24 juillet 2012

The L.A. Complex [2x 01]

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Vacancy // 660 000 tlsp.

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   Après une excellente première saison diffusée au printemps dernier, The L.A. Complex est déjà de retour, simultanément sur sa chaîne canadienne d'origine, MuchMusic, et sur la CW, cette fois pour 13 épisodes. L'inquiètude était de mise avant de découvrir ce Season Premiere : la chaîne américaine allait-elle fourrer son nez dans les intrigues, faire du ménage et polisser l'ensemble, quitte à faire perdre à la série tout son intérêt ? La réponse est non ! The L.A. Complex n'a pas perdu de sa fraîcheur. Esthériquement, elle est toujours aussi convaincante, s'aventurant dans des lieux que la plupart des séries de ce type se déroulant à Los Angeles ne visitent jamais, incapables de sortir des entrepôts qui servent de studios : les collines de la ville, qui offrent une vue imprenable sur son immensité (et sa pollution); Hollywood Boulevard, qui est devenu un cliché pour touristes que l'on ne nous montre finalement plus à l'écran; et puis cette résidence/hôtel, chaleureuse dans ses chambres, ensoleillée en son centre, autour de la piscine scintillante à tout heure du jour et de la nuit, et intime sur son toit, où les couples se font et se défont. C'est un bon compromis entre la réalité de L.A. et le fantasme que l'on s'en fait. Sur la forme, la série n'a donc pas du tout changé. On est loin des filtres de Gossip Girl et 90210. Musicalement, on se régale toujours autant avec ce groupe -dont il faudrait vraiment que je cherche le nom- qui rythme les scènes de leurs chansons tantôt énergiques tantôt mélancoliques, parfois les deux en même temps.

   Dans le fond, on ne peut pas dire que de grands changements ont été opérés pour le moment. Toutefois, deux personnages s'en vont : la danseuse vouée à une grande carrière dans le porno et l'homosexuel de la bande. Dans les deux cas, malgré toute la suspicion que leurs départ peuvent engendrer, les choses se font logiquement, naturellement. Le départ d'Alicia est bâclé en une scène mais si je me souviens bien, elle avait enfin décroché un contrat à la fin de la saison 1 pour suivre Usher dans sa tournée mondiale. C'est donc probablement pour cette raison qu'elle quitte les lieux et rien ne l'empêchera de revenir plus tard. Je suis même à peu près sûr que cela arrivera. La mauvaise nouvelle, c'est que toute la partie "industrie du porno américain" vue de l'intérieur passe aux oubliettes, alors que c'était prometteur et osé. La CW a-t-elle ou non quelque chose à voir dans cet abandon ? Difficile à dire... Dans le cas de Tariq et de sa relation complexe et violente avec le rappeur Kaldrick King, je ne vois pas comment les choses auraient pu se résoudre autrement à vrai dire, si toutefois l'on considère qu'elles sont bel et bien résolues à l'issue de ce premier épisode. Tariq va-t-il vraiment quitter L.A. ? J'ai encore un petit doute. La tentative de suicide de Kaldrick changera peut-être la donne ? On leur doit en tout cas à tous les deux les scènes les plus déchirantes de Vacancy. Cette relation n'a pas toujours été totalement crédible mais ils ont drôlement su nous émouvoir à chaque pas en avant et à chaque pas en arrière. Ils sont arrivés à un point de non retour. Quitte à choisir, j'aurais préféré voir Tariq se reconstruire plutôt que d'assister à la descente aux enfers de Kaldrick mais bon... Car en la matière, on a déjà Connor. L'influence de Raquel sur lui est bonne, mais son influence à lui est-elle bonne sur elle ? C'est beaucoup moins sûr. L'intrigue de la grossesse cachée, vue et revue, n'est pour l'instant pas très palpitante mais c'était chou de les voir ensemble tenter d'être heureux... 

   Après une première saison où les échecs professionnels s'enchaînaient pour nos héros, la chance commence doucement à leur sourire. Mais pour combien de temps ? Trouver un job n'est pas facile dans la cité des anges, mais le garder est peut-être encore plus compliqué ! Abby se retrouve donc à jouer dans un soap chrétien après avoir "triché" à son audition avec malice et panache. Cela peut donner quelques scènes amusantes dans les prochains épisodes. Ce sera intéressant de la voir évoluer dans un univers qui ne lui correspond pas du tout (même si c'est la plus béni oui oui de la série !). Elle a enfin un job mais il ne lui plait pas du tout. Quelle ironie ! La guest d'Alan Thicke, vouée à durer, était sympathique. C'est cool que les acteurs canadiens s'entraident ! Du coté de Nick, la pression monte : il va bosser comme "scénariste" sur un talk show mais n'y connait absolument rien. En plus, il aura Sabrina dans ses pattes. Ce sera sûrement un atout au début, mais après... Et puis sinon, un nouveau personnage répondant au prénom de Beth est introduit. Les auteurs prennent le temps de nous la présenter, même si le mystère subsiste encore sur son talent et son intérêt. A première vue, elle n'a pas l'air très différente d'Abby. Son histoire pourrait être intéressante. On ne demande qu'à en savoir plus. Plus d'importance est accordée à Eddie, le gérant de l'immeuble. Pour le coup, je ne suis pas convaincu du tout. On se passerait bien de sa présence.

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// Bilan // The L.A Complex revient moins différente qu'on ne le craignait. Malgré quelques ajustements, elle est toujours aussi amusante, sympathique et authentique. Une mise en bouche prometteuse pour la suite de la saison 2...


26 février 2012

The L.A. Complex [Saison 1]

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   "I Feel Like We're On The Edge Of Something Great" est une réplique de The L.A. Complex et probablement ce que j'aurais pu m'exclamer après avoir visionné le pilote de la série, dont j'avais fait une review très positive et je ne le regrette absolument pas. La suite a été à la hauteur des promesses, même si six épisodes seulement, c'est extrêmement frustrant. En une rapidité hallucinante, tous les personnages sont devenus très attachants. Que va-t-il advenir d'eux ? La série n'a que moyennement fonctionné au Canada, son pays d'origine, et ne fera certainement pas des scores incroyables sur la CW dans quelques semaines. Mais la barre n'étant pas très haute, tout est encore possible. On croise les doigts...

   Raquel. L'actrice trop âgée, prête à tout pour décrocher un rôle. Dès le pilote, je n'ai pas caché que ma préfèrence allait tout naturellement vers elle. C'est probablement le personnage le plus ambigü et surprenant du lot. On ne sait jamais vraiment si elle est sincère ou si un plan se cache derrière ses sourires, ses bonnes actions et ses déclarations d'amour ou d'amitié. Il se trouve qu'elle agit rarement par simple altruisme, mais elle a un bon fond, c'est certain. Elle l'a montré à l'occasion avec Connor d'ailleurs. Son parcours jalonné d'innombrables déceptions est probablement plus authentique que n'importe quel autre... Connor. Alors que le pilote laissait entendre que l'on suivrait son parcours de mannequin (chose finalement pas si courante dans une série), les auteurs ont préféré le confronter à la réalité d'un mannequin devenu acteur grâce à sa belle gueule et ses atouts physiques de taille mais qui n'est pas assez bon pour tenir la distance au sein d'une série médicale à la Grey's Anatomy. Et le propos est finalement encore plus original. C'est sans aucun doute le personnage au parcours le plus sombre et on se pose sérieusement la question de savoir si ce n'est pas la mort qui l'attend au bout du chemin... Sa descente aux enfers est poignante. On regrettera juste qu'il soit trop souvent déconnecté des autres héros. Tariq. J'avoue qu'en regardant le pilote, sans oser le dire, je trouvais un peu dommage qu'il n'y ait pas de personnage homosexuel, ne serait-ce que pour avoir un spectre le plus large possible. On découvre dans le second épisode que c'est lui qui endosse ce rôle et, là encore, les scénaristes n'ont pas choisi un chemin tout tracé, vu mille fois ailleurs. Si le jeune homme s'assume, ce n'est pas du tout le cas de son amoureux... le rappeur star du label où il fait son stage ! Peut-on considérer leur histoire comme réaliste ? Le doute est permis. Les acteurs se débrouillent à merveille pour faire passer les situations même les plus improbables. Il y a quelque chose de franchement excitant dans cette relation sauvage et passionnée, en plus. L'épisode où le couple s'évade à la montagne a toutefois montré les limites de leur histoire. J'aurais vraiment voulu y croire mais c'était too much trop vite. Le tout plein de muscles qui se laisserait presque tenter par un scrapbook... hum. 

   Nick. Le comique qui a du mal à débuter et, effectivement, à aucun moment au cours des épisodes il ne se montre véritablement drôle sur scène. En dehors, en revanche, il l'est vraiment ! A son insu. Je l'aime beaucoup, il m'amuse. Mais je n'arrive pas à m'enlever de la tête que c'est un Seth Cohen bis. Il a les mêmes atouts que le héros de Newport Beach, la même façon de parler (trop), les mêmes mimiques, et il se retrouve plus ou moins dans la même situation à la fin de la saison 1 : lui qui n'arrive jamais à attirer rien qu'un seule fille dans ses filets en a désormais deux qui s'intéressent fortement à lui ! Déjà vu donc, mais sympathique. Abby. Elle est l'une des prétendantes de Nick et, petit à petit, se fond dans la masse après avoir été plus ou moins présentée comme l'héroïne. Je pense que c'est le personnage le plus faible. Elle est "trop parfaite" pour être vraie. Elle a tous les talents (actrice, chanteuse, musicienne). Elle est jeune, jolie, gentille, franche... bref, elle est presque ennuyeuse mais elle trouve quand même le moyen d'être attachante à sa façon. Alicia. A la base, je ne l'aimais pas beaucoup. Elle semblait trop superficielle, la petite danseuse de la bande. A vrai dire, elle l'est. Mais c'est ce qui fait son charme, ça et une certaine innocence. Mais pas tout à fait. Bref, elle est plus complexe qu'il n'y parait. Et son parcours nous entraîne là où on ne l'attendait pas : dans le milieu du porno ! Cela reste assez léger mais, pour une fois, pas de morale à deux balles. Sans être présentée comme un cadre idyllique non plus, l'industrie du sexe -si importante à Hollywood, on a tendance à l'oublier- n'a pas l'air aussi terrible qu'on le dit. On s'y amuse aussi. Très vite cependant, le piège se referme sur Alicia et les conséquences seront intéressantes. Et si elle devenait vraiment une actrice X ?

    Los Angeles. On peut dire qu'il s'agit d'un personnage à part entière. Même si la série n'est tournée qu'en partie dans la cité des anges, les plans de transition et les quelques scènes sur le toit de la résidence font rêver. Enfin, me font rêver du moins. L'énergie de cette ville immense où tout est possible, les pires choses comme les meilleures, est parfaitement retranscrite. Elle vous aspire, elle peut vous détruire, vous porter au sommet... Elle est sans limites. Il est facile d'y entrer mais il est bien plus difficile d'y rester. Les auteurs ont su créer une intimité dans l'immensité grâce à ce Melrose Place bis pour artistes sans le sou. On peut grandement remercier pour cela le petit groupe qui chante plusieurs fois par épisode depuis son balcon. Cela confère une atmosphère très chaleureuse avec une pointe de mélancolie. Les personnages vont et viennent dans cet espace clos où ils se sentent bien, rassurés, protégés, mais où ils ne pourront pas évoluer éternuellement, comme le prouve Raquel lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte. Elle a passé l'âge... Il n'y a pas d'âge pour aimer The L.A. Complex en tout cas ! La série brasse tellemnent de sujets que chacun peut s'y retrouver, même sans avoir l'âme d'un artiste. Les problèmes financiers, l'instabilité émotionnelle, les jeux d'apparence, le besoin d'amour, de reconnaissance, de liberté... cela touche tout le monde et à tout âge de la vie.

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// Bilan // The L.A. Complex aurait pu se contenter d'être sympathique et fun, comme tant d'autres, mais elle ne s'est pas arrêtée là. Elle a choisi d'être sincère, réaliste et authentique, grâce à des personnages vrais, attachants, différents, pas caricaturaux, et en osant parfois plus que n'importe quelle autre série du genre. Elle a absolument tout pour plaire. Elle mérite un parcours plus long...