25 octobre 2011

Ringer [1x 05]

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Par UglyFrenchBoy

A Whole New Kind Of Bitch // 1 710 000 tlsp.

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   On peut pardonner beaucoup de choses à Ringer. Au vu de la genèse du projet, de son diffuseur et surtout de son interprète principale (dont l’aura et le capital sympathie sont incommensurables), il est facile de faire abstraction de quelques maladresses. Suite à un récent débat avec Btvs27, celui-ci est venu à la conclusion suivante: « La surconsommation des séries a eu le mauvais effet d’annihiler toute patience aux spectateurs et tout repère. A force de tout voir tout de suite, ils attendent de chaque série la même chose ». Une question se pose alors : qu’attendre de Ringer ? Un thriller efficace ? Pas vraiment. Une série novatrice ? L’originalité n’est pas l’une de ses qualités. Un divertissement de bonne facture ? Il est certes encore trop tôt pour se prononcer, après tout seuls six épisodes ont été diffusés, mais à ce stade, celui-ci a eu moins le mérite de créer une forme de frustration à chaque fin d’épisode. Un bon cliffangher peut-il pour autant pallier des défauts toujours présents ? J’ai décidé d’arrêter de me lamenter chaque semaine sur le dispositif du loft de Siobhan (au moins il a le mérite de rester identique depuis l’épisode 2)  ou de la réalisation et de me concentrer sur d’autres points, à commencer par le contenu…

   Là où le bât blesse c’est l’incohérence de certains éléments importants, et dans le cas suivant un élément presque fondamental. Selon Sarah Michelle Gellar, le script du pilote de Ringer était déjà écrit en 2009. Une série en préparation depuis deux ans et qui repose sur l’usurpation d’identité entre deux jumelles n’a semble-t-il pas prévu de signe distinctif entre les deux sœurs. Il semble évident que tôt ou tard celui-ci aurait été exploité. Les producteurs, eux, assurent que depuis le début un plan sur trois saisons a été élaboré. On ne peut donc être que déçu par cette brûlure au poignet dans un cours de cuisine particulièrement étonnante puisque ni Andrew ni Henry n’ont remarqué son absence au bras de Bridget. Sans compter que cette facilité scénaristique a été totalement improvisée à la dernière minute : le bras droit de Siobhan n’a aucune trace dans ses scènes parisiennes comme l’atteste la capture d’écran ci-dessous…

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   Abstraction faite de cette incohérence, place à l’inconséquence des personnages. Dans ce cinquième épisode, notre chère Bridget doit ainsi faire face à deux nouvelles menaces. En plus de la mafia sur son dos et d’un agent du FBI pour le moins entreprenant, elle doit affronter sa belle-fille, Juliet. Celle que l’on avait laissée dans les bras de sa belle-mère à côté d’une cuvette de toilette (présentée de la sorte la scène peut paraître tout sauf touchante…), revient à la charge plus provocante et indisciplinée que jamais. La raison ? La demoiselle a appris de la bouche de sa mère qu’Andrew avait une liaison avec Siobhan alors qu’ils étaient toujours mariés. Le jeu du « Je te déteste moi non plus » devient lassant surtout quand la résolution du problème se résume à quelques mots, pas forcément convaincants, et surtout déjà formulés. A croire qu’entre le début et la fin de l’épisode Bridget est devenue persuasive puisqu’il en sera de même avec Gemma, la « deuxième menace » donc, désormais au courant de la liaison entre son mari et Siobhan. On notera qu’une relation adultérine de plusieurs années a été découverte seulement deux semaines après l’arrivée de Bridget dans la peau de sa sœur. A croire que le mensonge n’est pas son fort.

   Tout au long de l’épisode, Gemma va changer d’attitude et d’approche. D’abord, elle réfute l’identité de Bridget, puis accepte un déjeuner avec elle avant d’y couper court et de l’envoyer paitre. Puis, se rend à son domicile et lui propose de coucher avec Henry pour prouver son infidélité. Ainsi, elle pourra empêcher son futur ex-mari de toucher le moindre centime ou d’obtenir la garde des enfants (toujours absents à l’écran) puisque les deux tourtereaux avaient prévu une  « infidelity clause » sur leur contrat prénuptial. La rousse s’improvise donc demi-proxénète. Après une première tentative d’excuses vaines, Bridget rencontre son nouveau sponsor. A nouveau un lien est fait entre l’addiction aux substances illicites et sa situation d’usurpation d’identité. Le parallèle n’est pas toujours évident à comprendre, mais le conseil prodigué est: quel que soit le choix à faire, il faut toujours garder sa dignité. Siobhan, elle, ne l’aurait pas appliqué n’hésitant pas à utiliser son corps pour parvenir à ses fins, comme en témoigne ses prouesses parisiennes. Même si on ne sait pas si Bridget fait réellement l’amour avec Andrew, celle-ci ressent, à la différence, des sentiments à son égard. Dans le cas présent, elle décide donc de rester « digne » et refuse le chantage de Gemma. En lieu et place, elle propose de nouvelles excuses, à peu près similaires à celles faites quelques heures auparavant. Curieusement, celles-ci ont l’effet escompté. Gemma renonce… Du moins jusqu’à ce qu’elle apprenne que Henry a été mis au courant de ses intentions. Un cercle sans fin ? Pas vraiment, l’éventuel décès de la jeune femme viendra clore cet épisode. Mais Gemma est-elle vraiment morte ? L’actrice Tara Summers n’étant, contrairement à ce que l’on aurait pu penser, pas régulière, une réponse affirmative est envisagée. Force est de constater que les scénaristes ont réussi à attiser notre curiosité pour une semaine supplémentaire et le téléspectateur se pose de nouvelles questions. N’est-ce finalement pas là les prémices d’un divertissement réussi ?  

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// Bilan // Toujours des incohérences. Les relations entre les personnages sont souvent mal exploitées. Mais, au milieu de ça, ou du moins à la fin, les scénaristes proposent une nouvelle surprise. La série a au moins le mérite de réussir la plupart de ses cliffanghers. A ce stade, ces ruses permettent de faire abstractions des maladresses. Jusqu’à quand ?

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03 octobre 2011

Ringer [1x 03]

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Par UglyFrenchBoy

If You Ever Want A French Lesson // 1 980 000 tlsp.

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   Entre l'hommage à l'atmosphère « film noir » et le soap, Ringer pouvait déconcerter au cours de ses deux premiers épisodes.  Désormais, les « craintes » de voir CW insuffler ses recettes éculées dans le projet de CBS se confirment. Malgré des personnages plus âgés que la moyenne de ses téléspectateurs, le network continue de distiller les éléments visuels marquants de ses shows ciblant les plus jeunes, comme Gossip Girl et 90210. La venue de Bridget pour les essayages de robes en est le parfait exemple. Au cours du précédent épisode, la reconstitution grotesque en studio  du loft de Siobhan, son éclairage peu naturel et une « nouvelle » image aux couleurs plus chaudes et contrastées, voire presque saturées, marquaient une rupture. L’effet « glow » (semi-private joke) est lui aussi un peu plus accentué. Dans ma précédente critique, j’avais même évoqué le presque halo autour de Gemma lors d’une scène digne des Feux de l’amour où Tara Summers n’était pas sans rappeler Michelle Stafford. Ironie du sort, cette dernière fait une brève apparition dans ce nouvel épisode. Un clin d’œil au célèbre soap ? En attendant, Ringer peine à trouver une identité visuelle. Si la forme palliait dans un premier temps les faiblesses d’écriture, il est désormais temps de s’intéresser au fond…

   Tandis que les personnages secondaires restent fidèles à ce que l’on attend d’eux, Bodaway Macawi machiavélique, Jaime Murray  manipulatrice  et provocante sous les traits d’Olivia Charles et  Juliet… insignifiante, l’évolution de Bridget Kelly constitue le point fort de la série. Son adaptation dans un milieu qui lui est totalement étranger est progressive. Dès le pilote, elle est contrainte de développer un sens de l’observation aiguisé. Désormais, elle sait poser les bonnes questions à ses interlocuteurs et, par chance, son statut de femme enceinte excuse ses confusions. Surtout, pour la première fois, Bridget n’est plus passive. Il aura fallu attendre ce troisième épisode pour que Sarah Michelle Gellar insuffle à son personnage une certaine force de caractère. Je faisais partie de ceux qui s’attendaient à ce que Bridget se transforme en Buffy à la moindre menace. Plus besoin d’une force physique exceptionnelle ou de combats chorégraphiés, notre héroïne s’affirme enfin et utilise un agent du FBI en guise d’assurance face à son corbeau.

   En parallèle, elle semble s’avouer des sentiments pour Andrew.  Une relation qui, moralement, est presque dérangeante. Prendre la place de sa sœur supposée morte est une chose, mais vivre également sa vie de couple et la sauver alors que  celle-ci semblait atteindre un point de non-retour (un cabinet d’avocat a été chargé d’effectuer les premières démarches en vue d’un divorce) en est une autre. La fin de l’épisode et la scène illustrée par le « Glory Box » de Portishead illustre parfaitement les intentions de Bridget qui ne se contente plus de rattraper toutes les erreurs de  Siobhan. En témoigne l’évocateur « I guess I'm just trying to look at things with a new appreciation ». Et si l’on en faisait de même avec Ringer ?

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// Bilan // Si tant est que l'on puisse faire abstraction de sa forme, Ringer commence à offrir matière à s'intéresser à son fond. Les personnages secondaires restent anecdotiques et archétypaux à ce stade, mais le double rôle de l'héroïne gagne en épaisseur. Ce troisième épisode soulève davantage de questions et promet ainsi de susciter notre intérêt pour encore quelques temps. 

23 septembre 2011

Ringer [1x 02]

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par UglyFrenchBoy

She's Ruining Everything // 1 940 000 tlsp.

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   D’aucuns ont reproché à Ringer un début « poussif », auquel le terme « introductif » aurait été plus adéquat.  Pour ce deuxième épisode, la série donne raison à ses détracteurs, si un tant soit peu une œuvre peut avoir des « détracteurs » après seulement deux semaines d’existence. Force est de constater que le pilote de la série a divisé le public, tout comme cette suite. Mais si certains peuvent voir une progression ou une régression, il est surtout ici question de rupture. Sans doute livré clé en main à The CW par CBS, pour laquelle la série été développée en premier lieu, Ringer est désormais exclusivement entre celles du diffuseur de 90210, des Frères Scott et de Gossip Girl. L’aura que possédait le pilote a disparu au profit d’une production dans la lignée de cette dernière. Quant à l’atmosphère et aux références à Douglas Sirk / Otto Preminger et Alfred Hitchcok, ils laissent leur place à une inspiration pour le travail de  Josh Schwartz et Stéphanie Savage. On ne peut qu’exprimer une certaine forme de déception.

   Le changement de network, même si tous deux appartiennent au même groupe, se ressent en premier lieu à l’image. La directrice de la photographie du premier épisode n’est désormais plus créditée. Richard Shepard, réalisateur lauréat d’un Emmy Award, cède sa place (comme il est souvent coutume pour un réalisateur de pilote) à une nouvelle équipe dont les CV semblent témoigner une aptitude à s’adapter à un cahier de charges strict plutôt qu’à celle d’imprégner une quelconque identité visuelle. Résultat, She's Ruining Everything (notons le titre évocateur) semble sorti tout droit du daytime. L’influence soap est présente, les personnages sont presque nimbés de lumière lors de la cocktail party. Certes, on ne distingue pas encore le halo qui caractérise si bien Les Feux de l’amour, mais la confrontation entre Henry et Gemma (et les reflets dans la chevelure rousse de celle-ci) pourrait se passer telle quelle à Genoa City. Comme tout bon soap qui se respecte, le rythme est ici assez lent. L’épisode ne répond guère aux questions soulevées par l’énigmatique Siobhan à Paris et son coup de fil lapidaire à la fin du pilote, et se focalise sur le corps de l’agresseur de Bridget à New York. Les premières réactions du public reprochent d’ailleurs une intrigue quasi exclusivement centrée sur celui-ci, ou du moins ce qu’il en reste. Je dirais cependant que les conséquences de l’acte de l’héroïne constituent l’atout majeur de l’épisode. Généralement, dans le cas d’un meurtre, savoir ce que devient le corps de la victime se traduit par une ellipse. Si l’on regrette que la culpabilité ne soit que si brièvement exprimée, la réaction de Bridget n’en est pas moins intéressante. On se retrouve à avoir de l’empathie et exprimer en même temps une forme d’angoisse, au point où nos réactions peuvent se confondre avec celle de l’héroïne.  On regrettera néanmoins les seconds rôles croisés sur sa route, en particulièrement un Nestor Carbonell qui n’a pour seul intérêt que l’application de son eye liner.

   Là où l’influence des cols blancs de The CW se ressent est dans un équilibre son / image très différent du pilote, une introduction trop explicative, la répétition de scènes diffusées 10 minutes auparavant en flash, sans doute pour situer le téléspectateur somnolant, ou encore l’étalage de la richesse et toutes les caricatures inhérentes à cet exercice empruntés à Gossip Girl. Le loft utilisé lors du premier épisode, réellement tourné à New York, est ici vulgairement reconstitué en studio, sans le moindre miroir (dont la présence massive était pourtant liée au thème de la série) et avec une chambre à coucher qui ne respecte ni la disposition, ni le style de celle occupée en premier lieu.

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// Bilan // Sarah Michelle Gellar fait preuve d’une classe folle dans un simple "Je voudrais retirer de l’argent s’il vous plait" lors de son escapade parisienne. Un Paris qui se résume à l’accueil d’une banque mais à lui seul plus crédible que le déménagement, en coulisses, de la série de la côte Est pour s’installer à Los Angeles. En changeant de lieux de tournage, Ringer dépayse involontairement ses téléspectateurs. Une transposition décevante à l’écran qui trouve ici une résonance toute particulière…

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18 septembre 2011

Ringer [Pilot - Les Références]

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 Parce que Ringer voit double, voici une deuxième analyse de la série après la mienne (ICI), signée UglyFrenchBoy, adepte de Sarah Michelle Gellar et de Buffy, qui se propose de nous éclairer sur les nombreuses réfèrences contenues dans ce pilote. Bonne lecture !


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« Ce qui est intéressant dans un miroir, c'est qu'il ne montre pas l'individu tel qu'il est, mais son opposé »

Douglas Sirk

 Miroirs

   Et si le pilote de Ringer était le plus audacieux depuis la courte existence de la CW ? À contre-courant du clinquant ambiant, la série marquant le retour de Sarah Michelle Gellar sur petit écran mise sur une réalisation sobre et sur l’influence « néo-film noir » alliée à celle d’un vieux cinéma européen. Mais est-il réellement question d’audace ou de naïveté de la part de Leslie Moonves, à la tête de CBS, d’avoir pu imaginer qu’un thriller feuilletonnant,  avec une héroïne âgée de plus de trente ans, pouvait avoir sa place sur un network dont le cœur de cible est particulièrement jeune ?

   Le pilote de Ringer ne répond d’ailleurs à aucune règle marketing, au-delà du fait qu’il ne s’agit ni d’une adaptation de livre ni d’un remake. Il déroge à la politique du ciel bleu, aux couleurs vives, à la bande-son privilégiant des titres du format Top40 et il ne voit aucun de ses rôles réguliers en petite tenue dans le premier quart d’heure. Mieux, on évite même une vue du torse de Ioan Gruffudd  avant et après sa douche. Une pudeur inattendue à laquelle s’ajoutent une ambiance, une atmosphère et plus précisément des références aux années 50 et 60. Lors de la scène d’ouverture, Bridget lance accidentellement la lecture de I fall to pieces de Patsy Cline. Un autre titre de l’épisode sera la reprise de 25 or 6 to 4, dont la version originale date de 1969. Quant au We don’t run de Sarah Blasko, on retiendra sa contrebasse sortie tout droit d’un morceau de Shirley Bassey au service d’une pop plus « contemporaine ».

   C’est justement l’alliance d’un cadre moderne et d’une atmosphère d’un autre temps qui qualifie le mieux cet épisode d’introduction. Au-delà de la bande-son, le vintage s’invite également dans le dressing de Siobhan. Entre les « lunettes-mouches », une robe Empire rouge lors de la soirée à l’American Museum of Natural History et un goût prononcé pour le carré en twill de soie, le personnage pourrait sortir tout droit d’un film de Stanley Donen, de Blake Edwards ou encore d’Alfred Hitchcock.

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   Les références au maître du suspense ne se résument pas à une Sarah Michelle Gellar aux faux airs de Vera Miles, mais à des réminiscences de Sueurs froides (course poursuite en ouverture / une femme prenant l’identité d’une autre) et de la Mort aux trousses. Quant à la scène du bateau, elle fait office d’hommage au procédé utilisé, entre autres, par le réalisateur des Oiseaux (voir montage ci-dessus). Tourné en bassin avec pour fond une simple toile, ce contrepoint visuel aux autres scènes plus « modernes », accompagné d’un jeu expressément caricatural, a été considéré à tort comme le résultat d’un prétendu manque de budget. Comme si  CBS Television Studios et ABC Studios (seul ce premier restera producteur pour les autres épisodes) n’avaient pas les moyens d’utiliser un fond vert ou même un vrai tournage en mer, les plans aériens ayant été pris, eux, en extérieur.  Après tout, le pilote tel quel a été validé à l’origine pour occuper la grille des programmes de CBS. Un parti pris artistique donc, signé Richard Shepard, réalisateur lauréat d’un Emmy Award pour la réalisation du pilote de Ugly Betty, qui se veut également une référence à Otto Preminger. 

   Le réalisateur d'origine autrichienne n’est pas le seul européen à avoir servi de modèle. L’utilisation massive de miroirs (chaque pièce du loft de Siobhan en possède au moins un), et plus globalement de reflets, n’est pas sans évoquer Douglas Sirk. Même si le genre est totalement différent, Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy  (voir montage ci-dessous) pourrait lui aussi s’ajouter à la liste des références, notamment pour le plan de Catherine Deneuve devant son portrait. Le film français s’amuse à jouer sur la symétrie, à l’instar de Ringer qui aime proposer, souvent en arrière plan,  plusieurs éléments en duo, de la disposition d’objets dans la penthouse en construction, au logo du motel dans le Wyoming, sans oublier les chaussures dont chaque paire est présentée distinctement dans le dressing de Siobhan.

Double

    En convoquant le souvenir récurrent d’œuvres sorties il y a maintenant de ça 5 à 6 décennies, ce premier épisode confère à Ringer une indéniable singularité. Un côté « rétro / moderne » qui ne peut certes pas pallier les quelques faiblesses d’écriture, mais offrir indéniablement le pilote le plus référencé à The CW dans sa courte histoire. Sa fin, aussi prévisible qu’intrigante, suffit à lancer le  prochain épisode. Après tout, n’est-ce pas la finalité d’un pilote ?

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16 septembre 2011

Ringer [Pilot]

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Pilot // 2 840 000 tlsp.

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What About ?

 Bridget, une ex-strip-teaseuse et ex-addict qui bénéficie du programme de protection des témoins, fuit ses obligations dans une affaire de meurtre en prenant l’identité de sa riche sœur jumelle, Siobhan. Mais elle va très vite découvrir que celle-ci a également des problèmes et est traquée...

Who's Who ?

Créée par Eric C. Charmelo et Nicole Snyder (Supernatural). Avec Sarah Michelle Gellar (Buffy), Kristofer Polaha (North ShoreLife Unexpected), Nestor Carbonell (LostSusan!), Ioan Gruffudd (Les 4 Fantastiques) ...

So What ?

    Entre les soeurs échangées à la naissance (Switched At Birth), les soeurs séparées à la naissance (The Lying Game) et maintenant Ringer, il ne fait pas bon avoir une soeur jumelle à la télévision ! Cependant, cette fascination pour les alter-egos n'est pas nouvelle. Elle a souvent inspiré le cinéma -on ne citera pas le film français Les Jolies Choses- mais aussi la télévision -on ne citera pas les jumeaux et jumelles maléfiques célèbres... oh et puis si : tendre pensée pour les Ben et Derek de Sunset Beach et ces chères soeurs Olsen, qui nous ont offert tant de téléfilms poignants et inoubliables- mais plutôt que de prendre pour référence des soaps bas de gamme, les créateurs de Ringer préférent citer les films des années 60 et 70 et Bette Midler, une des icônes de l'époque. On retrouve effectivement dans ce pilote, si ce n'est des clins d'oeil, en tous cas des emprunts au genre du film noir. J'en profite donc expressément pour évoquer cette séquence qui fait tant parler sur internet et les réseaux sociaux, plus connue sous le nom de la "boat scene", en général précédé d'un "terrible" ou d'un "hideous". Clairement, ce passage du pilote est embarrassant et indéfendable. Siobhan a beau donner l'impression de sortir tout droit d'un classique de Hitchcock, on est en 2011 et des effets-spéciaux aussi médiocres sont impardonnables. Même V et ses fameux fonds verts s'en sortaient mieux. C'est dire. Mais réduire Ringer à cette scène serait plus que réducteur et totalement injuste. Elle vaut mieux que ça, surtout si l'on part du principe qu'il s'agit d'un parti pris artistique...

   Il faut d'abord replacer la série dans son contexte : d'abord développé puis tourné pour CBS, ce pilote a finalement atterri dans le lecteur DVD du nouveau patron de la CW (filiale de CBS), qui a vu en lui un fort potentiel et qui en a donc commandé une première saison. Il aurait effectivement eu tort de se priver de Ringer pour sa rentrée. Le retour de Sarah Michelle Gellar à la télévision, huit ans après la fin de Buffy, était un argument marketing en or. Cela a fait beaucoup parler "dans le milieu". Est-ce que le grand public était vraiment impatient de retrouver l'actrice ? C'est moins sûr. Ringer participe également à la montée en gamme de la chaîne. Visuellement, si elle ne ressemble pas vraiment à une série de CBS, elle bénéficie en tous cas clairement de plus grands moyens que ses consoeurs de la CW (à voir si ce sera toujours le cas dans les épisodes suivants) et d'une réalisation plus soignée sur un thème bien plus sombre que les querelles des pisseuses de Gossip Girl et les tracas ô combien futiles des riches héros de 90210 (à partir de quel âge vais-je pouvoir me faire des injections de botox ?). Ringer passerait donc presque pour un chef d'oeuvre à coté ! Elle use pourtant de ficelles propres aux soaps (les coucheries et les tromperies, c'est un signe qui ne... trompe pas) et lorgne du coté de Nikita lors de ses quelques scènes d'action plutôt prenantes. On adore quand Sarah Michelle Gellar se bat de toute façon...

   Une question me taraude : aurais-je détesté Ringer si son interpréte n'avait pas été Miss Gellar ? Disons que j'aurais certainement été moins indulgent. Le scénario se révèle souvent maladroit et ne parvient pas totalement à rendre crédible cette histoire complexe, extrêmement prometteuse, mais dont les prémices restent suspects. On a par exemple du mal à croire que Bridget soit assez bête pour penser sa soeur suicidée ou noyée ! Elle ne semble d'ailleurs pas plus bouleversée que ça. Il manquait peut-être une scène plus axée sur l'émotion. Sarah Michelle Gellar fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui a donné. On sent qu'elle prend du plaisir à interpréter les deux femmes, et elle leur offre quelques nuances. D'ailleurs, en réalité, elle ne joue par deux mais trois rôles : Bridget, Siobhan et Bridget qui fait sa Siobhan. Sa performance, aussi imparfaite soit-elle, mérite d'être saluée. Je suis persuadé que son interprétation se bonifiera avec le temps (et je vous arrête tout de suite, je ne suis pas fan devant l'éternel d'elle, je l'aime juste bien). Les héroïnes sont moins caricaturales que prévu et ça c'est une excellente nouvelle. Bridget est forcément plus attachante mais je suis persuadé que la vapeur peut se renverser. On ne connaît finalement que les grandes lignes de leurs passés respectifs. Il y a encore tant à apprendre... Cette perspective est très enthousiasmante. En revanche, les personnages secondaires sont beaucoup -beaucoup- moins attirants. L'agent du FBI, incarné par l'excellent Nestor Carbonell, peut à la limite s'en sortir grâce à son duo avec Bridget, plutôt intéressant; mais le mari de Siobhan est déjà complètement détestable -mais vivre avec une telle femme, ça doit gravement atteindre- tandis qu'Henry, l'amant de Siobhan et mari de sa meilleure amie, ne semble posséder aucun relief. C'est probablement la faute de Kristoffer Polaha, un piètre acteur qui de la chance de trouver encore du boulot. 

   A mi-chemin entre un soap bancal et un film noir trop léger, Ringer ne parvient pas totalement à se trouver une identité propre au cours de ce pilote tantôt passionnant, tantôt ennuyeux, qui repose entièrement sur les épaules de Sarah Michelle Gellar. On la dévore des yeux, on la scrute, on est heureux de la retrouver, mais on se dit qu'elle aurait peut-être mérité mieux et ailleurs. Malgré toutes ses imperfections, ce premier épisode a réussi sa mission la plus importante : nous donner envie de revenir les semaines suivantes pour comprendre qui sont vraiment ces deux femmes, quelles sont leurs motivations, leurs failles et ce que leurs destins, intimement liés, leur réservent. A défaut d'être conquis, je suis impatient de voir la suite.

What Chance ?

 Partie comme elle est, grandement handicapée par son mauvais lead-in, qui n'est en plus pas du tout compatible (90210), Ringer ne sera pas le miracle tant espéré par la CW en cette nouvelle saison. Néanmoins, ses chances d'obtenir une saison complète puis une saison 2 sont importantes, surtout si elle se maintient à ce niveau. 

How ?

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05 juillet 2011

[Saison 2011/2012 - Dramas] 5- Ringer

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What ?

 Une jeune femme troublée, Bridget, tente de fuir la mafia en prenant l’identité de sa riche sœur jumelle, Siobhan. Mais elle va très vite découvrir que celle-ci a également des problèmes et est recherchée...

Who ?

Créée par Eric C. Charmelo et Nicole Snyder (Supernatural). Avec Sarah Michelle Gellar (Buffy), Kristofer Polaha (North Shore, Life Unexpected), Nestor Carbonell (Lost, Susan!), Ioan Gruffudd (Les 4 Fantastiques) ...

Where ?

The CW.

When ?

Le mardi à 21h après 90210 dès le 13 Septembre.

Why ?

Parce que Sarah Michelle Gellar, évidemment. Je ne suis pas un fan acharné de l'actrice mais elle a du talent et ça devenait embarrassant de la voir succèder les flops au cinéma (enfin surtout en Direct To DVD). Un retour en grâce à la télévision ne lui ferait pas de mal ! Elle est en plus ici productrice exécutive, elle devrait donc avoir son mot à dire sur les intrigues (et toucher un plus gros chèque). Parce que CBS. Vous le savez sans doute déjà mais la série a été développée à la base pour la chaîne, qui en a commandé un pilote, qui a jugé le résultat bon mais pas en accord avec sa ligne éditoriale. En soit, c'est un point positif ! Tout ce qui ne rentre pas dans le moule CBS vaut le coup d'oeil, par principe. Parce que l'idée de départ laisse présager une série très feuilletonnante et il en faut ! Parce que Nikita a un peu échoué dans sa mission la saison dernière, alors on compte beaucoup sur cette nouvelle héroïne bad ass au passé trouble et au destin qui semble l'être tout autant pour nous passionner. Parce que Nestor Carbonell, Richard dans Lost, est de retour. 

Why Not ?

Parce qu'il y a toujours un petit coté ridicule à voir une même actrice jouer le rôle de soeurs jumelles. Ca sonne en général un peu faux. A Sarah d'éviter cela... Parce que Kristofer Polaha n'est pas, à mon sens, un bon acteur. C'est assez pénible de le voir jouer, encore plus quand il s'aventure dans un registre plus sérieux j'imagine. Je ne demande qu'à être agréablement surpris ! Parce que la CW pourrait bien édulcorer le concept de base maintenant que la série lui appartient, et parce qu'elle a moins de moyen que CBS. Il faut s'attendre à une différence de rendu entre le pilote et les épisodes suivants. ABC Studios, qui a co-produit le pilote, s'est en plus retiré du projet. Parce que Ringer aura pour lead-in 90210, soit une incompatibilité particulièrement prononcée, sans compter la case, qui est historiquement celle des plus gros flops de la chaîne. 

How ?

What About You ?

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