08 mai 2012

Clash [1x 01 & 1x 02]

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 Robin: la maladie d'amour // Olivia: Hymen

Diffusion le 9 Mai sur France 2

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Voilà comment France 2 présente Clash, sa nouvelle série : Parents et ados, deux sphères qui cohabitent, se croisent, s’évitent ; deux univers dont l’harmonie et l’entente ne tiennent parfois qu’à un fil ; deux mondes que "Clash" propose de découvrir sous un angle nouveau. Zoom une bande de jeunes et leur famille respective, nous révélant à nous parents que nos ados ne sont peut-être pas ceux que l’on pense, et à nous ados que nos parents ont aussi une vie intime…


   Après Des soucis et des hommes, très imparfaite mais qui allait dans le bon sens (je dis ça en n'ayant vu que deux épisodes mais je pense que c'est suffisant pour au moins lui reconnaître cette qualité), France 2 poursuit sa conquête de la fiction française -non policière- moderne avec Clash. A l'origine présentée comme un Skins français -la chose à ne surtout pas faire afin d'éviter les douloureuses comparaisons- elle en adopte effectivement un format proche : un épisode = un ado. Mais là où la série anglaise présente des jeunes livrés à eux-mêmes -leurs parents sont soit absents soit idiots soit inutiles- Clash propose de dresser le portrait de familles d'aujourd'hui sous le prisme de la relation parent/enfant. Bah oui, on est sur France 2 en prime-time. On n'allait pas laisser les rênes d'une série à des ados ! Il y a(vait) déjà Coeur Océan et Foudre pour ça mais en matinée pendant les vacances scolaires. Clash n'est par conséquent pas très ambitieuse sur la forme -une réalisation correcte, sobre mais certainement pas inventive- pas super trash non plus -même si viennent se glisser de temps à autres des dialogues crus qui feront rougir la ménagère à coup sûr- mais elle aussi va dans le bon sens et s'en sort mieux que Des soucis et des hommes à ce petit jeu-là ! 

   A quoi reconnait-on une "bonne" série française ? A sa capacité à ne pas nous donner envie de zapper au bout de 5 minutes ! C'est triste mais on en est là aujourd'hui. Clash est bourrée de défauts -et je ne vais pas manquer de les énumérer- mais elle tient la route au bout du compte et j'ai sincèrement envie de découvrir les quatre épisodes suivants, en espérant même qu'une saison 2 soit commandée car les auteurs ont d'ores et déjà annoncé qu'ils souhaitaient faire évoluer le concept si la chance leur en était laissée. Même si la comparaison n'est pas tout à fait pertinente, Fais pas ci fais pas ça n'a pas cartonné au départ mais France 2 lui a laissé l'opportunité de grandir et d'évoluer et grand bien lui en a pris !

   Le premier épisode est centré sur un personnage d'ado très caricatural, le genre qui joue au jeu vidéo toute la journée, qui ne se lave pas souvent, qui a constamment sa touffe de cheveux indisciplinée et grasse dans les yeux, qui répond par des 'mouais' ou des 'trop pas' quand on lui parle... le genre qui existe vraiment en fait mais dont les traits sont tellement accentués dans la fiction qu'il en devient ridicule mais drôle. Parfois. Je n'ai pas ri aux éclats face aux frasques de Robin et j'ai trouvé le jeu du jeune acteur franchement limite. Sa mère interprétée par  Laure Marsac n'était pas super juste non plus. Et pourtant, on s'attache à ces deux personnages au fil de l'épisode jusqu'à une belle conclusion, un peu facile et attendue mais néanmoins touchante. Le second épisode, un peu pompé sur le film LOL sur les bords (mais LOL n'a rien inventé non plus), m'a semblé plus équilibré, plus authentique et plus touchant, pas seulement à la fin mais sur toute la longueur, et moins hystérique aussi. La prestation de Christiana Reali, toujours rayonnante, y est pour beaucoup. Celle qui joue sa fille, Camille Claris, s'est très bien débrouillée aussi (et elle ressemble beaucoup à l'héroïne de Clem, qui ressemble elle même à celle de LOL... bref). Les dialogues ne sonnent pas toujours justes, notamment lorsque les ados se lancent dans des tirades au sujet de la politique, mais c'est sans doute là la plus grande difficulté pour les auteurs : capturer la "vraie" voix des ados alors qu'ils ont dépassé la trentaine. Eux aussi sont confrontés au conflit des générations. Tout va très vite. Ils placent autant que faire se peut des expressions typiques du moment. On sent qu'ils se sont amplement renseignés sur la question. Mais c'est trop. C'est maladroit. C'est dommage. Ils compensent avec une jolie bande-originale composée de musiques pop-rock inconnues mais efficaces. Les séries françaises oublient trop souvent l'importance de la musique. 

   Clash, sous ses airs faussement trash, est une série française de bonne facture, familiale, accessible, intéressante jusqu'à une certaine limite. Elle part de situations clichées, vues et revues, pour offrir un portrait plus nuancé et moins excessif des ados et de leurs parents. Elle ne jouit pas toujours d'une grande finesse d'écriture mais le potentiel est là et les acteurs sont bons dans l'ensemble. Clash peut devenir grande !

 



// Bonus //
Deux teasers :

 

Posté par LullabyBoy à 12:20 - - Permalien [#]
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19 novembre 2009

L'Internat [Saison 1]

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De quoi ça parle ?

Au coeur d'une forêt dense, l'Internat de Valgrange accueille des élèves du cours élémentaire à la Terminale dans une ambiance qui se veut bonne enfant jusqu'à ce qu'un professeur d'histoire disparaisse. Dès lors, d'étranges événements se succèdent la nuit tombée. Un groupe d'élèves décide de percer les nombreux secrets de l'Internat...

Alors ?

En matière de fictions françaises, c'est Canal + qui s'en sort le mieux (je vous parlerais d'ailleurs de Pigalle, la nuit lundi prochain) et c'est M6 qui arrive en seconde position au top des chaînes qui font des efforts. On pourrait parler de France 2 mais à part Fais pas ci, fais pas ça... Et comme ils ont décidé d'annuler Clara Sheller qui était excellente... Bref. M6 c'est donc Les Bleus, une série vraiment sympa dont je vous ai déjà parlé, c'est Les Bougon (mais on attend toujours la suite) et c'était Kaamelott. Je passe sur tout ce qu'ils ont pu produire de pitoyable (Eternelle...) Il faudra désormais compter sur L'Internat mais, sans vouloir la rabaisser, il s'agit quand même de l'adaptation d'une série espagnole à succès qui en est à sa 6ème saison, El Internado. Ca commence ce soir... avec trois épisodes bien entendu !

Très franchement, le premier épisode ne m'a pas du tout convaincu. On y retrouve tous les clichés possibles des mauvaises séries françaises avec des personnages stéréotypés à l'extrême, des scènes d'une lenteur affligeante et une ambiance absolument pas mystèrieuse alors qu'elle est censée l'être. Le second épisode rectifie le tir même si c'est pas encore ça. En revanche, à partir du troisième épisode, on se laisse prendre au jeu, il y a des rebondissements toutes les dix minutes, pas toujours crédibles certes mais ce n'est pas le but de ce genre de séries à la limite du fantastique, et on devient rapidement accro ! Oui oui, vous avez bien lu. L'Internat est une série addictive et je me suis surpris à avoir hâte de voir l'épisode suivant. Et pour tout vous dire, je n'ai pas encore pu visionner les deux derniers épisodes de la saison 1 (qui en compte 10) et je suis totalement à cran ! Mais qu'est-ce qui s'est passé bon sang ? La vérité, c'est que L'Internat me rappelle un peu toutes ces séries australiennes du milieu des années 90 type Les Maîtres des Sortilèges, Les Nomades du Futur, Océane, Chasseurs d'étoiles... qui étaient vachement bien foutues et prenantes mais qui s'adressaient essentiellement aux ados. L'Internat a le cul entre deux chaises car on ne peut pas dire que ce soit une série familiale (certaines images risqueraient de choquer les enfants), on ne peut pas dire non plus que ce soit une série pour ados car les personnages adultes sont nombreux et permettent de ratisser plus large, et on ne peut pas non plus la considérer comme une série s'adressant à un public mature, ça ne vole quand même pas bien haut. Ce gros défaut-là risque de lui porter préjudice. Sa seule chance, c'est que, comme moi, un certain nombre d'adultes repensent à leurs lectures de jeunesse type Le Club des Cinq, Les Six Compagnons (...) et retombent dans cette nostalgie. Il y a un peu de ça aussi dans L'Internat.

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Parmi ses points forts, il y a les acteurs. Du coté des adultes, on retrouve Guillaume Cramoisan en directeur sympathique mais bien secret. Il est charmant, il plaira à la ménagère. Sa femme, péte-sec, est jouée par Valérie Kaprisky et ses grosses lèvres. L'intendante est interprétée par Bernadette Lafont, égale à elle-même : attachante malgré sa voix d'outre-tombe. Et puis Laure Marsac campe le rôle d'une femme échappée d'un hôpital psychiatrique qui n'atterrit pas à Valgrange par hasard. C'est sans doute celle qui s'en sort le moins bien. Elle minaude trop. Tous les adultes de la série possèdent au moins un secret et ils se révélent au fur et à mesure. Du coté des ados, deux filles et deux garçons. Les noms des acteurs ne vous diront rien mais ils sont en tous cas très convaincants, d'autant que pour une fois, ce sont des ados "réels". Ils parlent comme les ados d'aujourd'hui. On s'attache rapidement à eux malgré les clichés. Une petite nouvelle débarque lors du 8ème épisode et relance l'intérêt. Mais je n'en dirai pas plus... Enfin, il y a les enfants mais un seul sort vraiment du lot : une petite fille très mignonne mais un peu flippante parfois. Casting globalement réussi donc. Autre point fort : il se passe toujours quelque chose ! On ne se contente pas d'un cliffhanger en fin d'épisode. Il y en a plein, régulièrement, et le pire, c'est qu'on ne les voit pas forcément venir. Là encore, je ne peux pas en dire plus mais les surprises sont nombreuses.    

Parmi ses points faibles, l'ambiance inquiétante de l'internat aurait pu être davantage travaillée. Dans les deux premiers épisodes, toujours eux, on peut même dire qu'il n'y a rien qui fasse flipper. Ca vient ensuite et j'avoue qu'en visionnant certains épisodes tard le soir, j'ai eu quelques frissons. Le château en lui même ne fait pas peur. En revanche, la forêt qui l'entoure un peu plus. Et puis ce que j'adore, c'est tous les passages secrets : les placards à double fond, les faux murs, les tunnels souterrains... C'est excitant ! Au niveau de la réalisation, rien de bien innovant. On n'ose pas assez. Quant à la musique, peut mieux faire là aussi.

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Verdict ?

Vous auriez tort de ne pas jeter un oeil à L'Internat et si vous le faites, vous auriez tort de ne pas aller au moins jusqu'au 3ème épisode, puisque c'est à partir de là que les choses sérieuses commencent et que les intrigues ainsi que les personnages révèlent leurs vrais potentiels. La série ne brille pas par sa grande qualité d'écriture ni par ses acteurs, corrects mais pas excellents. Mais elle est étrangement addictive et elle ne ressemble à aucune autres séries françaises, ni américaines d'ailleurs.