24 décembre 2007

Ciné Mix [Clap 1]

cinebankd6

C'est l'heure d'établir un bilan de ce que le cinéma nous a offert de bon et de moins bon cette année. Premier Clap.


18744346Ensemble c'est tout  dnesblog4starsjj0B

Pari réussi pour Claude Berri. L'adaption du best-seller d'Anna Gavalda a cartonné en salles (+ de 2 millions d'entrées) et le résultat est à la hauteur des espérances. Audrey Tautou campe une Camille plus attendrissante encore que dans le roman, Guillaume Canet joue un Franck aussi bourru qu'attachant et Laurent Stocker interpréte un Philibert plus vrai que nature ! Un film qui touche très profondément au coeur par sa simplicité et sa justesse. Il en ressort un doux souvenir d'harmonie et de gaieté. 

18750299Le prix à payer dnesblog2starslc1B

Une comédie grinçante sur l'importance de l'argent dans le couple où ni les hommes ni les femmes n'en ressortent grandis. Les comédiens sont plutôt bons, Nathalie Baye et Gérard Lanvin en tête, Christian Clavier n'en fait pas trop pour une fois, c'est appréciable. Mais plus le film avance, moins on rit et plus le plaisir s'estompe. Malgré quelques piques acerbes, les dialogues sont décevants et on se demande quand cette farce va enfin se terminer. On ressort soulagé mais pas forcément guilleret.

18719472Alpha Dog dnesblog1starly3B

Une peinture de la jeunesse de la banlieue riche de L.A beaucoup trop caricaturale pour être honnête. Ce film aurait pu être extrémement réussi si les dialogues avaient été un peu plus travaillés et beaucoup moins parsemés de "Fuck" et autres insultes (certaines sont assez inventives je dois dire). Sharon Stone offre une interprétation extraordinaire tant son changement physique est radical et suprenant, Justin Timberlake s'en sort plutôt bien pour son premier vrai rôle, beaucoup d'acteurs "minimes" de séries se succédent. Le film est adapté d'une histoire vraie ce qui lui confére un attrait certain, le fait divers est sordide. Malheureusement il paraît interminable, les clichés sont trop nombreux et le tout manque de sobriété.

18667456Little Miss Sunshine dnesblog4starsjj0B

Multi-récompensé, ce road-movie burlesque est un ravissement ! Chaque membre de la famille Hoover a son petit quelque chose qui le rend singulier et attachant. On rit beaucoup, c'est avant tout une comédie et pourtant le drame frappe à plusieurs reprises et c'est là la force du film: faire cohabiter le drame et la comédie avec brio. Certaines scènes sont irresistibles de drôlerie mais quand on gratte un peu, on se rend compte que le film aborde nombre des maux de la société américaine avec une certaine cruauté. La petite Olive ne peut que faire fondre le coeur des spectateurs. Toni Collette, trop rare, est à nouveau excellente, Greg Kinnear se débrouille comme un chef, le reste du casting ne comprend personne de vraiment connu mais peu importe, ce film est une réussite devenu un indispensable.

18727067Les Témoins dnesblog3starsmq2B

Ah si seulement le film n'avait pas été bourré d'anachronismes ... L'action est censée se situer en 1984 et il y a deux-trois détails qui choquent. Cependant, l'histoire est toujours d'actualité. Le film raconte l'impact qu'a eû l'arrivée du SIDA sur un petit groupe de personnages. L'atmosphère du film est très réussi, avec un Paris moite et insouciant qui va devoir faire face à une nouvelle réalité. Puis il y a ces paysages du Sud de la France avec ce bleu turquoise éblouissant, et tout ce jaune. Emmanuelle Béart porte la robe légère comme personne, elle signe une interprétation magistrale, tout comme Johann Libéreau et Sami Bouajila. Bien qu'on la voit moins, Julie Depardieu est à nouveau excellente. La bande-originale comprend quelques tubes des années 80 comme le fameux Marcia Baïla des Rita Mitsouko. André Téchiné nous offre un film douloureux et émouvant que l'on n'oublie pas. Un beau témoignage en somme.

18757144Destricted dnesblog1starly3B

Jamais un film ne m'aura mis autant mal à l'aise. A travers 7 courts métrages, des réalisateurs et des artistes donnent leur vision du sexe et de l'art. Le premier est d'une glauquitude extrême, c'est sale, c'est laid, ça ne ressemble à rien (Un homme couvert de pourriture frotte son membre turgescent contre des machines de travaux publiques). Les suivants, censés être drôles, sont plus qu'ennuyeux. Reste celui de Larry Clarke Impaled,  assez réussi. Le dernier est profondément triste et glauque, un mot qui revient souvent. C'est interdit aux moins de 18 ans mais je peux vous assurer qu'il n'y a strictement rien d'excitant. Ca dégoûterait presque du sexe, c'est dire.

Et vous pouvez toujours découvrir les critiques de Hairspray (dnesblog4starsjj0B), Lady Chaterley (dnesblog0starslg3B) et Once (dnesblog4starsjj0B) en cliquant sur les étoiles !

A suivre ... (Et n'hésitez pas à donner votre avis)

Posté par LullabyBoy à 18:27 - - Permalien [#]


21 décembre 2007

Il était une fois ...

cinebankd6De Kevin Lima

Actuellement 2 millions d'entrées France.

dnesblog4starsjj0B


Happily Ever After

Rien de tel qu'Il était une fois pour retomber en enfance. J'ai beau n'avoir que 22 ans, le temps où Aladdin, Ariel la Petite Sirène et la Belle et sa Bête peuplaient mes songes de gosse me paraît bien loin ... En quelques années, Walt Disney a bien changé. Pixar est passé par là et au risque de passer pour un vieux con, la magie n'est vraiment plus la même. Il n'y en a plus que pour la 3D. Même si c'est indéniablement bien foutu, je pense à Ratatouille en particulier, force est de constater que l'esprit du conte de fées et du romantisme désué a disparu. L'humour est privilégié désormais. Pourquoi pas ... Tout change, tout doit évoluer. Dans tous les cas, Il était une fois est en parfait équilibre entre le Disney du passé et le Disney du présent. Il est entre deux générations et c'est probablement pour cela qu'il fonctionne autant auprès des jeunes et des moins jeunes.

Tout commence comme un dessin-animé Disney classique où l'univers de la Belle au bois dormant rencontre celui de Blanche-Neige. La douce Giselle se lamente de ne voir arriver son prince charmant et puis son voeu se réalise enfin: il vient la chercher et ils tombent éperdument amoureux. Mais c'est sans compter sur la mère du prince charmant qui refuse cette union et qui va donc bannir Giselle du royaume en la poussant dans un puit sans fond béant. Au bout du puit: Manhattan ! Giselle se retrouve propulsée au coeur de la Grosse Pomme, les yeux écarquillés par ce qui l'entoure. Elle découvre un monde triste comme un verre de grenadine qui manque définitivement de magie. Alors elle va en apporter à sa manière. 

18801799A la vue de la bande-annonce, je m'attendais à quelque chose d'encore plus drôle mais globalement on rit pas mal. Les mimiques de Giselle, interprétée par Amy Adams, une illustre inconnue, sont irrésistibles ! Elle se met à chanter à tout bout de champ en bonne princesse made in Disney, une véritable caricature. Quand Disney se moque de lui-même, on se dit que les temps ont définitivement changés ! Et c'est assez jouissif. Patrick Dempsey et James Marsden interprétent deux princes charmants plus que convaincants, eux-aussi très caricaturaux. Les scénaristes prennent un malin plaisir à détourner les codes du conte de fée et rassurez-vous, rien à voir au final avec le daubesque Les Visiteurs en Amérique (Non parce qu'au début du film, j'ai tout de suite pensé à ça ...). Deux scènes sont particulièrement réussies: celle où Giselle rameute tous les animaux du quartier (rats, pigeons, cafards ...) pour un grand ménage de printemps et celle où elle transforme Central Park en gigantesque music-hall ! La fin du film, sans la dévoiler, est originale puisque les rôles sont inversés.

Enchanted, en VO, est donc un joli petit cadeau de Noël qu'il faut prendre pour ce que c'est: un bon divertissement pour petits et grands. Un film au charme fou. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. 

Posté par LullabyBoy à 00:16 - - Permalien [#]

08 décembre 2007

Once

cinebankd6De John Carney

Environ 63 ooo entrées.

dnesblog4starsjj0B


Il était une fois la musique ...

onceOnce, c'est un film beau comme un samedi soir pluvieux. Il ne se regarde pas, il s'écoute. Les deux protagonistes nous emmènent dans un voyage musical à travers les rues grises de Dublin. Lui, quand il ne répare pas des aspirateurs dans le petit magasin de son père, il chante et joue de la guitare pour gagner un peu d'argent. Elle, quand elle ne vend pas de jolie roses aux passants, elle l'écoute chanter et jouer de la guitare et elle décide un jour de lui parler. Ensemble, ils vont vivre leur rêve de musique en exorcisant leurs peines de coeurs. Elle élève l'enfant d'un homme qu'elle n'aime plus, il vit dans le souvenir de la femme qui ne l'aime plus. Ils étaient fait l'un et pour l'autre ... et pourtant.

Ce film sans prétention touchera au coeur tous ceux qui aiment l'émotion que peut procurer la musique. Les mélodies sont belles et attachantes, les paroles sont tendres et touchantes. La voix de Glen Hansard est puissante, celle de Marketa Iglova est douce. Les dialogues sont rares mais précieux, les mots passent par les regards et par les chansons. C'est romantique mais ce n'est pas niais. C'est tout simple, c'est magique. C'est à voir.


Probablement la plus belle chanson du film, Falling Slowly :

Posté par LullabyBoy à 23:21 - - Permalien [#]

15 novembre 2007

Ce soir je dors chez toi

cinebankd6De Olivier Baroux

Sortie prévue le 21 Novembre.

dnesblog1starly3B


Qui a déjà ri devant un sketch ou une émission de Kad et Olivier ? (Et je mets à part ceux où ils ont pour renfort les excellents Valérie Lemercier et Gad Elmaleh) Personne ! Eh bien ce film part avec un handicap certain pour qui n'aime pas les deux comiques: Olivier est le réalisateur du film, c'est son premier, et Kad obtient le second rôle. Ne surtout pas voir là un quelquonque copinage ! Pour faire simple, le seul truc qui est drôle avec le personnage interprété par Kad c'est sa perruque ! On se marre pour ça essentiellement. Il y a d'autres passages un chouilla drôles tout au long du film mais ça reste minime et sûrement pas hilarant. Mais je n'ai pas présenté les choses sérieusement ! C'est une comédie romantique ! Enfin le romantisme selon Kad et Olivier, c'est pas du Woody Allen ! Il ne suffit pas d'utiliser New York comme toile de fond de la fin du film pour faire romantique.

14866Mais alors l'histoire c'est quoi ? Le dossier de presse présente les choses comme ça : Alex aime Laetitia. Laetitia a 30 ans. Elle est belle, drôle, effervescente, solaire. Laetitia aime Alex. Elle adore même Jacques, le meilleur ami et l'éditeur d'Alex ; bref c'est la femme de sa vie, la mère de ses futurs enfants, sa lumière, sa raison de vivre mais... Alex préfère quand même qu'elle reste bien chez elle... "La vie à deux : oui ! mais pas dans le même appartement...". C'est Jean-Paul Rouve qui interpréte Alex et c'est la pétillante Mélanie Doutey (Clara Sheller) qui joue Laetitia. Je n'ai pas trouvé d'alchimie particulière entre les deux acteurs, il ne vont pas vraiment ensemble et à l'écran, ça jure un peu. Et puis Jean-Paul Rouve n'est pas très convaicant. Il assure la voix-off du film et ça sonne à chaque fois très faux. Il adopte un ton de gamin qui ne colle pas trop à la situation. Mélanie Doutey est excellente, comme à son habitude. Ce sont ses vrais parents dans la vie qui interprétent ses parents dans le film ! Je ne sais pas si à l'écran ça change vraiment quelque chose mais c'est un détail sympathique, quand on le sait. Puis il y a donc Kad Merad, alias Jacques. Il fait sourire au début puis agace très rapidement. L'histoire est bateau et on ne peut pas faire plus vu et revu. C'est le principal problème. Un téléfilm, ni plus ni moins. Un film qui ne mérite pas d'être vu au ciné, même pas en DVD, juste le jour où il passera à la télé. Et encore, faut pas vous sentir obligé ... La bonne nouvelle c'est que ça a beaucoup fait rire Stéphane Bern présent pendant la projection presse. Chacun en tirera sa propre conclusion !

Posté par LullabyBoy à 23:01 - - Permalien [#]

10 novembre 2007

Darling

cinebankd6De Christine Carrière

Sorti le o7 Novembre 2oo7.

dnesblog4starsjj0B


119449_1_darling

On dit souvent d'un acteur comique qui joue dans un film grave et réussi qu'il a fait "son Tchao Pantin" (en réfèrence au film de Coluche). Eh bien je crois que Marina Fois a fait son Tchao Pantin. Je ne le savais pas si talentueuse. Nous faire rire, ça, elle a déjà su faire : Les Robins des Bois, Filles perdues, cheveux gras, J'me sens pas belle, La Tour Montparnasse Infernale ... Mais nous faire pleurer, ça, elle avait pas encore réussi, peut-être parce qu'elle n'avait pas essayé non plus. La détresse lui va si bien ...

Dans Darling, elle campe le rôle de la fille la plus paumée du cinéma français: Catherine Nicolle. Depuis qu'elle est tout petite il lui arrive tous les malheurs du monde. La vie ne l'épargne pas, elle et sa famille. Elle vit dans une ferme avec ses parents, paysans, et ses frères, détraqués. Elle n'est pas heureuse, cette vie ne lui ressemble pas. Elle n'aime pas l'école, elle n'aime pas ses parents qui le lui rendent bien, notamment son père qui la bat parfois, elle n'a pas envie de se marier avec un paysan parce qu'alors cela ferait d'elle une "paysante" et ça, elle ne le veut pour rien au monde. Ce qu'elle veut c'est se marier avec un routier ! Alors elle s'équipe d'une radio en cibi et passe ses nuits à guider les routiers à travers les routes de campagne. Et puis le reste du temps elle le passe chez la boulangère, qu'elle admire beaucoup parce qu'elle est belle, généreuse et douce. Tout le contraire de sa mère. Et puis elle court beaucoup aussi. Même qu'un jour son short est tellement serré (sa mère ne veut pas lui en acheter d'autre bien qu'elle grandisse à vue d'oeil) qu'en courant elle se chope le premier (et dernier) orgasme de sa vie. Plus elle grandit et plus le sort s'acharne. Ses frères meurent tous les deux dans des circonstances aussi atroces que burlesques et ses parents deviennent encore plus fous et lugubres qu'il ne l'étaient auparavant. Et puis arrive un beau jour où elle rencontre un routier bourré qui la baise sur la banquette arrière de son camion avec vue sur les vaches qu'il transporte, et elle en tombe éperdument amoureuse. C'est un peu l'anti-Cendrillon en somme. Les choses ne vont pas se passer comme prévues avec son mari. Il va la battre, l'humilier, presque la tuer. Et malgré toutes les épreuves elle va toujours se reléver et garder espoir. Elle ne va jamais se plaindre ni se poser en victime. Elle va continuer à avancer envers et contre tous.

On ressort de ce film bouleversé. C'est un drame mais les notes d'humour noire sont constantes. Peut-être que cela vient de la mou irresistible de Marina Fois ou de l'enfant qui joue Darling petite. Ce qui est sûr c'est que certaines situations ne peuvent que nous faire sourire (Darling qui dessine une fleur sur le mur à chaque fois qu'elle a ses rêgles ...) Et puis en même temps l'atmosphère est extrêmement glauque, du début à la fin. Les couleurs sont sombres, les visages sont fatigués, les acteurs enlaidis, les maisons sont tristes, les âmes aussi. Ca sent l'usure et le desespoir. Darling illumine à sa façon ce monde qui ne cesse de vouloir l'éteindre. Guillaume Canet est lui aussi excellent dans le rôle du mari violent. On est dans un film qui nous présente un monde rarement vu au cinéma: celui de la campagne profonde. Et c'est fait sans cliché ni misérabilisme. Bien sûr on peut voir Darling comme une Cosette des temps modernes mais je crains qu'elle soit tout ce qu'il y a de plus réaliste. Des femmes comme elle, il en existe des tas. Et puis le film est adapté d'un livre qui est lui-même adapté d'une histoire vraie. Ce qui est remarquable c'est que le film est très sobre, on n'en fait jamais trop et le but n'est pas de faire pleurer dans les chaumières. La fin du film est particulièrement touchante et l'on a du mal à quitter Darling comme ça. Je recommande ce film à tous les amateurs de films qui marquent pendant longtemps.

Posté par LullabyBoy à 22:59 - - Permalien [#]


27 octobre 2007

Hairspray

cinebankd6De Adam Shankman

Nombre d'entrées France : 5oo ooo.

dnesblog4starsjj0B


Sorti à la fin de l'été dans nos salles osbcures, ce film est lumineux, coloré et enthousiasmant ! C'est l'histoire de Tracy, une petite grosse pas bien dans sa peau, qui n'a qu'un rêve : danser dans la célèbre émission de Corny Collins, un must chez les ados de Baltimore dans les années 6o. Et son rêve va se réaliser quand le présentateur va la voir à l'oeuvre au sein de son lycée. C'est alors que Tracy va devenir une star à Baltimore, malgré son physique peu avantageux, et va devenir la première rivale d'Amber, celle qui était la star de l'émission avant elle. C'est d'ailleurs sa mère qui est la chorégraphe du show, ceci explique cela. Tracy et Amber se retrouvent concurrentes pour le titre de Miss Hairspray ...

PosterHairspraySi l'histoire en elle-même est un peu cucul et que l'on imagine d'avance comment cela va se terminer, c'est tout ce qui est autour, l'emballage, qui vaut vraiment le coup d'oeil. Les acteurs sont formidables, à commencer par celle qui incarne Tracy : Nikky Blonski. La première scène du film en est la preuve : elle entonne un Good Morning Baltimore vibrant et nous emmène dans son univers en un rien de temps. C'est John Travolta qui joue ... sa mère ! (Et Christopher Walken son père.) Excellente idée s'il en est, qui ajoute encore un peu plus de fun et de second degré à un film qui en a déjà pas mal en substance. Je ne l'ai pas précisé mais c'est un film musical, il y a de nombreuses scènes chantées et dansées, parfaîtement maitrîsées. La comédie musicale est un genre rare, depuis Grease ou plus récemment Moulin Rouge, on en avait plus vu. Sachez que toutes les chansons du film sont des oeuvres orginales et non des reprises. C'est dire s'il y a eu un max de boulot. Les chorégraphies en sont également la preuve. Au casting, on note également le retour de Michelle Pfeiffer, bien trop rare au cinéma, ou encore pour draguer un public jeune la star d'High School Musical, Zac Effron, un phénomène aux Etats-Unis, ou encore Amanda Bynes (Ce que j'aime chez toi).

Les sériphiles auront remarqué la grande ressemblance du film avec la série Mes Plus Belles Années (American Dreams), brièvement diffusée par TF1. On retrouve d'ailleurs l'actrice principale de la série dans le film, dans le rôle de la garce Amber (Britanny Snow). La force du film, au-delà de sa drôlerie et de ses excellentes séquences chantées et dansées, réside dans les débats plus profonds soulevés. Des débats authentiques, très ancrés dans les années 6o, notamment sur la place des Noirs dans la société. Une place à la fois grandissante et décriée. A la tête d'une manifestation pour l'intégration des Noirs, Queen Latifah est d'ailleurs très convaincante. C'est toujours très agréable quand un film dit de divertissement se permet une incursion dans l'histoire et celle des Etats-Unis est particulièrement riche et intéressante. Reste quelques longeurs et une certaine béatitude qui ne plaira pas à tout le monde.


// Bilan // C'est avec un sourire jusqu'aux oreilles que je suis sorti de la séance de Haispray. C'est un film fort, amusant, pas prise de tête mais qui ne prend pas pour autant les spectateurs pour des idiots finis. C'est un film qui plaira à toute la famille, des enfants, aux ados jusqu'aux parents ! La Bande-Originale est un pur régal. Ca fait du bien des films comme ça, de temps en temps.

Posté par LullabyBoy à 00:37 - - Permalien [#]

20 octobre 2007

L'âge d'homme (Maintenant ou Jamais)

cinebankd6

De Raphaël Fejto.

Environ 185 ooo entrées.

dnesblog2starslc1B

Ca faisait longtemps que Romain Duris n'avait pas fait un aussi mauvais film ! En tant que grand fan de l'acteur, je me suis roué sur L'âge d'homme, d'autant qu'il en avait assuré la promotion dans de nombreuses émissions. Je lui faisais confiance, il fait toujours de bons choix. Mais je fus fort désappointé. Cependant, c'est bien lui qui sauve le film, voilà pourquoi la première étoile. Il est excellent, comme d'habitude et il incarne à merveille le trentenaire qui se pose des tas de questions. La deuxième étoile est attribuée à ... Aissa Maïga, sa partenaire dans le film. Elle gagne à être (plus) connue ! Les rôles secondaires ne sont pas très intéressants, voire pas du tout. A part peut-être cette fille complêtement névrosée et nymphomane que Samuel recontre dans une boîte. Elle avait le mérite d'être vraiment très drôle tellement elle était vulgaire. C'est une des meilleures scènes du film (et elles se comptent sur les doigts d'une main). On notera la présence de Clément Sibony, complêtement sous-exploité. Dommage.

2365367Samuel vient d'avoir 3o ans, il est en couple depuis un an avec une photographe, Tina, mais il a peur de s'engager, il sait que son horloge biologique tourne. Le mariage et les enfants lui font peur. Il se donne 24 heures pour décider s'il reste ou non avec Tina, sachant qu'il l'aime, vraiment. Comme vous pouvez le constater, le pitch est un peu faiblard. Difficile de tenir 1h3o. D'ailleurs, l'aspect spatio-temporel est très mal géré. En 24 heures, Samuel a le temps de faire autant de chose qu'en une semaine ! Il va à la piscine, il sort en boîte, il va boire un verre avec ses potes, il fait des courses, s'engueule avec sa copine, travaille, se ballade en vélo, prend un bain chez son meilleur ami, mate un porno, manque de tromper sa copine ... Bref, ça fait vraiment beaucoup, c'est pas crédible. Mais s'il n'y avait que ça, encore ça irait. le problême c'est que l'on a le sentiment parfois d'assister à une suite de petites scènes, qui n'ont pas de toujours de liens entre elles, et deux fois sur trois, la blague ou le sketch tombe à l'eau. Si le petit délire sur les hommes de cro-magnons qui vont louer un DVD était plutôt drôle, il y a un tas d'autres scènes sans intérêt, notamment celles avec Romain Duris dans la peau de Leonard De Vinci. Ridicule et chiant. Pas mal de bla bla inutile et de questionnements qui n'ont pas lieu d'être.

L'âge d'homme était donc bancal dès le départ, si on sent que le réalisateur s'est éclaté (et peut-être aussi les acteurs), il n'a pas réussi à nous embarquer dans son délire. On sent bien l'influence de L'auberge espagnole mais n'est pas Cédric Klapish qui veut. Quelques moments restent sympathiques et la bande-son est agréable. Les quelques scènes qui se passent en bord de mer sont très belles et puis bien sûr voir Romain Duris en slim, torse nu ou faire de la lap-dance reste un plaisir pour les yeux et la braguette. Mais ça ne suffit pas.

Posté par LullabyBoy à 01:34 - - Permalien [#]

04 octobre 2007

99 Francs

dnesblog4starsjj0B

Désormais, vous retrouverez chaque semaine une critique de film sur le blog dans cette nouvelle section Ciné Box. Enjoy !

libro_20d_20octubre_2000199 Francs est probablement un des meilleurs films de l'année. Je ne suis pas spécialement fan de Jean Dujardin mais là il est bluffant ! Il joue à la perfection le publicitaire rebelle Octave, qui travaille dans une des plus grandes agences de pub du monde. Il est riche, cocainoman et séducteur professionnel. Il a un partenaire fidèle, interprété par Jocelyn Quivrin, et ensemble ils font les 4oo coups depuis quelques années déjà. Un beau jour Octave péte littéralement un plomb et va saboter sa plus grande campagne ...

Le film est l'adaption du roman éponyme de Fréderic Beigbeder (qui fait quelques apparitions cocasses dans le film), un best-seller vendu à des miliers d'exemplaires. Comme toujours dans ces cas là, on craint que le film ne soit pas à la hauteur du livre. Ce n'est pas le cas ici. Le film illustre parfaitement le livre (selon de nombreuses personnes) et lui donne une autre envergure. Les producteurs n'ont pas lésiné sur les moyens. Pas mal d'effets spéciaux et une post-production que l'on sent très travaillée. On a plein les yeux pendant tout le film. Déjà dès la première scène. Magistrale. Puis tout au long du film on nous abreuve d'images, de flashs, de couleurs ... Comme le fait la publicité à longueur de temps, partout dans nos vies.

Il se passe beaucoup de choses dans le film, on pourrait parfois trouver qu'ils en font trop et puis finalement non, ça passe très bien. Parfois le réalisateur part complêtement dans son délire mais il réussit toujours à nous y embarquer. Le rebondissement au trois-quart du film est très innatendu et constitue une véritable originalité. On sort de la salle un peu sonné, parce qu'au-delà de toutes ces images il y a un vrai sujet de fond, une véritable critique du monde de la publicité et par extension du monde dans lequel on vit. Certaines pratiques sont à peine croyables et ça a de quoi nous dégoûter du métier de publicitaire. On ne peut pas s'empêcher de se dire que ce film pratique aussi ce qu'il critique pour faire sa promo. Du coup la morale finale laisse un peu perpléxe. Je vous le recommande vivement en tous cas, c'est un vrai bon moment de cinéma.

Posté par LullabyBoy à 22:15 - - Permalien [#]

30 août 2007

La fille coupée en deux

dnesblog4starsjj0B

La fille coupée en deux, oui mais pas en parts égales ...

untitled

Ce n'est pas un grand coup de coeur mais c'est un coup de coeur quand même. Disons que le film est trop inégal pour remporter toutes mes faveurs mais il y a de très bons passages et surtout, les acteurs sont (presque) tous formidables. Claude Chabrol a encore frappé.

AlloCiné a dit : Une jeune femme qui veut réussir dans la vie et dont le rayonnement séduit ceux qui l'entourent, s'éprend d'un écrivain prestigieux et pervers, et épouse un jeune milliardaire déséquilibré. Il faut avouer que ce résumé est un peu bref et pas très éclairant pour qui n'a pas vu le film. Mais en fait, que dire de plus ? C'est la trame de départ et on brode là dessus pendant 1h5o. Les 3o premières minutes sont longues, très longues, pour la première fois de ma vie j'ai failli m'endormir au cinéma. Puis ensuite, l'intérêt est peu à peu suscité et finalement on est content d'être là, bien éveillés. Vous aurez compris que dire que l'héroine du film est coupée en deux est une image. C'est un triangle amoureux avec d'un coté un écrivain d'un âge déjà bien avancé, François Berléand et de l'autre un jeune jet-setteur un peu cinglé, Benoît Magimel. Et au milieu coule Ludivine Sagnier, dans le rôle d'une miss météo naive et peu farouche. Sa relation avec l'écrivain est très particulière, l'homme est un peu pervers et l'entraîne dans des soirées très spéciales, des soirées échangistes quoi. Peut-être même sado-masos mais le film reste sobre de ce coté là et ne nous montre pas grand chose. Si ce n'est Ludivine Sagnier qui se déguise en paon le temps d'un jeu coquin. Original. Mais le problême c'est que la plupart des scènes entre ces deux là tournent vite au bla bla gonflant et l'excellent Berléand ne peut rien y faire. Son personnage est bien peu sympathique, sa femme (oui parce qu'il est marié) dit oui à tout, elle est parfaite, mais vraiment, donc horriblement ennuyeuse et puis Mathilda May joue une vamp fort désirable avec brio. On regrette même de la voir si peu au cinéma. C'est dommage, elle est plutôt douée. De l'autre coté nous avons le jeune héritier qui tombe fou amoureux de Ludivigne Sagnier et qui est prêt à tout pour la conquérir, quitte à être lourd et ridicule et puis à force de témérité il arrive à ses fins. Bon il lui aura fallu un an mais il y arrive. Ils se marient même. Mais depuis que son vieux beau l'a quittée, la fille coupée en deux ne fait que penser à lui et son mari, elle ne l'aime pas vraiment. Sa belle famille est très prout-prout, forcément, et la mère de Benoît est excellente ! La mère de famille coincée type mais super drôle du coup. C'est une actrice que je ne connaissais pas qui l'interpréte, Caroline Sihol, et elle excelle dans une scène clé où elle raconte un événement passé dans la jeunesse de son fils. Troublant. Benoît Magimel est rayonnant et énervant. C'est la première fois que je le vois dans un rôle un peu décontract' et ça lui va plutôt bien. Quant à Ludivine Sagnier, je suis un fan de la première heure et je fais en sorte de ne rater aucun de ses films. Il se toruve qu'elle fait souvent d'excellents choix, ne serait-ce que Les chansons d'amour (cf critique sur ce blog) dernièrement, ou encore Une Aventure, Swimming Pool, 8 femmes ... Le rôle lui va à merveille (quoique qu'elle n'est pas toujours physiquement à son avantage), comme si Chabrol l'avait écrit pour elle. Dans la dernière scène, en plus d'être magnifique, elle a quelque chose dans le regard de très émouvant. Parlons-en de la fin du film ! En fait, j'aurais aimé qu'il s'arrête à la suite de l'étonnant et choquant retournement de situation. Les quelques minutes qui suivent sont inutiles à mes yeux, sauf la toute fin avec cette scène tranchante où le titre du film prend encore plus de sens.

Parce que les acteurs sont excellents et parce que tout est fait avec beaucoup de finesse et de classe, de distinction même, parce qu'il s'agit quand même de perversité, j'ai aimé ce film. Et tant pis pour les longueurs. Beaucoup de critiques jugent ce film comme le meilleur Chabrol. J'en ai vu trop peu pour pouvoir infirmer ou confirmer leurs dires mais ça m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Chabrol dans sa totalité ...

Posté par LullabyBoy à 01:36 - - Permalien [#]

12 juillet 2007

The Bubble

18772520dnesblog5starsqq3B Samedi soir, le cœur léger, je décidais de me faire un petit film au ciné. Après quelques hésitations, mon choix se portait finalement sur The Bubble, un film franco-palestinien dont j’avais entendu et lu le plus grand bien. Je suis ressorti de la salle le cœur encore plus léger, heureux d’avoir vu ce que j’appelle un putain de film qui vous marque. J’étais d’ailleurs tellement sur mon petit nuage que je me suis perdu dans Paris, à la recherche désespérée d’une bouche de métro. J’ai bien du marcher 2o minutes avant d’en trouver une. Et je peux vous assurer qu’en tongs sur les pavés, marcher n'est pas une partie de plaisir ! Bref, on s’en fout. Le film !

De quoi ça parle-t-il donc The Bubble ? Voici le résumé made in AlloCiné. (J’en profite pour dire que leurs résumés sont tellement clairs qu’un copié-collé s’impose, quitte à ce que je passe pour une terrible feignasse, que je suis par ailleurs) 3 jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant d’un café et Ulé, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel Aviv, symbole de cette « bulle », surnom donné à la ville. Dans ce cocon quasi-déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse. Ce quotidien va pourtant être bouleversé par l’arrivée d’Ashraf, un palestinien dont Noam tombe amoureux lors d’un accident au check point près de Naplouse.

Certains parlent d’un Friends à la sauce israélienne. C’est bien mal connaître Friends que de dire ça. Même si on rit beaucoup dans The Bubble, on est bien loin de la sitcom. Pour l’anecdote, le film a été inspiré par une série israélienne qui a eu un succès énorme là-bas et qui a su allier divertissement et débat de fond. C’est vrai qu’il règne une bonne humeur et une joie de vivre contagieuse tout le long du film, avec des répliques vraiment très bien senties, des dialogues de grande qualité et des acteurs très convaincants. Je crois que bien qu’un peu caricatural, Yali est le personnage le plus marrant, avec ses excentricités et ses goûts un peu kitsch. Ce qui est fort dans ce film c’est que l’on se rend compte qu’un jeune, quelque soit l’endroit où il vit reste un jeune. On est tous pareils ! On regarde tous la Star Academy, on écoute tous du Madonna, on rêve tous de Paris, de Londres ou de New York, on tombe tous amoureux, ça finit toujours mal mais on se sent vivant. Ces jeunes Israéliens sont comme vous et moi, contrairement aux idées reçues. Tel Aviv ressemble à n’importe quelle ville française.(j’exagère bien sûr un peu) On se laisse donc très vite embarqué dans leurs aventures et dire qu’ils sont attachants est un euphémisme.

Le film, comme les personnages, est décomplexé. Il y a quelques scènes vraiment marquantes et que j’aimerais revoir. La première fois que Noam et Ashraf font l’amour correspond peut-être à la plus belle scène du film. Parce qu’au-delà de son esthétisme et de la beauté des corps et des gestes, elle présente l’union d’un juif et d’un palestinien, qui plus est homosexuels. C’est très culotté de la part des scénaristes. Quoiqu’on en dise, c’est risqué de montrer cela dans ce pays. Pour l’anecdote, les producteurs ont recherché pendant très longtemps un acteur qui accepte de jouer le rôle du père d’Ashraf car celui-ci apprend l’homosexualité de son fils et aucun acteur ne voulait le faire … C’est affligeant mais c’est la réalité. Même si pour nous il n’y a rien de choquant là dedans, je crois que l’on peut comprendre l’enjeu du film : faire évoluer les mentalités !

Il est beaucoup question d’amour dans cette bulle, il est question de paix aussi. C’est même le message final du film : à quoi bon se faire la guerre quand on peut se faire l’amour et vivre comme des frères, tous ensemble? Oui dis comme ça ça paraît démago mais je vous assure que dans le film ça passe très bien et à aucun moment on ne cherche à être moralisateur. Il y a les bombes dans ce film, les attentats-suicides, les morts injustes et inutiles. Il y a la révolte, il y a l’espoir … On est bien loin des images que l’on nous donne de ce pays à travers les journaux télévisés. Des images qui ne sont pas fausses d’ailleurs mais qui ne sont juste pas représentatives de toute la population. Le film alterne rire et émotion pendant 1 heure et demie avant de prendre un tournant plus tragique sur la fin. Le tout sur fond de musique pop : Keren Ann, Nada Surf et bien d’autres nous procurent aussi un vrai plaisir auditif.

Je ne peux que trop vous conseiller ce film. Je ne vois pas bien comment un film cette année pourra faire mieux. Il y a tout ! Le fond, la forme, le rire, les larmes … Je suis toujours sous le charme, dans ma bulle.

Posté par LullabyBoy à 11:35 - - Permalien [#]