08 juillet 2010

Breaking Bad [3x 10]

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Fly // 1 2oo ooo tlsp.

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   Ce qui est fantastique et admirable avec cet épisode conceptuel de Breaking Bad, qui tourne essentiellement autour de l'extermination d'une mouche, c'est qu'il prête à mille et une interprétations. J'ai beau réfléchir, je ne vois aucune autre série actuelle qui puisse se permettre cela, ou qui s'en donne le droit du moins. Ainsi, à la manière d'un Down magistral la saison dernière, nos deux héros se retrouvent en huis-clos, pas dans le désert cette fois mais dans leur laboratoire high-tech. Alors forcément, les images sont moins belles mais la réalisation, en revanche, n'est pas moins inspirée. Encore des plans originaux et incroyables au service d'une intrigue métaphorique riche de sens.

   Cette mouche alors, que représente-t-elle ? La signification la plus simple, mais pas nécessairement la plus juste, serait de la considérer comme une manifestation du subconscient de Walt ou plus particulièrement de sa culpabilité. Celle qu'il a envers sa famille d'abord, pour avoir tout détruit alors que tout aurait pu être parfait, comme il le dit. Mais celle aussi envers Jane, qu'il a laissé mourir, son père et bien-sûr Jesse. C'était important de revenir sur cet événement au combien marquant de la fin de la saison passée, qui était un peu passé aux oubliettes sans que l'on s'en soucie vraiment. Si l'on poursuit la métaphore, on peut en conclure que si Walt est incapable de reprendre le travail et laisser cette mouche vaquer à ses occupations, c'est parce qu'il est lui-même incapable de produite à nouveau de la drogue avec le poids de cette énorme culpabilité sur ses épaules. Mais pourquoi tout lui revient maintenant ? Est-ce sa nouvelle proximité avec Jesse ? Dans tous les cas, il aurait pu se débarrasser d'une infime partie de sa culpabilité en se confessant à Jesse. Il ne l'a pas fait. Par conséquent, cette mouche, ou plutôt une mouche, revient le hanter chez lui et le hantera encore jusqu'à la fin de ses jours. On comprend alors mieux sa soudaine fulgurance suicidaire à l'épisode précédent.

   Mais on peut voir les choses sous un autre angle, même si le fond du problème reste le même et que les deux interprétations peuvent cohabiter. La mouche pourrait représenter Jesse, celui qui a toujours empêché le business de Walt de véritablement prospérer; celui qui lui a toujours mis des bâtons dans les roues mais pas toujours intentionnellement; le grain de sable qui fait dérailler toute la machine en somme; la mouche qui contamine tout l'environnement. Et peut-être encore plus aujourd'hui, alors que Walt a découvert les plans de Gus ainsi que cette anomalie dans le système qui s'explique par le vol de Jesse de quelques quantités de drogue. Même s'il n'est pas sûr à 100% que c'est lui le responsable, le doute s'est immiscé dans son esprit et il sait de toute façon qu'il ne peut pas lui faire confiance. Mais il sait aussi que c'est lui qui a embarqué Jesse à la base dans ce grand projet et qu'il a donc une très grande part de responsabilité dans tout ce qui leur arrive. C'est une mouche dont il ne pourra de toute façon jamais se débarrasser, sauf en la tuant. Irait-il jusque là ? Ironiquement, c'est Jesse qui tue la mouche. Preuve que s'il le voulait, il pourrait mettre fin de lui même à ce plan foireux.      

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// Bilan // Qu'importe la signification que l'on donne à cet épisode si spécial : il est la preuve vivante que Breaking Bad n'est définitivement pas une série comme les autres, qui ne nous quitte pas quand l'épisode est terminé, dont on ne peut se débarrasser. Breaking Bad, c'est la mouche. 

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02 juillet 2010

Tueurs En Séries [Episode du 2 Juillet 2010]

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Au programme cette semaine : le retour de Breaking Bad repoussée, Pretty Little Liars augmentée, le meurtre idéal par les fans d'Happy Town, une semaine très Dr. Who, sur le tournage de Coeur Océan et la bande-annonce d'Haven...

01 juillet 2010

Breaking Bad [3x 09]

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Kafkaesque // 1 61o ooo tlsp.

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  Kafkaesque ou l'épisode de la métamorphose. On croyait connaître les personnages de Breaking Bad par coeur mais ils réussissent pourtant encore à nous surprendre et à changer la donne. A force d'erreurs, j'ai fini par sous-estimer Walt. J'étais donc heureux de constater qu'il a tout compris au petit jeu de Gus. Cela fait de lui un adversaire et/ou un allié de taille. Walt donnait l'impression depuis quelques temps de ne plus faire le poids. La scène entre Gus et Walt était donc intense, sublimée par le jeu parfait des deux acteurs. Je sais que je me répéte mais je ne me lasse pas de l'écrire. La scène suivante était pas mal non plus car elle prouve que, malgré son intelligence et sa force de conviction, Walt reste détruit de l'intérieur, dévasté. Il a failli comettre l'irréparable dans une pulsion incontrôlable particulièrement effrayante. Son rapport à la mort est toujours aussi complexe et fascinant. Il a besoin de la tutoyer régulièrement pour se sentir vivant. Mais à force de la tester, ne prend-il pas le risque de l'embrasser définitivement ? Plus surprenante encore, l'attitude de Skyler, qui n'en finit pas de prendre de l'envergure. Elle n'est plus la femme à qui l'on ment. Elle est bien plus que ça, elle n'est plus dupe. Est-elle prête à renouer avec Walt ? C'est l'impression qu'elle donne. Mais ne veut-elle pas simplement se venger en lui soutirant le maximum d'argent possible ? Ca ne lui ressemble pas vraiment mais tout est possible après tout. En tous cas, elle a désormais tout compris de Walt. Leur couple passé, potentiel, en ressort grandi.

   Jesse s'ennuie toujours et devenir millionnaire n'y change rien. C'est peut-être même ça qui l'ennuie le plus. Il aime l'argent mais il aime le gagner à la sueur de son front. Au fin fond de sa cave, tout est trop routinier et trop facile. Il trouve donc la parade pour prendre un peu de bon temps : il manigance un détournement de méth avec l'aide de ses inénarables complices Badger et Skinny Pete qui, on le sait, feront tout foirer à un moment donné. On le reconnaît bien là, ma foi, le Jesse Pinkman. En revanche, de là à ce qu'il tente de vendre ses produits aux membres de son groupe de parole qui essayent justement de se détourner de la drogue... Ca je ne l'aurais pas imaginé. Je ne le pensais pas aussi dégueulasse. C'est une perspective alléchante.


// Bilan // Un épisode étonnant qui permet de relancer les intrigues vers de nouveaux horizons prometteurs.

24 juin 2010

Breaking Bad [3x 08]

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I See You // 1 78o ooo tlsp.

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   Après les dernières minutes du précédent épisode, magistrales et intenses, Breaking Bad avait besoin de souffler et l'a fait avec toute la subtilité et la pudeur qui l'incarnent. Alors que Hank est admis à l'hôpital, Jesse le quitte, heureux et soulagé de retrouver sa liberté même si son visage est toujours difforme, ce qui le rend particulièrement impressionnant. Ce court passage où il sourit dans la voiture, sur le chemin du départ, en répondant qu'il va bien, était saisissant et effrayant. On se retrouve tout à coup avec le Jesse d'avant Jane, d'avant le crash, et j'avais oublié à quel point il pouvait être irritant tout en restant attachant. Pendant tout l'épisode, en attendant que Walt ne revienne de l'hôpital, il s'occupe comme il peut en nous offrant quelques scènes de comédie dont seule Breaking Bad a le secret. Les caser dans un drama pur et dur relève de l'exploit. Vince Gilligan l'a fait (encore). J'ai particulièrement apprécié le moment où Jesse tente de se transformer en sumo. Et comme la série est aussi un plaisir des yeux, le contraste entre le rouge sang des murs du labo flambant neuf et la blouse jaune brillante de Jesse était superbe.

   Alors qu'on se serait imaginé que toute l'attention de l'épisode se porterait sur Hank, il n'apparaît pas une seule fois. Même à la toute fin, lorsqu'il est sur le point de se réveiller, son visage n'apparaît pas à l'écran. Juste sa main. C'est une belle manière de nous priver de sa présence directe tout comme sa famille en a été privée des heures durant. Et on ne fait pas partie de la famille. Pas vraiment. C'est le protocole, comme le dit le médecin. Une fois n'est pas coutume, c'est Marie qui bénéficiera du plus grand temps de parole, notamment dans un dialogue bouleversant où elle accuse les agents de la DEA de ne pas avoir fait leur boulot, de ne pas avoir protéger Hank comme ils auraient dû. Elle n'a pas tout à fait tort même si sa version des faits est incomplète. Betsy Brandt, en tous cas, est aussi bonne actrice que ses comparses. Content qu'elle ait pu le prouver. Les réactions de Skyler étaient intéressantes, notamment cette trève qu'elle entame avec Walt, faisant même preuve d'une certaine indulgence furtive. Je repense en particulier au moment où elle le fait taire avant qu'il ne se lance dans un de ses mensonges par un simple silence et une fuite. C'est fort. Ce que l'on retiendra des scènes de Walt, c'est d'abord sa confrontation avec l'un des cousins de Tuco désormais dépourvu de jambes. On ne nous épargne rien à travers une scène choquante mais nécessaire où la violence déborde des yeux du cousin, montrant à quel point sa haine est grande. Mais ce qui est parfaitement brillant, c'est le rôle de Gus. Cet homme ne cesse d'imposer et de gagner en charisme. Comme il le dit lui-même : il se cache à la vue de tous. Une belle phrase qui résume bien sa tactique. Il pourrait rester dans l'ombre mais au lieu de ça, il s'expose et prend des risques. Tout le monde est à mille lieux de le soupçonner de quoi que ce soit mais c'est toujours plus risqué de faire ce qu'il fait que de rester dans son coin. Au-delà de ça, il est encore plus manipulateur et sans pitié que l'on aurait pu l'imaginer. Son plan est admirable et on n'en connaît qu'une infime partie pour le moment !

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// Bilan // Devant un tel épisode, on ne peut que s'incliner. Breaking Bad atteint son apogée émotionnelle. La tragi-comédie a rarement connu plus bel ambassadeur à la télévision. 

17 juin 2010

Breaking Bad [3x 07]

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One Minute // 1 52o ooo tlsp.

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   Ce nouvel épisode de Breaking Bad figure parmi les plus violents. C'est peut-être même LE plus violent. La scène finale m'a beaucoup fait penser au film No Country For Old Men des frères Coen (un chef d'oeuvre) par sa tension incroyable, sa froideur à vous glacer le sang, son suspense... Les Cousins n'ont pas le charisme de Javier Bardem mais l'excellente réalisation donne de l'envergure aux personnages. A ce titre, la scène introductive de l'épisode dévoilant un passage marquant de leur enfance est parfaite et prend tout son sens à la fin de ces quarantes minutes éprouvantes. Même si on ne s'attend pas à ce que Hank meurt sur ce parking de supermarché par une balle entre les deux yeux, on craint quand même pour sa vie en se disant qu'après tout dans Breaking Bad tout est possible ! Son heure n'est effectivement pas venue mais je ne vois pas comment il pourrait s'en sortir au bout du compte. C'est dingue l'importance qu'a pris le personnage depuis la saison 1. Je me souviens d'une de ses premières scènes où il sermonnait Walt Jr., je crois, et où il m'avait paru complètement con. J'étais persuadé que je le détesterais. Aujourd'hui, c'est mon personnage préféré de la série. Il est passé par tous les états possibles au cours de l'épisode : de la colère impressionnante aux larmes dans les bras de Marie, en passant par le soulagement, la peur... Dean Norris a fait de l'excellent boulot. Il volerait presque la vedette à Bryan Cranston ces derniers temps.

   Le reste de l'épisode n'est pas sans rebondissements, surtout du coté de Walt et Jesse qui, enfin, se retrouvent. Ils sont à nouveau partenaires. Je n'y croyais plus. La scène la plus marquante pour eux est évidemment celle où Jesse fustige Walt en le rendant responsable de tous ses malheurs. Le jeune homme y va très fort et perd un peu pied. Certes, sa vie s'est largement compliquée depuis que Walt est entré dans sa vie mais d'abord parce qu'il l'a bien voulu au départ, ensuite parce qu'il a fait pas mal de conneries tout seul comme un grand et, quand il dit qu'il a tout perdu, c'est presque drôle. Hormis Jane et quelques "amis", il n'avait déjà plus rien avant de rencontrer Walt. Ca n'en est pas moins poignant quoiqu'il en soit. Aaron Paul est très juste. Et vole lui aussi la vedette à Bryan Cranston !

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// Bilan // Un épisode sacrément intense mais qui souffre, et ça devient une habitude, d'une première partie trop lente et limite ennuyeuse. Lorsque tout commence à s'emballer, c'est simplement magistral !


11 juin 2010

Breaking Bad [3x 06]

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Sunset //

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   Coucher de soleil sur les plaines du Nouveau-Mexique. C'est sans doute cette image, cette ambiance, dont on se souviendra quand la série sera terminée. D'une beauté inouïe. Breaking Bad filme ses paysages comme aucune autre série n'a su le faire. Les dernières scènes de l'épisode font inévitablement penser à "4 Days Out", la meilleure pièce de la série à ce jour selon moi. La destruction du van-laboratoire de nos compères, c'est la fin d'une histoire, assurément. La série aurait pu se terminer symboliquement là-dessus. Mais, heureusement, il reste encore des tas de choses à dire et à faire. Walt et Jesse les feront-ils ensemble ? Il semblerait que l'idée d'une nouvelle collaboration s'éloigne de plus en plus. Autant Walt semble bien parti pour s'en sortir, grâce à son nouveau labo et son nouvel assistant fou de chimie (qui ne m'a pas fait particulièrement bonne impression), autant c'est très mal partie pour Jesse qui n'a rien trouvé de mieux à faire que d'appeller ses potes débilos Badger et Skinny Pete pour lancer un nouveau business. Comment peut-il encore leur faire confiance ? Il doit être vraiment désespéré. Sa bêtise devient presque embarrassante. Il n'a jamais été une flêche mais j'aurai aimé qu'il apprenne de certaines de ses erreurs. Ca n'a pas l'air d'être le cas.

   LA scène de l'épisode est évidemment celle remplie de tension à bord du van en compagnie de Walt et Jesse qui cherchent à échapper à Hank. On n'a jamais été aussi proche d'une explosion de la vérité. Je ne m'attendais pas à ce que Hank retrouve Jesse aussi vite, mais c'est logique, on en revient toujours à la connerie de Jesse qui n'a pas cherché à se cacher en habitant carrément dans l'ancienne maison de ses parents ! En revanche, je m'attendais à ce que Walt, beaucoup plus rusé, les fasse sortir de cette situation grâce à une entourloupe de ce genre. A vrai dire, j'avais même deviné que ce serait exactement ça. Il n'y a sans doute que ça qui aurait pu faire bouger Hank. Dean Norris était encore génial au passage... Peu d'intrigues secondaires, si ce n'est un coup de téléphone de Skyler presque anodin et une scène entre Walt et son fils qui aurait mérité d'être plus forte. Ce qu'il faut retenir surtout c'est le changement de cible des deux frères mexicains : ils ne vont plus s'attaquer à Walt mais à Hank ! Dès lors, je ne donne pas cher de la peau de ce dernier. Je ne crois pas qu'il finira la saison vivant. Mais tout est possible dans Breaking Bad et c'est ça qu'on aime aussi !      

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// Bilan // Si l'épisode n'avait pas mis autant de temps à démarrer (la moitié en gros), je l'aurai sans doute placé dans mon top 3 des meilleurs épisodes de Breaking Bad. Tant pis, la prochaine fois peut-être...

02 juin 2010

Breaking Bad [3x05]

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Màs // 1 61o ooo tlsp.

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  Aux épisodes remplis d'action (ce qui reste assez rare dans l'univers de Breaking Bad de toute façon), je préfère les épisodes bourrés d'émotion comme ce Màs, par opposition au No Màs du Season Premiere, qui marque le retour de Walter dans le business de la drogue, oui, mais qui est avant tout une suite de scènes éprouvantes pour les personnages et les fidèles téléspectateurs que nous sommes. La confusion n'a jamais été aussi présente dans la tête de Skyler. Elle n'assume pas sa relation avec son patron et n'y trouve finalement pas ce qu'elle recherchait, hormis de la tendresse. Elle préfère se confier à son avocate, tenue par le secret professionnel, la seule qui puisse la conseiller et qui va même jusqu'à la bousculer sans produire l'effet escompté. Skyler semble prête à enterrer la hache de guerre avec Walter, comme elle le prouve en lui laissant l'opportunité de serrer son enfant, mais lui est déjà parti. Est-elle soulagée ? Impossible à dire. Elle est totalement perdue et ne sait absolument pas ce qu'elle veut. La scène du dîner était d'une intensité rare et la prestation de Bryan Cranson était encore à couper le souffle. Une fois encore la série prouve que les plus belles émotions ne passent pas obligatoirement pas des dialogues. Un long silence pesant peut suffire et faire même encore plus de ravage dans nos coeurs.

   L'épisode n'en est pas moins bavard, pour mon plus grand plaisir, et offre l'opportunité quasi-unique à Marie de se confier à Hank. Malheureusement, et ce malgré ses efforts, l'homme ne se confiera pas en retour comme elle le souhaitait, quoique éclater sa colère comme il le fait est une forme de confession. Lorsque Marie craque au téléphone, le parallèle entre les deux soeurs et ce qu'elles vivent avec leurs maris respectifs est tout tracé. Elles ne peuvent que se comprendre même si le secret de Skyler est trop lourd. L'enquête de Hank avance grandement en tous cas puisqu'il connaît désormais le visage de Jesse. On en est pourtant qu'au 5ème épisode de la saison ! Il était intéressant de revenir lors de l'intro sur le vol du van qui a tant servi au business de Walt et Jesse et de le relier ensuite à l'enquête. Une chose est sûre, ce que cet épisode laisse entendre clairement c'est que la réunion des deux anciens partenaires n'est pas aussi proche que prévue. Ils sont plus opposés que jamais. Walt finit par craquer et accepte l'offre alléchante de Gus, qui a su trouver les mots justes et dont la tactique -flatter son égo- est imparable. On découvre aussi fasciné que Walt le plan de cet homme à l'intelligence démesurée. A coté, Saul passe pour un sacré toquard (qu'il a toujours été mais un toquard sacrément malin quand même).   

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// Bilan // Breaking Bad est peut-être la série la plus émouvante que j'ai jamais vu. En tous cas celle qui réussit à l'être sans artifices, simplement avec des acteurs brillants et des silences majestueux. Cet épisode est un bel exemple de ce dont elle est capable dans ce domaine.

10 mai 2010

Breaking Bad [3x 04]

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Green Light // 1 36o ooo tlsp.

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   Cet épisode n'avait pas la puissance du précédent mais pour ce qu'on appelle un "épisode de transition", il était sacrément bon ! Transition car il a, me semble-t-il, était celui qui a fait se rejoindre Walt et Jesse dont les trajectoires n'allaient jusqu'ici plus dans le même sens. Walt s'est fait virer de son école après avoir tenté un numéro de charme à la directrice qui ne lui a vraiment pas plu, tandis que Jesse a prouvé que son charme à lui (et ses yeux très très bleus) était plus efficace. C'est vrai qu'Aaron Paul a un visage d'ange. On lui donnerait le bon Dieu sans confession. Et bien plus encore. Pourtant, sans être le Diable incarné, ce petit n'a vraiment aucun sens moral. S'il ne se drogue a priori plus pour le moment, il compte toujours reprendre son petit business. L'instinct de survie sans doute. Il n'y a que ça qu'il sait faire. La mort de Jane à laquelle il a pourtant assisté et qui aurait dû profondément le marquer ne l'a pas empêché de proposer sa merde à une pauvre pompiste naïve. Heureusement pour elle, après le savon que lui a passé Hank, elle ne devrait pas finir comme Jane. Une scène très forte d'ailleurs, l'actrice ayant donné tout ce qu'elle avait ! Et puisqu'on en est à parler de Hank, lui aussi a une trajectoire qui est en train de rejoindre celle de son beau-frère, sauf que le chemin risque d'être encore très long et qu'il n'est pas certain qu'il arrive au bout. Hank est à bout, au bord de la dépression. Quand on croit qu'il va mieux, il replonge. Marie n'a pas fini de s'inquiéter. Et à mon avis, tôt ou tard, Hank va y rester. De préfèrence quand il aura découvert la vérité, ou quand il sera sur le point de la découvrir...

   Moins passionnant à mon goût mais intéressant quand même : l'alliance entre le détective privé et Gus. Voilà deux personnages, surtout le deuxième, qui ont sans doute encore beaucoup à nous offrir. On est encore en mode découverte les concernant. Ils savent se servir de Saul à merveille, lequel me fait toujours bien rire malgré son coté gros lourdeau. Mais l'instrument ultime de Gus, c'est évidemment Jesse, et c'est là que les intrigues se rejoignent pour nous réserver à l'avenir, je l'espère et j'y crois, le meilleur ! Un petit mot enfin sur Skyler et Ted qui entament une relation suivie. J'aime assez voir Skyler dans cette position de "la salope", aux yeux de ses collègues et peut-être même aux yeux de Walt. Le coup de sang de ce dernier à ce sujet était d'ailleurs LE grand moment de l'épisode. Et en même temps, qu'est-ce qu'il était ridicule le pauvre homme. Cette remarque vaut aussi bien pour Walt le malade que pour Ted le lâche !

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// Bilan // C'est l'épisode que j'attendais puisqu'il réunit, mais pas de manière encore définitive, Walt et Jesse. La série est meilleure quand ils sont ensemble. Qu'est-ce que ça va être alors les amis, bon sang !!!

21 avril 2010

Breaking Bad [3x 03]

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I.F.T. // 1 33o ooo tlsp.

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   L’épisode précédent m’avait déçu, j’ai retrouvé dans cet épisode tout ce que j’aime dans Breaking Bad : cette suite de scènes fortes, tendues comme des strings, ces fulgurances de mise en scène, cette violence, cette émotion… J’aurais pu me plaindre du peu de temps d’antenne dont a encore bénéficié Jesse mais je ne le ferais pas car j’ai trouvé chaque seconde de ses apparitions nécessaires et douloureuses. Il a beau avoir pris sa revanche envers ses parents, il est maintenant seul dans sa grande maison à pleurer la perte de l’être-aimé. Il ne sait que faire. Il tourne en rond et il écoute inlassablement le message de répondeur de Jane jusqu’à ce qu’il s’efface et le libère quelque part de l’emprise qu’elle avait encore sur lui au-delà de la mort. Il peut désormais revenir à ses bonnes vieilles habitudes, encouragé par Saul. On attend fébrilement que Walter le rejoigne. Et tout rentrera dans l’ordre.

   Si les affrontements entre Walter et Skyler commençaient à me lasser, ils ont pris une toute autre envergure dans cet épisode, nous offrant des scènes incroyables de tension poussées à leur paroxysme. Je ne peux pas ne pas évoquer le passage d’une dizaine de minutes à la mise en scène brillante, où Walter, contre le gré de Skyler, reprend ses quartiers dans la maison familiale. Plutôt que de souligner le jeu parfait de Bryan Cranston, bien qu’on ne s’en lasse pas, je tirerais mon chapeau à Anna Gunn qui lui tient tête admirablement. La peur de Skyler était palpable, son désarroi aussi. Comprenant que sa stratégie ne fonctionne plus, elle en change et nous surprend tous je crois en couchant avec son patron. Cela la démangeait depuis longtemps, et lui aussi. Mais se servir de cela pour pousser Walter dans ses derniers retranchements était juste l’idée la plus intelligente qui soit. Cette femme est loin d’être idiote. Je n’en ai jamais douté mais je tenais à le dire quand même.

   La drogue peine à retrouver une place au sein de la série mais les scénaristes égrènent les pierres en attendant de se lancer dans la construction de l’édifice. La scène introductive de l’épisode était d’une violence rare et revenait sur les circonstances qui ont amené de bien malfaisants personnages à fixer la tête du mafieux Tortuga sur une tortue ! Souvenez-vous qu’elle a explosé la saison dernière, nous laissant avec un Hank traumatisé. C’est sur cela que l’on revient surtout car Hank ne va visiblement pas mieux. Il aura lui-même un accès de violence choquant dans un bar, manquant de tuer ses adversaires. Pendant ce temps-là, les choses s’éclaircissent autour des compères bottés, qui sont en fait les cousins de Tuco (aurais-je dû le comprendre plus tôt ?), et sur l’implication de Gustavo dans l’affaire. Pour le moment, il protège Heisenberg dont il attend encore quelque chose. Mais pour combien de temps ? Pas sûr que les cousins soient très patients…

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// Bilan // J’ai le sentiment que des trois premiers épisodes de la saison 3 de Breaking Bad, c’est ce dernier qui ressemble le plus à la série que j’aime tant. Les intéractions entre les personnages sont plus nombreuses et plus fortes, l’émotion déborde et tout semble se remettre en marche de tous les cotés. Et puis le réalisateur n’a pas paressé ! De magnifiques plans à nouveau, de belles couleurs. Breaking Bad c’est aussi un plaisir esthétique de tous les instants.

18 avril 2010

Breaking Bad [3x 02]

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Caballo Sin Nombre // 1 55o ooo tlsp.

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   Me pardonnera-t-on si je dis du mal de ce second épisode de la troisième saison de Breaking Bad ? Non parce que j’aimerais en dire beaucoup de bien mais je me contenterais seulement de quelques notes positives. Il y a des choses qui sont rédhibitoires et le coma profond dans lequel les 20 minutes centrales de l’épisode m’ont plongé en font partie. L’introduction était bonne, les dix dernières minutes étaient captivantes, mais au milieu coulait comme une rivière d’ennui. Question d’humeur peut-être. Ou habitude perdue. Le rythme de la série a toujours été très particulier et ça passe parfois un peu moins bien que prévu. Il s’avère que la relation entre Walter et Skyler a atteint un point de non-retour tel que rien ne semble pouvoir les sauver. Les nombreux non-dits, le secret même, est pesant pour tout le monde, y compris pour le spectateur. J’aimerais tellement que Skyker se confie à Mary ou à Hank, ou même à son fils. Ce ne serait pas raisonnable mais Breaking Bad a toujours su nous surprendre. Qu’elle le fasse à nouveau à ce sujet ! Dans tout ça, le point positif, c’est que Walter Jr. (qui ne veut finalement plus qu’on l’appelle Flynn, sans doute pour prouver qu’il est fier de son père dont il ne partage plus le toit mais au moins le prénom) sort de l’ombre et peste contre sa mère, fugue… Il s’affirme et ça me semblait important à ce stade de la saison. Cela dit, il ne faudrait pas que le conflit dure trop longtemps. Les scènes entre lui et Skyler sont pénibles.

   Jesse est bien trop absent durant ces deux premiers épisodes. Bien-sûr, sa petite vengeance personnelle auprès de ses parents est relativement jouïssive bien que cruelle, mais on ne lui offre malheureusement que ça. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne retrouve Walter mais le plus tôt sera le mieux car la série marche définitivement mieux quand le duo est réuni. Le retour de Saul ne m’a pas procuré le plaisir escompté. Il ne m’amuse plus tellement à vrai dire, pour le moment en tous cas. Bob Odenkirk en fait trop et je crois que c’est la première fois que j’émets une critique sur le jeu d’un acteur de la série. Alors j’ai le droit d’abord ! Ne me conspuez pas ! Du coté des messieurs méchants, ça avance. Ils ont déjà trouvé Walter. Je croyais que ça mettrait plus de temps. Cela dit, ils le laissent finalement s’échapper. La tension était à son maximum, ça j’ai beaucoup aimé. Tout comme le clin d’œil-de-verre. D’ailleurs, le plan de la pizza sur le toit m’a vraiment fait rire. J’adore quand la série part dans ce genre de délires en prenant des risques d’ailleurs car je ne suis pas sûr que ça ait fait rire tout le monde. Moi, j’ai trouvé  ça hilarant et je pèse mes mots ! Eh Skyler qui revient dessus au téléphone quelques minutes après… Je crois que les scénaristes voulaient se foutre de sa gueule.

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// Bilan // Je n'ai pas tellement aimé cet épisode et j'assume. On ne peut pas crier au génie toutes les semaines !