. Le parcours de Ben était en tout cas très touchant et Jonas Armstrong, que je ne connaissais pas vraiment, m'a beaucoup plu.  Il avait une bonne alchimie avec Chloë Sevigny. Je ne sais pas s'il a l'intention de faire carrière outre-Atlantique, mais je lui prédis beaucoup de succès s'il se lance ! Hit & Miss lui aura peut-être permis de se faire remarquer... 

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// Bilan // Portée par une Chloë Sevigny impeccable, qui parvient sans mal à entrer dans la peau d'un transsexuelle et d'une tueuse à gages et à faire passer tout un tas de sentiments contradictoires, Hit & Miss est une oeuvre audacieuse, originale, extrêmement soignée sur la forme et bouleversante sur le fond, mais malgré tout perfectible. Les épisodes se suivent et se ressemblent trop. Certaines bonnes idées ne sont pas exploitées à leur plein potentiel, d'autres arrivent trop tard. Et puis il y a ce cliffhanger de fin de saison, qui ne connaîtra jamais de résolution car la série n'a pas été renouvelée. Comme certaines de ses intrigues, elle laisse donc un goût d'inachevé. Ce que je vais dire va probablement déplaire mais je vais quand même oser : elle aurait certainement été plus réussie si elle avait été américaine. Pas nécessairement plus riche, car elle l'est déjà très, mais plus rythmée, plus équilibrée... ce qu'elle a perdu en efficacité, elle l'a toutefois sans doute gagné en justesse et en authenticité. Hit & Miss will be missed.


15 septembre 2012

Weeds [8x 10 & 8x 11]

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Threshold // God Willing And The Creek Don't Rise (100th Episode)

610 000 tlsp. // 690 000 tlsp.

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    L'épisode Threshold n'était pas nécessairement formidable mais il était important pour remettre les Botwin, et surtout Nancy, dans le "droit" chemin. Enfin leur droit chemin, c'est-à-dire celui de l'illégalité. Il était temps d'ailleurs, tant on s'ennuyait à Old Sandwich depuis... le début ? Cette rédemption avait un certain charme mais ne collait pas à l'esprit de la série. Il fallait tôt ou tard revenir aux fondamentaux. Avant cela, on se débarrasse donc des toutes récentes aventures amoureuses de Nancy et d'Andy, qui peinaient à convaincre tant elles n'apportaient aucune forme d'enthousiasme et d'originalité. Le rabbin de Nancy et sa petite bande d'amis auront permis à notre héroïne de se rendre compte que ce n'était pas de cette vie-là qu'elle voulait vraiment. Mais en contemplant son fils Silas, elle a aussi compris qu'au fond, son business ne lui avait pas fait que du mal. Il a fini par s'y épanouir, devenir un homme. Peut-être même est-il finalement devenu heureux grâce à cela. N'est-ce pas tout ce que souhaite une mère ? A sa façon bien personnelle, Shane aussi s'en sort bien. Il a une petite amie, un job qui semble lui plaire quand toutefois on ne lui file pas une mission ridicule. Bref, les Botwin sont actuellement plus heureux qu'ils ne l'ont jamais été, même si tout n'est évidemment pas parfait. C'est plus compliqué pour Andy, puisqu'une seule chose pourrait vraiment le combler... et que cette chose porte un prénom : Nancy. Son mariage express avec Joanna était distrayant le temps d'un épisode ma foi. Mais ça s'arrête là. Quant à Doug, il est toujours dans son monde parallèle, accompagné de pouilleux en tous genres. Il a eu tellement d'intrigues nulles, que celle-ci parait presque convaincante... 

   Le 100ème épisode de Weeds, avant le final en deux parties, a l'excellente idée de nous ramener à Agrestic, devenu Regrestic. On est trop heureux d'y être pour véritablement se plaindre de l'absence d'explication quant à ce voyage mais, en y réfléchissant bien, il a une logique : Nancy a décidé de recommencer à dealer donc elle revient là où tout a commencé. Elle ne veut plus mener sa barque à l'ancienne, elle veut parier sur l'avenir, ce qui prouve que dans son esprit hyper fucked-up, elle a mûri. Elle démarche donc Conrad et Guillermo, deux anciens amis/alliés de poids selon les périodes, pour l'aider à monter sa petite affaire et pourquoi pas les aider en retour par la même occasion même s'ils ont l'air de s'en être bien sortis sans elle. Les scènes avec Conrad sont un peu légères, pas vraiment intéressantes; mais celles avec Guillermo sont exceptionnelles. Ces deux-là ensemble ont toujours fait des merveilles ! Silas est aussi de la partie et croise sa première petite amie, Megan, qu'il avoue être la seule fille qu'il ait vraiment aimée. Rétrospectivement, cela parait juste. Il a eu plein d'aventures mais jamais rien de bien sérieux. Ces retrouvailles, certes faciles, tiennent la route et touchent franchement. Peut-être qu'au moins un Bowtin finira la série heureux... A Regrestic, on croise aussi l'excellente Lupita et Pam, que j'avais honnêtement oubliée mais qui m'a bien fait marrer avec son unique réplique. En revanche, pas de trace de Celia et sa fille. Je suppose qu'on ne les reverra plus et ça me fait vraiment de la peine. Doug, quant à lui, est resté avec ses clodos et le ton est plus dramatique qu'à l'accoutumée. C'est presque convaincant. Shane et ses aventures avec Ouelette continuent et c'est assez amusant de le voir se faire avoir de la sorte. On ne tient pas là un épisode parfait car ces deux intrigues restent quand même bien en dessous du reste, mais on s'en approche. Je termine évidemment sur la fin de l'épisode, absolument déchirante, qui accomplit ce que les auteurs n'avaient encore jamais osé faire ou sciemment garder pour plus tard : l'accouplement Nancy/Andy. Comme on pouvait s'y attendre de leur part, cela se fait sans cérémonial, sans une once de romantisme et à un endroit parfaitement incongru mais ô combien symbolique : là où Judas est mort. L'émotion est à son comble et on reste scotché.

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// Bilan // Le 100ème épisode de Weeds, qui est aussi l'antépénultième, revient intelligemment aux origines de la comédie noire et ne se contente pas de jouer sur la nostalgie, il fait aussi avancer les personnages en les mettant face à leurs contradictions, face à leurs erreurs et surtout face à leur destin. On se retrouve dans un univers familier, qui nous a manqué, mais qui a gagné en complexité au fil des années. Weeds a superbement poussé. 

14 septembre 2012

Zero Hour [Pilot Script]

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Ecrit par Paul Scheuring (Prison Break). Pour ABC Studios et Di Bonaventura Pictures. 62 pages.

En tant qu'éditeur du magazine "Modern Skeptic", Hank Foley consacre sa vie a débusquer des indices, élucider des mythes et même révéler au grand jour des complots. Mais lorsque sa jeune épouse est kidnappée pour d'obscure raisons, il s'embarque dans l'une des plus mystérieuses aventures de l'histoire de l'humanité. Une carte au trésor cachée dans une vieille horloge qu'elle détenait pourrait mener à une découverte cataclysmique. Hank doit déchiffrer les énigmes, les symboles et autres secrets que renferment cette carte, avant que les réponses ne tombent entre de mauvaises mains. Avec l'aide de deux jeunes associés et d'un agent du FBI, il s'engage dans une véritable course contre la montre pour retrouver sa femme et sauver l'humanité d'une gigantesque conspiration. (AlloCiné)

Avec Anthony Edwards (Urgences, Top Gun, Zodiac), Scott Michael Foster (Greek, The River, Californication), Michael Nyqvist (Millénium, le film, Mission : Impossible - Protocole fantôme), Carmen Ejogo (Kidnapped, Chaos)Addison Timlin (Californication, Cahmere Mafia), Jacinda Barrett...

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Selon moi

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    Lors de la saison des pilotes et même une fois la série commandée par ABC, j'ai totalement snobé Zero Hour, dont le seul atout me semblait être le grand retour d'Anthony Edwards à la télévision. Et ce n'est pas nécessairement dans un projet annoncé dans l'esprit du Da Vinci Code que j'avais envie de le retrouver. Mais j'aurais dû me douter qu'il n'avait pas accepté de se lancer là-dedans au hasard, surtout après avoir refusé pendant si longtemps tout ce qu'on lui proposait depuis son départ d'Urgences. Le script de Zero Hour est extrêmement ambitieux et original. C'est sans doute ce qui l'a attiré. On n'a encore jamais vu de série dans cette veine. En revanche, il y a certainement eu quelques mini-séries s'en approchant. D'ailleurs, on imagine mal  Zero Hour durer 100 ans, mais trois ou quatre saisons de 13 épisodes, ça me semble tout à fait faisable. Dans l'ideal bien entendu...

    Dès la fin du pilote, le héros a deux buts bien précis : retrouver sa femme disparue, ce qui est clairement la partie la moins inspirée et qui ne peut pas tenir advitam eternam, et mettre la main sur les 12 horloges appartenant aux 12 apôtres afin d'éviter rien de moins que la fin du monde. Et là, pour le coup, on se régale à grands coups de flashbacks mystérieux et inquiétants à l'époque de la seconde guerre mondiale, en compagnie des nazis; de répliques grandiloquentes de vieux sages; de voyages aux quatre coins du globe (à Chicago, au coeur de la cathédrâle de Strasbourg, dans la forêt Bavaroise...); et le surnaturel n'est jamais loin. Par moment, j'ai même pensé à X-Files. C'est pour dire. De là à soupçonner que les extra-terrestres ne sont pas loin...

   Le script n'est pas dénué d'humour, lequel est surtout apporté par les deux petits jeunes qui servent de bras droits au héros et, accessoiremment, d'enfants spirituels. Je connais assez mal les acteurs choisis pour les interpréter mais c'est sur eux que repose tout l'intérêt que le jeune public pourrait porter à la série. D'ailleurs, on peut dire qu'elle s'adresse à tout le monde : les ménagères, les hommes et les plus de 49 ans peuvent tout à fait y trouver leur compte. J'ai plus de réserve sur les 18/34 ans. En théorie, elle a donc toutes les chances de marcher. Mais dans les faits, tout dépendra de sa case horaire à la mi-saison, de la promotion menée par ABC et des critiques (pour le moment, les retours sont plutôt bons mais ils sont peu nombreux). La bande-annonce révèle malheureusement absolument tous les twists du pilote... 

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Selon UglyFrenchBoy

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   Lire le script de Zero hour, c’est un peu se retrouver face à une version condensée d’un livre de Dan Brown, teintée de quelques références StephenKingsiennes. Suspense et Histoire s’allient donc au cours de cette chasse au trésor, le terme lui-même est employé, réfuté puis assumé par les principaux personnages. Ce pilote bénéficie d’un rythme efficace, même si déséquilibré, le premier acte étant deux fois plus long que le deuxième sur le papier. Reste un enjeu de taille pour le passage à l’écran compte tenu de la multitude de lieux et d’environnement très différents (une paroisse, une plaine enneigée, des scènes d’avion, la région Bavaroise...)

   Au-delà des réminiscences du Da vinci code et consorts, Zero hour puise aussi légèrement son inspiration dans la bande-dessinée d’aventures, façon Tintin. Il est question ici de journalistes pour Modern Skeptic, une revue traitant du paranormal avec, à la tête de la rédaction, Hank, un héros blasé proche du cynisme. Dans le cadre de son activité professionnelle, il peut compter sur l’aide de deux rédacteurs, dont la fraicheur lui permet d’apprécier encore son métier. Le trio est complémentaire: Hank considère ses deux employés comme ses enfants et partage son savoir et toute son expérience. Et quand la femme de celui-ci est enlevée par un terroriste, le héros incarné par Anthony Edward peut compter sur l’aide des deux jeunes rédacteurs, a fortiori quand l’événement semble lié à une quête historique obscure.

   Les codes des grands films d’aventures sont utilisés à bon escient, même si l’humour, devenu inhérent au genre ces dernières années, manque en dehors des participations du personnage d’Arron, que l’on devine parfaitement interprété par Scott Michael Foster. Zero hour se prend au sérieux donc et s’embarque dans une mythologie à base d’horloges et d’apôtres. Le pilote ne s’attarde pas vraiment sur des théories théologiques, sans doute cela aura lieu au fil des épisodes suivants, mais se consacre sur l’action. Paul T. Scheuring sait jouer sur la suspicion et soigne ses dialogues. La dynamique entre Arron et Rachel est d’ailleurs l’un des points forts de ce pilote.

   Seul cet élément permet à Zero hour de se distinguer du téléfilm type proposé par les chaînes françaises en période de fêtes de fin d’année, avec son intrigue montée comme un jeu de piste et un scénario par moment un peu mécanique...

13 septembre 2012

Guys With Kids [Pilot]

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What About ?

 Trois trentenaires, qui n'ont pas encore grandi dans leurs têtes, doivent pourtant désormais assurer dans leur rôle de père au foyer, de mari, de petit ami ou d'ex petit ami...

Who's Who ?

Sitcom créée par Charlie Grandy (Saturday Night Live, The Office). Réalisé par Scott Ellis (Frasier, Weeds, 2 Broke Girls). Produit par Jimmy Fallon. Avec Anthony Anderson (The Shield, Law & Order), Zach Cregger (Friends With Benefits), Jesse Bradford (The West Wing, Outlaw), Jamie-Lynn Sigler (Les Soprano, Entourage, Ugly Betty), Tempestt Bledsoe (Cosby Show), Erinn Hayes (Worst Week, Parenthood)...

What's More ?

Erinn Hayes remplace Sara Rue dans la deuxième version du pilote après que cette dernière, engagée sur deux pilotes à la fois, se soit désistée. L'autre comédie étant Malibu Country, à découvrir dans quelques semaines sur ABC. On verra si elle a fait le bon choix (mon petit doigt me dit que oui...)

Le titre originel de la série était DILF (Daddys I'd Like To Fuck).

So What ?

   Quand une sitcom comme Guys With Kids se retrouve à l'antenne -et on y a droit chaque année- il y a deux questions essentielles à se poser afin de comprendre : qui produit ? quel est le budget ? Dans le cas présent, réponse numéro un : Jimmy Fallon, l'un des présentateurs vedette de NBC. Réponse numéro deux : aucune idée, mais ni les acteurs ni les décors n'ont dû coûter cher. Et que dire des auteurs ? En agrégeant ces deux résultats, on obtient une explication très simple : NBC a voulu faire plaisir à l'une de ses stars tout en ne dépensant pas un rond. Si vous voyez une autre raison, moins ridicule, je suis preneur. Je n'ai pas encore parlé du contenu mais, clairement, ce n'est pas un facteur qui a été pris en compte lors de la commande. Je ne sais pas ce que donnaient des pilotes comme Downwardly Mobile, Susan 313 ou Lady Friends, mais s'ils étaient encore plus mauvais que celui-là alors il faudrait sérieusement envisager de virer les exécutifs chargés de dénicher les futurs comédies à succès de la chaîne, ou leur acheter un sens de l'humour. Au choix.

    Je n'irai pas jusqu'à dire que le pilote de Guys With Kids est irregardable puisque je l'ai suivi jusqu'au bout, que je n'ai pas eu une envie irrépressible d'arrêter en plein milieu et qu'à deux ou trois reprises j'ai esquissé ce qui ressemblait, il me semble, à un sourire. En revanche, je n'étais certainement pas hilare comme le public présent lors du tournage (ou celui des bandes sonores pré-enregistrées). Soit ces gens sont payés, soit on les fait boire en attendant que ça commence, soit il ne s'agit que de membres des familles des comédiens. Quatrième hypothèse : ils sont très bon public. Aïe, je crois bien que c'est ça... L'idée de départ -des pères élèvent leurs enfants pendant que leurs femmes travaillent- est faussement moderne puisque traitée de manière insultante aussi bien pour les hommes -débiles- que les femmes -méchantes. Les dix premières minutes sont assez pénibles, étant donné que les répliques tombent à l'eau les unes après les autres de façon tout à fait embarrassante. Le quart d'heure suivant est un peu plus réussi, donnant l'occasion aux différents protagonistes de sortir légèrement de leurs caricatures et en offrant en même temps la possilbité à leurs interprétes de ne pas être totalement morts de honte à la fin. S'il fallait désigner un maillon faible, ce serait Chris (Jesse Bradford), le moins drôle de la bande et celui qui hérite de l'intrigue la plus ennuyeuse et convenue. Anthony Anderson ne s'en sort pas si mal, mais l'entendre répéter à longueur d'épisode qu'il est fatigué et qu'élever quatre enfants c'est dur nous rappelle combien la série tourne déjà en rond au bout de 20 minutes ! Son petit couple est assez mignon en tout cas. Le troisième gai luron, Nick, m'inspire une certaine sympathie dans le fond. L'acteur possède un bon timing comique mais pas les bonnes répliques. 

   Guys With Kids s'inscrit dans cette mode des sitcoms familiales ET de potes, hybrides donc, où les protagonistes doivent s'ajuster tant bien que mal à leur nouvelle vie de parents alors qu'ils ont plutôt envie de sortir et de s'amuser entre eux. Elles sont rarement réussies et inspirées jusqu'ici, surtout quand elles sont au format multi-caméra. Je préfère largement m'attarder sur la saison 2 de Up All Night plutôt que sur Guys With Kids. On rit un peu plus...

What Chance ?

 Si Whitney a été renouvelée pour une saison 2, absolument tout est possible. Guys With Kids aura peut-être cette chance aussi. Il aurait d'ailleurs été bien plus logique de coupler les deux comédies, plutôt que d'en associer une à Animal Practice et l'autre à... Community ! On cherche la logique. On ne la trouve pas. On est bien sur NBC !

How ?


12 septembre 2012

Last Resort [Pilot]

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Captain (Pilot) // Diffusé le 27 septembre

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What ?

Après avoir refusé d'obéir à un ordre de tir de missiles nucléaires jugé suspicieux, l'équipage d'un sous-marin américain fuit jusqu'à un point reculé de la planète. Apatrides et traqués, les marins décident de fonder eux-mêmes leur patrie sur une petite île déjà peuplée ! Le plus petit pays du monde à posséder l'arme nucléaire...

Who's Who ?

Drama créé par Shawn Ryan (The Shield, The Unit, Chicago Code) & Karl Gajdusek (Dead Like Me). Réalisé par Martin Campbell (Le Masque de Zorro, Casino Royale, Green Lantern). Avec Scott Speedman (Felicity), Daniel Lissing (Crownies), Andre Braugher (Men of a Certain Age), Robert Patrick (X-Files), Autumn Reeser (Newport Beach, No Ordinary Family), Daisy Betts (Persons Unknown), Dichen Lachman (Dollhouse), Jessy Schram (Falling Skies, Once Upon A Time), Camille de Pazzis (La Vie devant nous, Pigalle, la nuit)...

What's More ?

La série est tournée à Hawaii, comme actuellement Hawaii Five-O et précemment Lost, The River, Off The Map... 

So What ?

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    Pour des raisons que j'ignore, étant donné que je déteste tout ce qui se rapporte de près ou de loin à l'armée et à la guerre dans la fiction -et oserais-je ajouter "comme dans la vie" en bonne Miss France que je suis ?- Last Resort m'a tapé dans l'oeil depuis l'annonce du projet l'année dernière. Shawn Ryan, pourtant, ne fait pas partie de ma short-list de scénaristes et producteurs que je suivrais jusqu'au bout du monde puisque ses séries ne m'ont jamais tellement intéressé. Je ne remets toutefois pas en cause ni leur qualité ni son talent. La théorie que j'avais pour expliquer cette soudaine attirance et qui s'est vérifiée en regardant avec attention ce pilote, c'est que l'univers au coeur duquel Last Resort propose de nous plonger est vaste et inexploré, donc naturellement intrigant. Dès la lecture du pitch, on sent que l'on a affaire à quelque chose de tout à fait singulier, qui n'appartient à aucun genre en particulier. Ce n'est pas exactement la première fois qu'une série se déroule dans un sous-marin cela dit, certains se souviendront peut-être de Seaquest, police des mers dans les années 90 ou encore de Voyage au fond des mers trois décennies plus tôt, et je vous épargne les quelques mini-séries comme The Deep qui s'y sont aventurées. Mais Last Resort n'a rien à voir avec tout ça : elle s'annonce bien plus riche et ambitieuse.

   Les premières minutes, décisives dans un pilote puisque le téléspectateur est susceptible de partir aussi vite qu'il est arrivé, m'ont laissé une impression mitigée : je n'ai pas compris la moitié de ce que les personnages racontaient dans leur jargon militaire impénétrable, et je ne parle même pas de cette froideur mécanique légendaire qui me donne envie de fuir dans la seconde. Mais, après tout, les termes médicaux qui foisonnaient dans Urgences ne me dérangeaient pas. Je suppose que c'est une question d'habitude. Il y a aussi des codes à apprivoiser. Bref, cette immersion dans l'inconnue, quelque peu claustrophobique puisqu'il faut attendre un bon moment avant de sortir du sous-marin, est totale et excitante. Les événements se déroulent à une vitesse folle, ce qui laisse assez peu de temps et pour s'ennuyer et pour se questionner sur la crédibilité de l'escalade tragique qui est en train de s'opérer sous nos yeux. L'action nous porte de la première à la dernière minute du pilote avec une efficacité redoutable. La réalisation, énergique mais classique, parvient à retranscrire le sentiment d'urgence et de détresse des héros avec fluidité. Comprendre leurs décisions n'est pas une tâche aisée tant on ne sait encore rien d'eux. Leurs motivations elles-mêmes sont encore floues. Mais ce qui transpire du tandem principal, plutôt convaincant d'ailleurs grâce à Andre Braugher et Scott Speedman, largement au-dessus du lot, ce n'est pas seulement de la solidarité, pas seulement de l'amitié, c'est un sens de l'honneur exemplaire, une forme de patriotisme plus complexe que ce que l'on a l'habitude de voir dans les films et séries qui mettent en scène des militaires, puisqu'ils se retrouvent à se retourner contre leur propre pays alors qu'il vient de les trahir. Leur rêve américain s'écroule. Il leur faut tout à coup penser au-delà de leur petit confort, au-delà de leur famille, pour suivre leur instinct en croyant encore aux notions de liberté et de justice. Last Resort touche là à des thématiques fortes qui la rangent définitivement du côté du divertissement intelligent. Il faudra toutefois veiller à ce qu'elle ne devienne pas une propagande grandeur nature telle The Unit en son temps. Il n'y a rien de pire que ça.

   Il se passe tellement de choses au cours de ces 42 minutes que le focus sur chacun des personnages principaux est inévitablement léger. Ils n'ont pour le moment aucune épaisseur particulière en dehors de ceux suscités, mais ils existent et la plupart d'entre eux possède du potentiel. Ils forment en plus un groupe relativement soudé, avec ce qu'il faut de failles et de traitres. La scène de « La Bamba » est un moment très sympathique d'ailleurs, un peu plus léger donc bienvenu. La seule représentante féminine de l'équipage qui soit vraiment mise en avant va avoir la lourde responsabilité de ne pas être qu'un intérêt amoureux. Plusieurs passages en dehors du sous-marin viennent apporter une touche de mystère et plus d'envergure encore à l'histoire. Je pense surtout à ce qui se passe à Washington, en compagnie de la ravissante Autumn Reeser. Sur l'île, notamment avec la française Sophie, il n'y a pour l'instant pas grand-chose à se mettre sous la dent, d'autant que les premiers pas de Camille de Pazzis dans une production américaine laissent à désirer. Le moment où elle se met à pleurer frôle le ridicule. Dans le même genre, les flashbacks de Sam sur ses derniers instants avec sa femme semblent avoir été ajoutés pour remplir le quota « ménagères » de la série. On s'en serait bien passé.

   Les quelques défauts de ce premier épisode de Last Resort n'ont pas réussi à entamer mon enthousiasme et à me gâcher le plaisir, ce qui tend à prouver l'efficacité de l'ensemble. Je ne peux pas m'empêcher d'imaginer ce à quoi la série aurait pu ressembler si elle s'était retrouvée sur une chaîne câblée type Showtime, avec moins de contraintes grand public, peut-être des moyens encore plus conséquents et des saisons réduites à 13 épisodes, mais ce que l'on nous offre là est déjà de haute volée. Il se peut que Last Resort soit la meilleure nouvelle série de network de la saison ! Elle a réussi sa première mission. Bien d'autres l'attendent encore...

What Chance ?

 La stratégie d'ABC qui consiste à proposer Last Resort avant Grey's Anatomy reste bien mystérieuse mais, à n'en pas douter, des études marketing ont été réalisées avant de prendre cette décision. Elle doit donc répondre à une logique. Reste à déterminer laquelle. La seule piste que j'ai : la contre-programmation. Face à X-Factor, les comédies de CBS et NBC et Vampire Diaries, un drama musclé est une alternative intéressante. Une case à 22h aurait cependant été plus adaptée, à mon avis. Au bout du compte, il est extrêmement difficile de prédire les futures scores de la série. Mais là où beaucoup voit un flop se profiler, j'avoue être légèrement plus optimiste...

How ? 

11 septembre 2012

[Homeland] Interview de Howard Gordon

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   Lors du 52ème Festival de Monte-Carlo, j'ai eu le privilège d'interviewer Howard Gordon. Privilège parce qu'il a tout de même travaillé sur La Belle et la bête, Buffy, Angel, X-Files (for Christ's sake!), 24 et aujourd'hui Homeland. Privilège parce qu'il est passionnant (mais frustration ultime de n'avoir que dix minutes pour parler de tout), et privilège parce qu'il était vraiment sympathique et professionnel. Dans cet entretien il revient sur son expérience X-Files, sur les ressemblances entre 24 et Homeland, sur la série israëlienne dont sa dernière née est adaptée; il nous parle également de Claire Danes et de l'échec d'Awake... Bref, regardez ! Et Homeland, ça commence sur Canal + cette semaine. La saison 2 sur Showtime, c'est pour le 30 septembre. 

 

Posté par LullabyBoy à 12:44 - - Permalien [#]
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