07 avril 2014

#Selfie [Pilot Script]

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 #SELFIE

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Emily Kapnek (Suburgatory). Réalisé par Julie Anne Robinson (Grey's Anatomy, Recherche bad boy désespérement, Suburgatory). Pour ABC, Warner Bros. Television & A Piece Of Pie Productions. 38 pages.

A la suite d'une rupture humiliante qui a été filmée et qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, Eliza, une jeune femme dans la vingtaine totalement obsédée par son image, devient la risée de ses collègues et de tout internet. Elle a tout à coup plus de "followers" qu'elle ne l'aurait jamais imaginé, mais toujours aucun véritable ami pour la réconforter. Néanmoins pleine de ressources, elle demande de l'aide à l'expert en marketing de sa boîte pour redorer son image et transformer cette soudaine popularité en quelque chose de positif. Mais l'opération s'annonce délicate : Eliza vit littéralement dans un monde parallèle...

Avec Karen Gillan (Doctor Who), John Cho (FlashForward, Harold & Kumar, Star Trek, Sleepy Hollow), David Harewood (Homeland), Samm Levine (Do No Harm, Sex Academy), Tim Peper (Carpoolers), Gillian Vigman (Suburgatory, New Girl), Da'Vine Joy Randolph...

 

    Depuis que les fans de Doctor Who ont appris que Karen Gillan, l'interprète d'Amy Pond, avait obtenu le rôle principal de cette comédie, ils l'attendent comme le messie. Même si je ne suis pas la série anglaise mythique, je dois avouer que des quelques images que j'ai pu en voir au détour d'une bande-annonce ou deux, la petite rousse semble crever l'écran. Et c'est une excellente nouvelle pour #Selfie, qui repose presque entièrement sur le charisme de son héroïne et sur son alchimie avec son coach. C'est John Cho qui a été choisi pour assurer ce rôle (donc un acteur plus jeune que prévu dans le script) et ça aussi c'est réjouissant ! Le monsieur excelle dans la comédie et ajoute toujours son truc aux personnages qu'il interprète. Il ne reste plus qu'à espérer que la combinaison des deux fasse mouche ! Parce que, je ne l'ai pas encore dit, mais #Selfie c'est vachement drôle !

   Je suppose qu'au premier abord, vous vous méfiez d'un projet qui utilise un terme super à la mode pour titre. Moi aussi. Mais #Selfie assume totalement sa modernité et son inscription dans un présent très présent, qui pourrait bien être daté dans quelques mois, le temps qu'elle arrive à l'antenne, et c'est pourtant une de ses indéniables forces. Facebook, Twitter, Instagram et autres réseaux sociaux et applications sont cités dans les premiers instants du pilote. La scénariste ne tourne pas autour du pot et elle a parfaitement raison. Vous qui lisez ce blog avez de très fortes chances de vous reconnaître, non pas en Eliza, qui est un cas extrême de chez extrême, mais dans cette tendance. Il n'est pas question de juger, mais d'en rire et, au passage, de mettre en lumière un paradoxe bien réel entre la vie virtuelle des "petites stars du web" et leur vie quotidienne, bien plus triste, souvent faite de solitude. Je crois qu'à différents degrés, chaque jeune "branché" dans la vingtaine-trentaine peut s'y retrouver. Pas question toutefois de s'apitoyer, ce pilote est positif, énergique, très amusant et finalement plutôt feel-good

   Il est vrai que dans un premier temps, on ressent surtout de la pitié pour Eliza. Elle se ridiculise sous nos yeux, nonchalamment. On sent qu'elle fonce droit dans le mur mais on ne peut pas l'arrêter et personne n'est là, dans la série, pour le faire non plud. Viens donc LA scène humiliante, qui n'est pas sans rappeler d'une certaine manière les prémices d'Awkward. Pour vous la faire courte : Eliza se fait larguer comme une merde lors d'un voyage professionnel et, supportant mal les turbulences qui secouent l'avion à ce moment précis, elle remplit deux sacs de vomi... qui lui éclatent dessus... devant son nouvel ex, certes, mais surtout devant tous ses collègues ! Ceux-ci, qui la détestent tant elle renvoie une image de fille superficielle qui ne s'intéresse pas aux autres -ce qui est totalement vrai !- s'empressent de filmer l'humiliation, ainsi que la partie où l'hôtesse de l'air lui demande expressément de sortir des toilettes pour retourner s'asseoir sur son siège et attacher sa ceinture, ce qui résulte en un "walk of shame" où Eliza est uniquement vêtue d'une petite couverture, laissant entrevoir à peu près toute son intimité ! Bref, une fois qu'elle reprend pied, on commence à ressentir une réelle sympathie pour elle. Elle est comme une extra-terrestre qui doit apprendre les codes sociaux les plus basiques afin de se faire apprécier des uns et des autres. La transformation n'en est qu'à ses balbutiements mais elle nous réserve déjà quelques excellentes scènes et de très bonnes répliques. Les personnages secondaires sont assez anecdotiques, mais ce sont de bons faire-valoir qui pourront éventuellement se distinguer par la suite.

   #Selfie n'est certainement pas la comédie du siècle mais elle s'en sort admirablement sur ce seul pilote, rappelant à la fois le ton d'Awkward, la comédie de MTV, et Suburgatory, de la même créatrice, qui ont su séduire instantanément grâce à leur fraicheur et leur modernité. Toutefois, je doute qu'elle puisse rencontrer un vaste succès sur ABC. Le public le plus âgé ne s'y retrouvera certainement pas -Instagram, Twitter, Lady Gaga, Tegan & Sara, Candy Crush, le divorce de Jennie Garth ne sont pas leurs sujets de prédilection- ce qui risque de conduire à un nouvel échec non mérité à la Happy Endings/Don'tTrustTheB/SuperFunNight/Mixology. Et c'est vraiment rageant !

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06 avril 2014

The Messengers [Pilot Script]

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THE MESSENGERS

Drama // 42 minutes 

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"Awakening", pilote écrit par Eoghan O'Donnell (Teen Wolf). Réalisé par Stephen Williams (Lost, Person Of Interest). Pour The CW, CBS Television Studios, Industry Entertainment & Thunder Road Television. 60 pages.

Lorsqu'un objet mystérieux s'écrase sur Terre en plein désert, la déflagration libère une vague d'énergie solaire qui arrête un à un les coeurs de personnes apparemment déconnectées les unes des autres. Quelques minutes plus tard, elles se réveillent toutes, changées, et découvrent qu'elles ont désormais pour mission d'empêcher la future et inéluctable Apocalypse. Elles sont les messagers...

Avec Joel Courtney (Super 8), Diego Morgado (The Bible), Shantel VanSanten (Les Frères Scott, Gang Related), Sofia Black d'Elia (Skins US, Gossip Girl), Elyes Gabel (Body Of Proof, Game Of Thrones), Craig Frank (Mixology), JD Pardo (Revolution, Hidden Palms), Lane Garrison (Prison Break), Jon Fletcher...

 

   Après SupernaturalNikita, Hart Of DixieArrow, The Originals et le pilote Identity, The Messengers confirme que la CW cherche à s'éloigner de plus en plus des teenageries qui ont fait sa (mauvaise) réputation pour se focaliser sur des héros plus adultes. Les personnages de l'horrible pilote Jane The Virgin sont aussi plus âgés que ceux de The Vampire DiariesReign & co, mais ils agissent comme s'ils avaient 12 ans et demi donc ça ne compte pas. Une fois que la chaîne aura annulé Star Crossed, The Tomorrow People et The Carrie Diaries -larmes pour celle-ci- il ne restera finalement plus grand chose qui s'adresse directement aux ados. Même ABC Family a tendance à vouloir toucher un public moins jeune et plus... familial. C'est un peu triste dans le fond, mais pour nous qui avons entre 20 ans et... je ne veux blesser personne... 10 ou 20 ans de plus, il y a de quoi se réjouir ! Les shows de la CW sont de plus en plus conformes à nos attentes, bien que toujours très éloignés de nos propres vies. The Messengers creuse d'une certaine manière le sillon tracé par la dernière née The 100 qui elle, pour le coup, aurait gagné à s'intéresser à des personnages adultes, évitant ainsi quelques jérémiades inutiles. On retrouve là une histoire ambitieuse, fantastique, servie par un pilote efficace qui met en place une mythologie intriguante...

   Le sous-texte religieux très fort de ce projet pourrait en faire fuir plus d'un. Un des personnages principaux est d'ailleurs un prêtre, Joshua Simmons Jr. Même son nom est très connoté. Mes maigres connaissances en la matière, et peut-être aussi les vôtres, m'ont certainement empêché de comprendre toutes les subtilités des métaphores utilisées par le scénariste. Avant d'écrire cette review, je me suis quand même plongé dans le wikipédia des Quatre Cavaliers de l'Apocalypse par exemple et je dois dire que cela devient très vite passionnant lorsque l'on fait l'effort de véritablement s'y intéresser. Les connexions entre cette littérature Biblique du Nouveau Testament et la série restent à ce stade théoriques. Elles n'en sont pas moins évidentes. Il y a bien 4 personnages qui sont touchés par la fameuse déflagration. Deux hommes : Joshua, le suscité homme de foi, habité mais qui souffre de vivre dans l'ombre de son père; et Peter, 17 ans, un orphelin suicidaire martyrisé par ses camarades sur le campus universitaire, le traitant sans cesse de "fagott", ce qu'il n'est par ailleurs pas. Deux femmes : Vera, une scientifique de la NASA, forcément très cartésienne, abîmée par la perte d'un enfant quelques années plus tôt; et Erin, une jeune maman célibataire, qui tente d'échapper à son ancien petit-ami violent. Bref, des héros meurtris, sauvés par la grâce lorsque la bonté Divine les fait renaître. En parallèle, "The Man" se réveille en plein désert, nu, en position foetale, prêt à les aider à accomplir leur destinée... Il est incarné par Diego Morgado qui, hasard ou coincidence, incarnait Jesus dans la mini-série de History The Bible !

   Je sens que je vous ai fait peur avoir tous ces mots religieux. Je ne voudrais pas vous faire croire que The Messengers c'est Les Anges du bonheur à la sauce CW. Ok, un des personnages se découvre des ailes lorsqu'il regarde son reflet dans le miroir, mais à part ça... Le pilote fait davantage penser à Heroes dans sa structure. Les personnages ne sont pas éparpillés aux quatre coins du monde mais dans quatre états américains voisins (le Nouveau-Mexique, l'Arkansas, le Texas, l'Arizona) et sont sur le point de rejoindre le même lieu au terme du pilote : la ville de Houston. Visuellement, tous ces paysages désertiques devraient ravir nos mirettes. Le soleil est presque un personnage à part entière tant sa présence est forte, particulièrement dans les premières scènes, et tant, au moins dans sa symbolique, il joue un rôle. Il impose une lumière naturelle qui rend le récit fascinant, éblouissant. Dans l'écriture, on reste dans quelque chose de relativement classique mais on navigue à vue, ignorant la plupart du temps où la scène suivante va nous mener. Tout est très rythmé puisque l'on passe d'un personnage à l'autre avec aisance. Le suspense est ainsi multiplié : on nous laisse toujours face un nouveau rebondissement (même si tous ne sont pas réussis). Et si les questionnements ne fusent pas forcément pendant la lecture du pilote -donc je suppose de la même manière pendant son visionnage- elles s'amoncellent dans un coin de votre tête sans que vous vous en rendiez compte et sortent une fois qu'elle est terminée. Quel est cet objet mystérieux écrasé sur Terre dont on ne vous parle plus mais que le gouvernement semble vouloir cacher, même à l'un de ses plus éminents scientifiques ? D'autres personnes ont-elles été touchées par ce phénomène de mort immédiate puis de résurrection ? Est-ce que les petits hommes verts ont quelque chose à voir là-dedans ? Oui, la question se pose quand même... 

   The Messengers est un pas de plus pour la CW vers le pardon. En nous offrant un récit de cette ampleur, la chaîne nous fait rêver à une nouvelle série très ambitieuse, différente de tout ce qu'elle a déjà produit, intelligente, presque philosophique, rythmée, potentiellement passionnante, digne d'un grand network, voire d'une chaîne câblée. On ne trouve que des traces très légères de son ADN. Mais il est certain qu'avec des acteurs et actrices au physique très (trop ?) avantageux et au talent a priori pas immense, un réalisateur pas hyper expérimenté, un scénariste dont c'est la première oeuvre majeure et un budget certainement pas exhorbitant, la prudence est de mise quant au produit final. Au pire, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir essayé !

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04 avril 2014

The Odd Couple [Pilot Script]

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THE ODD COUPLE

Comédie (Multi-camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Matthew Perry & Joe Keenan (Frasier, Desperate Housewives, Hot In Cleveland). Co-produit par Eric & Kim Tannenbaum (Mon Oncle Charlie), Carl Beverly & Sarah Timberman (Elementary, Unforgettable, Justified). Remake de la sitcom des années 70 The Odd Couple. Pour CBS, Tannenbaum Company & Timberman-Beverly Productions. 49 pages.

Oscar et Felix ont passé la quarantaine mais vivent pourtant en colocation. Il sont divorcés depuis peu de temps et ne s'en sont pas encore vraiment remis. En attendant de trouver les nouvelles femmes de leurs vies, ils se chamaillent à longueur de journée tant ils sont différents. Comme un vrai petit couple !

Avec Matthew Perry (Friends, Studio 60, Mr Sunshine, Go On), Thomas Lennon (Sean Saves The World, Reno 911!, La nuit au musée), Georgia King (The New Normal), Lindsay Sloane (Sabrina, Grosse Pointe, Weeds), Sarah Baker (Go On), Wendell Pierce (The Wire, The Michael J. Fox Show, Treme)...

 

   Bonne nouvelle : après les échecs successifs de Mr Sunshine et Go On (et ce n'était pas vraiment mérité pour cette dernière), Matthew Perry a enfin compris que le genre dans lequel il excelle et dans lequel on l'attend surtout c'est la multi-camera, face à un public, et non la single-camera où sa gestuelle et ses mimiques sont noyées dans les décors, sous les effets. A titre personnel, j'aurais préféré qu'il revienne plus souvent dans The Good Wife ou qu'on lui offre le rôle principal d'un nouveau drama, mais s'il tient tant que ça à faire plutôt de la comédie je n'y vois pas d'inconvénient. La difficulté était de trouver le bon projet et The Odd Couple pourrait bien être celui-là !

   J'ai eu très peur au début. La première scène se déroule sur son lieu de travail, une chaîne de télévision, où il est... journaliste sportif. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Franchement, cette obsession de l'acteur pour le sport devient gênante. Ok, il était passionné de tennis quand il était ado et a même été classé 17ème junior au niveau national, puis a dû tout arrêter à cause de ses problèmes de drogue, mais il serait temps de passer à autre chose. En plus, ça n'apporte absolument rien à cette série. Au pire, ça la tirera vers le bas puisque les scénaristes seront obligés d'intégrer des intrigues professionnelles parfaitement inutiles. En attendant, cette ouverture totalement déconnectée du reste ne vaut que pour la secrétaire d'Oscar, potentiel réservoir à bonnes répliques. D'ailleurs, tous les personnages ou presque donnent ce sentiment qu'ils peuvent offrir beaucoup à plein régime, lorsque les acteurs et les scénaristes seront bien rôdés. Et de manière générale, je n'ai pas trouvé ce pilote extraordinaire mais prometteur. Il m'a fait le même effet que celui de Mom en fait. C'est pas époustouflant à la lecture mais ça prend de l'ampleur une fois "vivant", surtout quand ce sont Anna Faris et Allison Janney qui régalent ! Et je pense que le duo Matthew Perry / Thomas Lennon peut faire tout autant d'étincelles...

    Je n'ai pas vu un seul épisode de la série originale dont c'est adapté, mais Matthew Perry en étant un gros fan, je suppose qu'il a fait en sorte de la respecter un maximum. Et c'est dans son intérêt puisque The Odd Couple est une véritable institution outre-Atlantique, un classique parmi les classiques, aussi bien à la télévision qu'au théâtre où l'histoire est née. Par contre, ils auraient quand même pu changer les noms des personnages... Oscar et Felix, ça rend le truc super vieillot d'emblée. Cela dit, on ne peut pas dire que la série soit au top de la modernité. Elle l'était dans les années 70 -deux hommes divorcés qui font de la collocation- mais plus tellement aujourd'hui. Qu'importe, ce n'est pas là le plus important. Ce qu'il faut, c'est que le duo fonctionne et s'envoie de belles vannes. C'est ce qu'ils font et ça marche plutôt pas mal dans l'ensemble. On est en plein dans le cabotinage, ça n'est même que ça, donc la difficulté pour les acteurs sera de ne pas verser dans le too much. Ils ont face à eux deux personnages féminins -leurs voisines- qui tiennent la route et surtout leur tiennent tête, permettant au pilote de vraiment décoller dès lors qu'elles entrent en scène. Et vu que l'une des deux est incarnée par la géniale mais sous-exploitée Lindsay Sloane, il y a de quoi se réjouir ! 

   Le pilote de The Odd Couple est imparfait et inégal, mais plus on avance, plus on se laisse prendre au jeu. Les clichés s'effacent peu à peu pour laisser place à une comédie classique mais sympathique. Aux côtés de 2 Broke Girls, Mom et Two and half men, qui fonctionnent sur le même type de duos mal assortis, elle devrait être parfaitement à sa place. Je la vois déjà dans la grille, le jeudi, derrière The Big Bang Theory. Je serais très étonné que CBS ne lui donne pas sa chance...

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How To Get Away With Murder [Pilot Script]

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HOW TO GET AWAY WITH MURDER

Drama // 42 minutes

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Ecrit par Peter Nowalk (Grey's Anatomy). Produit par Shonda Rhimes & Betsy Beers (Grey's Anatomy, Scandal, Private Practice). Pour ABC, ABC Studios, Shondaland Productions. 64 pages.

Une nuit d'hiver, alors que la fête bat son plein sur le campus de la prestigieuse université de Philadelphie, à quelques kilomètres de là, dans les bois, quatre brillants étudiants en droit terrorisés s'apprêtent à brûler un cadavre. Leur vie en sera à jamais bouleversée... Quatre mois plus tôt, Michaela, Wes, Laurel, Patrick et une soixantaine de leurs camarades font la rencontre de leur charismatique et intransigeante professeure spécialisée en criminologie : Annalise DeWitt. Une poignée d'entre eux seulement aura la chance d'intégrer sa firme d'avocats. Mais pour travailler à ses côtés, il faut être prêt à tout. Absolument tout...

Avec Viola Davis (La couleur des sentiments, Prisoners, Doute, United States Of Tata), Alfred Enoch (Harry Potter), Jack Falahee (Twisted), Aja Nomi King (Black Box, Emily Owens), Karla SouzaCharlie Weber (Buffy, Underemployed)Liza Weil (Gilmore Girls, Scandal), Matt McGorry (Orange is the new black), Katie Findlay (The Killing US, The Carrie Diaries), Tom Verica (Mes plus belles années, The Nine), Billy Brown (Dexter, Sons Of Anarchy, The Following), Michael Gaston (Damages, Unforgettable, Jericho)...

 

   American Crime, Madame Secretary, Red Band Society et désormais How To Get Away With Murder. La saison 2014/2015 comprend au moins quatre scripts de dramas de haut vol. Et je dois dire que j'appréhendais beaucoup la lecture de ce dernier car j'en attendais énormément. C'est souvent ce qui arrive lors de la saison des pilotes. On s'attache à des projets à cause d'un nom de créateur, de producteur, de réalisateur, d'acteur ou d'actrice, à cause d'un pitch... Dans le cas de HTGAWM (autant tout de suite nous habituer au hashtag dont nous allons abuser dans quelques mois), c'est à peu près pour toutes ces raisons à la fois. Vous me connaissez, je suis dingue du travail de Shonda Rhimes et ses collaborateurs (Haters gonna hate), j'adore Viola Davis (et Matt McGorry, Charlie Weber, Liza Weil et Tom Verica me plaisent) et le synopsis du pilote m'attirait énormément. Après le premier acte, je me suis dit "Bon, ça va, ça a l'air bien". A la fin du deuxième "voire vraiment bien". A la fin du troisième "voire vraiment très bien". Et à la fin du pilote, j'étais conquis et convaincu que non seulement ABC ne pouvait pas passer à côté mais qu'en plus on allait être nombreux à adorer. J'aimerais ne pas trop m'emballer pour ne pas créer chez vous des attentes démesurées, mais je ne vous promets rien... A vous de savoir raison garder !

   Pour décrire HTGAWM, il me faudrait des heures. C'est un drama intéressant pour plein de raisons mais en premier lieu parce qu'il est hybride, à la croisée de différents genres, et il parvient, en tout cas dans ce pilote, a être efficace et pertinent partout. C'est d'abord une série judiciaire. Pas dans le style de David E. Kelley, parce qu'il n'y a pas de fantaisie particulière. Pas tout à fait dans le style de The Good Wife, parce qu'elle est intouchable, imbattable, au firmament. Dans son propre style en fait. Elle réinvente le genre à sa façon et là je vais faire une comparaison qui risque d'en faire fuir quelques uns mais tant pis : elle est à la série d'avocats ce que Scandal est à la série politique. Elle n'a pas l'ambition ni la prétention de nous instruire sur le système judiciaire américain. Elle n'a pas l'intention de nous éblouir avec de grandes plaidoiries et une certaine forme d'idéalisme. Ce qu'elle veut c'est nous divertir sans tomber dans la facilité, c'est utiliser le judiciaire pour nous raconter autre chose. Il ya dans ce premier épisode un "cas", le premier que les étudiants sont invités à résoudre en compagnie d'Annalise DeWitt afin de s'attirer ses faveurs. Il y en aura sûrement dans chaque épisode, apportant donc un élément procédural à la série, mais peut-être pas pour très longtemps. A la manière de Scandal justement qui a tendance à n'être plus que 100% feuilletonnante, au plus grand bonheur de la plupart de ses téléspectateurs. Mais j'ai quand même une pensée pour les autres, qui existent. Elle est policière également, d'une certaine manière. Elle en prend parfois l'allure en tout cas.

   Mais HTGAWM c'est aussi une dramédie sur de jeunes adultes en quête d'aventure et d'identité. Pour l'aventure, je pense qu'ils vont être servis. Rien que dans ce pilote, ils sont amenés à voir et faire beaucoup de choses, et pas toujours de leur plein gré. Ils sont d'ores et déjà tous soumis à divers conflits moraux et doivent prendre des décisions difficiles, souvent graves, qui auront une incidence irrémédiable sur la suite de leur carrière et le reste de leur vie. Et c'est là que l'on retrouve un peu de Grey's Anatomy. L'atmosphère est clairement plus tendue qu'au Seattle Grace, et Annalise DeWitt est un nazi d'un autre genre que Miranda Bailey, mais ils ont la même fraîcheur que Meredith, Cristina et les autres à leurs débuts. Et je crois que la production a réuni un casting de quasi inconnus dont on n'a pas fini de parler (et qui est comme toujours chez Shondaland : diversifié !). Il y aussi une compétition entre eux qui ne fait que commencer, où tous les coups sont permis ! Là aussi, d'une certaine manière, ils ont le pouvoir de sauver des vies. Mais surtout d'en détruire. Beaucoup de pression repose sur leurs épaules de toutes parts, et dans ces cas-là vous savez ce qu'on fait dans les séries de Shonda Rhimes pour décompresser : on baise et on tombe amoureux. Plusieurs histoires se dessinent voire commencent dans ce pilote, même si ce n'est pas le propos premier. Entre élèves, entre profs et élèves. Parfois au vu et su de tous. Parfois en secret. C'est très excitant et les possibilités sont multiples étant donné qu'il y a beaucoup de personnages. Mais étonnamment pas trop. C'était une de mes craintes initiales. Ils n'ont pas tous le même temps d'antenne mais ils sont tous bien introduits.

   Vous faire un listing complet des protagonistes n'aurait pas grand intérêt, alors je vais faire un focus sur ceux qui m'ont le plus marqué. Wes, l'outsider un peu rebelle et mystérieux dont on ne comprend presque pas comment il a atterri là. Intriguant et séduisant. Patrick, prétentieux, gosse de riche sans doute, a les dents qui rayent le parquet et sait user de ses charmes pour parvenir à ses fins. Gay, ou bi. En tout cas très ouvert sexuellement. Son petit jeu n'en sera que plus passionnant à suivre. Michaela, la fille qui a des principes, un peu coincée mais pleine de ressources. Le genre de personnage qui paye pas de mine au début mais qui impressionne de plus en plus. Laurel, dont j'aurais un peu de mal à définir la personnalité à ce stade. Curieuse, passionnée, à 200% tout le temps. Un peu plus légère que la moyenne aussi. "Douchebag" alias Asher est peu présent mais ses quelques apparitions laissent entendre qu'il y a beaucoup à dire sur lui en temps voulu. Frank et Bonnie, les deux principaux collaborateurs d'Annalise qui, comme elle, semblent avoir une dizaine de squelettes dans leurs placards... Bref. Et donc Annalise elle-même. Viola Davis a tout ce qu'il faut dans ce script pour faire des merveilles. Et elle en fera puisque son talent est immense. Ce personnage est fascinant, bien plus qu'un Joe Carroll de The Following par exemple. Je ne sous-entends pas que c'est une serial killeuse, hein ! Elle a l'énergie et la conviction d'Olivia Pope, les faiblesses d'Addison Montgomery et la dangerosité que l'on n'a connu dans aucune autre des héroïnes de Shondaland jusqu'à aujourd'hui. A la fin du pilote, elle reste un mystère pour tout le monde. Et ça, ça rend très très impatient de voir un deuxième épisode, toute une saison même. 

   Je terminerais par l'aspect slasher movie à la "Souviens-toi l'été dernier", qui n'est pas aussi ridicule qu'il en a l'air. Le groupe de personnages qui enterre un corps, on a déjà vu ça mille fois au ciné et à la télé. Est-ce que HTGAWM réussira à en faire quelque chose de neuf ? Seul le temps le dira. Pour l'heure, on nous égrenne tout au long du pilote des bouts de flashforwards  savamment dosés, qui ne sont qu'une infime partie d'un récit bien plus large. Ils créent autant d'envie que de frustration. Combien d'épisodes, ou de saisons, vont représenter les 4 mois qui se déroulent entre le présent et ces passages ? Impossible à dire. Mais il y a de la matière pour multiplier les rebondissements. Je pense instinctivement au mystère de la première saison de Desperate Housewives (et pas aux autres !). Sachez en tout cas que l'identité de la victime est connue à la toute fin du pilote. Vous pouvez essayer de deviner, vous tomberez peut-être juste avec un peu de chance, mais la réponse reste assez surprenante. Et tout reste à découvrir...

    ABC tient avec How To Get Away With Murder un hit en puissance ! Il faudrait que la case qu'elle lui choisisse soit très inadaptée, la promotion pas du tout efficace et les astres bien mal alignés pour qu'elle ne fasse pas un carton lors du/des premier(s) épisode(s) (avec les standarts d'aujourd'hui bien entendu !). Sur la longueur, en revanche, tout dépendra de sa capacité à tenir la route, d'autant qu'il lui faudra redoubler d'effort pour rester à la hauteur après avoir mis la barre haut dès le départ... Elle décroche le titre de MA série la plus attendue de la saison prochaine. Voilà, c'est dit.

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02 avril 2014

The Pro [Pilot Script]

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THE PRO

Comédie (Single-Camera) // 22 minutes

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Ecrit et produit par Alex Gregory & Pete Huyck (Frasier, King of the hill). Réalisé par Todd Holland (Malcolm, Go On, 30 Rock). Pour NBC, ABC Studios, Universal Television, Brillstein Entertainment & Dark Toy Entertainment. 35 pages.

Un ancien champion de tennis surnommé "Big Ben"', devenu prof dans un country-club après avoir perdu une partie de sa fortune, se sert de sa gouaille et de son charme pour revenir au top, mais il est stoppé net dans son ascension par son ancien meilleur ami, devenu son plus grand rivale. Il vient d'être engagé pour renforcer l'équipe, ils vont donc devoir travailler ensemble désormais...

Avec Rob Lowe (Brothers & Sisters, Parks And Recreation, A La Maison Blanche), Rob Riggle (Very Bad Trip, Very Bad Cops, Modern Family), Rebecca Romijn (Ugly Betty, Eastwick, X-Men), Rose Salazar (Parenthood), Colton Dunn (Key and Peele), Jared Gilman (Moonrise Kingdom), Andrea Savage...

 

   Le script de The Pro m'a laissé très indifférent. Est-ce parce que l'univers du tennis professionnel ne me parle pas du tout ? Est-ce parce que son histoire de départ, qui consiste à créer au fil des pages un duo d'antagonistes, m'a paru banale ? Est-ce parce que ce pilote manque tout simplement de panache ? Est-ce parce que je n'ai souri que de temps à autres grâce à quelques blagues bien senties, mais jamais ri ? C'est sans doute un peu pour toutes ces raisons. NBC voulait absolument une comédie centrée sur Rob Lowe après son départ de Parks And Recreation. J'imagine que plusieurs projets lui ont été présentés par différents studios et c'est celui de ABC Studios qui a remporté la mise. Il est certain que ce rôle d'ancien champion va comme un gant au magnifique quinquagénaire qui ne semble pas vieillir, grâce au botox ou à je ne sais quelle substance qu'on lui a injecté sur le visage. Mais vous voyez, c'est le genre de série qu'on aurait tout aussi bien pu filer à Matthew Perry. Je soupçonne même que ce soit un de ses fonds de tiroir. Comme Mr Sunshine, c'est vaguement sympathique mais pas très engageant. 

    Se rendant compte que peut-être Rob Lowe n'était pas un atout suffisant pour convaincre le public d'y jeter un oeil, NBC a choisi de lui coller Rob Riggle dans les pattes. Rob Riggle. Les américains l'adorent parait-il. Personnellement, je n'ai pas d'avis sur la question. Je sais juste qu'il n'est pas susceptible de me motiver à en voir plus. Et je dois dire que son personnage de macho prétentieux qui s'avère être un méga loser ne m'a pas donné du tout donné envie. Le héros n'est peut-être pas hyper intéressant mais il a au moins un certain capital sympathie. A la fin du pilote, les deux rivaux se réconcilient et on sous-entend qu'ils sont redevenus best buddies. A quoi va consister la suite de la série alors ? Ils vont faire les 400 coups au country club ? Ils vont continuer à se chamailler puis se réconcilier à l'infini ? Ce n'est pas comme si en l'état actuel des choses, les personnages secondaires pouvaient vraiment relever le niveau. Enfin je suis mauvaise langue. A y regarder de plus près, quand je vous disez que j'ai parfois souri, c'était toujours grâce à l'un ou l'une d'entre eux, pas grâce aux deux stars du show. La petite Jaimie, jouée par Rose Salazar (que j'adooooore et qui avait un talent deal avec ABC qui a donné lieu à ce casting), peut être une sorte d'équivalent à April de Parks And Rec, en plus souriante et plus sociable. Je mise un peu sur elle. Pas tellement sur le reste de la bande. Mais il y a une base pas si mauvaise dans le fond. Avec beaucoup de travail, ça peut devenir cool.

   Le pilote de The Pro n'est ni énervant ni excitant. Il n'est pas mauvais, mais il n'est pas bon non plus. Il est juste au milieu. Son seul espoir de se faire remarquer, c'est si l'alchimie entre le duo principal fonctionne plus encore que prévu. A partir de là, tout est possible, tout espoir d'amélioration sur les épisodes suivants est envisageable. Mais très honnêtement, ce n'est pas avec ça que NBC va remonter la pente côté comédie...

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01 avril 2014

Battle Creek [Pilot Script]

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BATTLE

BATTLE CREEK

Drama // 42 minutes 

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Ecrit et produit par Vince Gilligan (Breaking Bad, X-Files) & David Shore (Dr House). Réalisé par Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men, Dr House). 13 épisodes commandés. Pour CBS, Sony Pictures Television, CBS Television Studios, Shore Z Productions, Bad Hat Harry Productions, Gran Via Productions. 61 pages.

Dans le commissariat sous-équipé de Battle Creek dans le Michigan, le détective Russ Agnew n'a pas bonne réputation. On dit qu'il est méchant, insensible. Personne ne veut faire équipe avec lui. Personne jusqu'à ce que Milton Chamberlain, un agent du FBI qui vient tout juste de débarquer pour prêter main forte à l'équipe de bras cassés, le choisisse, lui, comme partenaire. Leurs visions très différentes de la vie ne vont pas faciliter leur entente, mais leur complémentarité ne peut qu'être un atout pour nettoyer efficacement les rues de la petite ville...

Avec Josh Duhamel (Las Vegas, Transformers), Dean Winters (Oz, Rescue Me, 30 Rock), Kal Penn (Dr House, How I Met Your Mother, 24), Janet McTeer (Damages, The White Queen), Aubrey Dollar (Dawson, Point Pleasant, 666 Park Avenue), Damon Herriman (Justified), Edward Fordham Jr....

 

    Cet automne -normalement- CBS va créer l'événement avec une de ses nouvelles séries policières, Battle Creek. Pas parce qu'elle s'annonce hyper originale, jamais vu, avec une distribution de fou, mais parce qu'il s'agit de la première création post-Breaking Bad de Vince Gilligan. Et accessoirement la première série post-Dr House de David Shore. La plupart du temps, à moins de s'appeler J.J. Abrams, un nom ne suffit pas à rameuter les foules à la télévision. Ni même deux. Mais là, un an après la fin de Breaking Bad, devenue quasiment un phénomène de société au cours de sa dernière saison, et quelques semaines avant le lancement du spin-off Better Call Saul sur AMC, le monsieur est celui que toutes les chaînes s'arrachent. Il est bien évidemment attendu au tournant. Mais il va falloir d'ores et déjà remettre les pendules à l'heure...

   Vince Gilligan est bien le créateur de ce show. En vérité, il l'a écrit il y a 10 ans, déjà pour CBS. Un pilote avait été commandé mais la distribution parfaite n'avait pas été trouvée à temps donc la commande avait été annulée et la série abandonnée. Mais Nina Tassler, alors directrice du département drama de la chaîne et aujourd'hui directrice de la chaîne tout court, s'en est souvenue lorsque Sony Pictures, qui a un contrat exclusif avec Gilligan, l'a démarchée pour développer d'éventuels nouveaux projets avec lui. Elle a donc proposé qu'il remette au goût du jour son script de Battle Creek qui lui avait fait forte impression à l'époque et que David Shore vienne lui prêter main forte et joue le rôle de showrunner en cas de commande en série. Entre temps, Sony s'est dit qu'elle avait de quoi faire monter les enchères puisque AMC, Netflix et d'autres pouvaient être potentiellement intéressés. D'où la commande par CBS de 13 épisodes sans passer par la case pilote ! Tout ça pour vous dire que si l'histoire du projet est compliquée et passionnante, elle est surtout importante quand vient le moment de juger ce que le script de ce pilote vaut.

   Même si des modifications ont été apportées, Battle Creek n'en reste pas moins une série de Vince Gilligan pré-Breaking Bad, qui ne bénéficie donc pas vraiment de sa plus récente expérience, extrêmement riche. Certes, quand il bossait sur X-Files, c'était déjà loin d'être un manche... J'ai trouvé ce premier épisode réussi, efficace, promettant une série policière à la fois classique et différente. Classique car elle est clairement pensée pour CBS. Le CBS des Experts, de FBI: Portés Disparus ou d'Esprits Criminels. Et il est vrai que si elle avait aboutie à ce moment-là, elle aurait été différente. Mais dans un paysage en cours de renouvellement, peuplé de The Good Wife ou de Person Of Interest, elle dénote par son manque d'ambition apparent. Rien ne laisse présager que le feuilletonnant prendra le pas sur le procédural en cours de route. Les héros et le probable développement de leur amitié nourrie de jalousie peut constituer un fil rouge, de même que des pans de leurs vies personnelles peuvent tout à fait être dévoilés au fur et à mesure, mais en l'état, c'est une série policière dont la seule véritable originalité pour CBS est le fait qu'elle se déroule dans une petite ville et non à Los Angeles ou New York, qui plus est pauvre, remplie de dealers et de drogués, donc pas charmante du tout. En revanche, si le commissariat est délabré à la base, l'agent du FBI vient très vite apporter grâce à son équipe des touches de high-tech chères aux Experts et ses consoeurs. Le téléspectateur moyen de CBS n'est au final que très peu bousculé. Le seul truc qui peut éventuellement le déstabiliser c'est l'humour. Battle Creek se veut sombre dans ses décors et les cas qu'elle traite, mais légère dans ses dialogues et son jeu d'opposition good cop/bad cop, qui mériterait d'ailleurs d'être nuancé mais un indice en début d'épisode laisse penser que ce sera le cas. Comprendre par là que Milton Chamberlain n'est peut-être pas si "good" que ça...

   Vince Gilligan est quand même malin, y'a pas à dire. Il sait très à qui il s'adresse et a donc écrit en conséquence, rien que pour les ménagères, un personnage de héros très loin de Walter White et son air de monsieur tout le monde. Jugez plutôt. Milton est présenté de la sorte : "Milt is Brad Pitt, only taller. He's George Clooney, only more aw-shucks charming." Josh Duhamel a clairement le physique de l'emploi ! A-t-il en revanche un jeu suffisamment solide pour nuancer, un jour peut-être ? Pas certain. Mais on ne le lui demande pas pour l'heure. Le détective Russ Agnew est donc évidemment beaucoup plus rugueux, rustre même. On imagine parfaitement Dean Winters l'incarner. C'est un peu sa spécialité ! Et que les fanas de triangles amoureux soient rassurés : il y en a bien un qui se dessine ! Une certaine Holly, que Russ aime beaucoup depuis longtemps, est toute bouleversée par l'arrivée de Milton -les premiers mots qu'elle lui adresse d'ailleurs en bafouillant étant "Hello. You... you're very handsome"- et réciproquement. Sinon, le chef du commissariat est une femme, ce qui n'était visiblement pas le cas dans la première version, et ça c'est plutôt cool. Surtout qu'elle est jouée par la géniale Janet McTeer. Le rôle de Kal Penn est plus anecdotique. Un sidekick plus ou moins amusant, qui fait surtout pitié. Ca devrait bien lui aller. Je ne dis pas qu'il fait pitié, hein ! Juste qu'il a l'habitude d'être plus ou moins amusant. Et souvent plus que moins. Bref. En dehors de ces considérations, sachez simplement que l'enquête de ce premier épisode est rythmée mais un peu facile et qu'elle n'inaugure rien de très excitant de ce coté-là... En même temps, je me dis qu'après avoir attrapé sept ou huit bad guys, si cette ville est si petite qu'on le dit, il va bien falloir feuilletonner avec ceux qu'il restera...

    Il ne faut surtout pas attendre de Battle Creek qu'elle soit du niveau de Breaking Bad. Sur ce front-là, autant être clair tout de suite : même en faisant tous les efforts possibles, elle ne le sera jamais ! Ce qu'elle peut devenir en revanche, en faisant preuve d'un peu plus d'ambition par la suite que sur ce pilote, c'est une série policière énergique avec des héros attachants, façon buddy movie, des enquêtes bouclées efficaces et des éléments feuilletonnants intéressants. Battle Creek pourrait réconcilier les allergiques aux séries policières avec le genre. Elle aura 13 épisodes pour convaincre et elle n'a pas intérêt à se rater !

Posté par LullabyBoy à 12:48 - - Permalien [#]
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