02 novembre 2012

Chicago Fire [Pilot]

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Pilot // 6 610 000 tlsp.

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What About ?

Aucun travail n'est plus stressant, dangereux ou grisant que celui des pompiers, des secouristes et des auxiliaires médicaux de Chicago. Ces hommes et femmes d'élite de la caserne 51 bravent le danger quand d'autres prennent la fuite. Avec la pression, les responsabilités et les égos surdimensionnés viennent les désaccords et les tensions au sein des membres de l'équipe. Et quand la tragédie frappe l'un d'eux, la culpabilité et les reproches fusent. Pourtant, le moment venu de passer à l'action, les dissensions sont laissées de côté pour céder la place à la solidarité. Bienvenue au cœur du quotidien des plus nobles des professions ! (AlloCiné)

Who's Who ?

Drama créé par Michael Brandt & Derek Haas (3h10 pour Yuma). Produit par Dick Wolf (la franchise Law & Order). Avec Jesse Spencer (Dr House), Eamonn Walker (Oz), Taylor Kinney (Vampire Diaries, Trauma), Monica Raymund (Lie To Me, The Good Wife), David Eigenberg (Sex & the City), Lauren German (Hawaii 5-0), Charlie Barnett...

What's More ?

 La série est vraiment tournée à Chicago, contrairement à The Good Wife (New York) ou Urgences à l'époque (Los Angeles, sauf cas particuliers). 

Le vrai maire actuel de la ville, Rahm Emanuel, fait une apparition dans le pilote.

So What ?

   Mon grand-père était pompier. Pourtant, les histoires de pompier ne m'ont jamais intéressé. Ni les siennes (pardon papy), ni celles de New York 911 (même si je trouvais la série pas mauvaise du tout et clairement, elle était même vachement bien), ni même celles de Rescue Me (mais sur ce coup-là, j'admets que je n'ai même pas essayé et je sais pourtant que c'était quelque chose de vachement vachement bien). Et si on remonte encore plus loin, on en trouve d'autres comme Extrême Urgence (L.A. Firefighters) diffusée par TF1, dont je me souviens vaguement. Et il n'y a pas si longtemps que ça, NBC avait déjà tenté le coup avec Trauma. Je n'en garde pas un terrible... traumatisme, certes, mais hormis la scène d'ouverture assez spectaculaire, je ne me rappelle de rien. Je n'ai donc pas lancé le pilote de Chicago Fire avec un grand enthousiasme. Pour preuve : j'ai quand même mis trois semaines à me décider ! J'ai beaucoup lu que la série s'améliorait avec ses épisodes suivants. Je veux bien le croire, parce que le premier n'est vraiment qu'une suite de clichés ennuyeuse au possible !

   Première déception : pas de scène d'ouverture d'envergure ! On a droit à un petit feu de maison tout ce qu'il y a de plus banal dans le métier (j'imagine). Une volonté de montrer sa différence en prônant une certaine forme de réalisme ? Sans doute. Et puis c'est pratique : ça coûte moins cher ! Mais même moi qui ne suis pas très fan d'action, c'est ce que j'attendais dans un premier temps. Le coup du jeune pompier qui meurt en pleine intervention et que ses collègues ne parviennent pas à sauver, ça ne m'a pas paru très original comme entrée en matière. Trop facile même pour créer de l'émotion factice. Factice parce qu'on ne le connaissait pas, pas plus que les héros pour lesquels on est censé ressentir de la compassion. Je crois que si cette mort était survenue en fin d'épisode, après avoir appris à connaitre tous les protagonistes un minimum, j'aurais pu ressentir quelque chose mais là... rien du tout. Les réactions des uns et des autres sont étudiées à la loupe, enfin surtout celles des deux héros principaux, temporairement brouillés mais quasi réconciliés à la fin de l'épisode afin de terminer sur une note positive puisque, clairement, Chicago Fire ne se veut pas trop sombre. On a même droit à la scène super clichée du pompier prêt à basculer dans le vide sauvée in extremis à bout de bras. En gros, on nous explique combien l'esprit d'équipe c'est important dans ce métier et on nous souligne bien fort au feutre noir qu'être pompier, c'est sacrément dangereux ! Des choses que nous ignorions évidemment avant de visionner la série. Pour poursuivre dans le prévisible, on nous fait le coup du petit rookie qui doit se faire une place dans la caserne face à des éléments plus expérimentés, hostiles au prime abord. Heureusement, c'est un des rares personnages d'emblée sympathique. Il y a aussi "les filles", toujours fourrées ensemble et, surprise, l'une d'entre elles est lesbienne ! On verra si sa sexualité sera explorée par la suite ou si c'est juste un gadget pour faire diversion. Avouons en tout cas que ce pilote a le mérite de ne pas tellement jouer sur les relations amoureuses, même s'il y en a. Le Grey's Anatomy des pompiers, ce ne sera pas Chicago Fire ! Les scènes d'intervention permettent de combler le reste de l'épisode et elles sont assez molles. 

   Chicago Fire se voudrait le digne successeur de New York 911 mais son pilote ne présente rien de plus qu'un divertissement vaguement efficace avec des personnages pas très intéressants, qui n'ont pour seul véritable atout que leur plastique irréprochable. Pourtant, les acteurs ne sont pas mauvais. Si la série a du potentiel, il ne transpire pas au cours de cette première tentative ! Un feu de paille en somme...

What Chance ?

 Chicago Fire ne s'en sort pas si mal jusqu'ici pour NBC. On peut donc envisager qu'elle obtienne prochainement une saison complète et même une saison 2 en mai prochain. Mais elle ne durera certainement pas aussi longtemps que les autres productions de Dick Wolf pour la chaîne...

How ? 



01 novembre 2012

Ainsi Soient-Ils [Saison 1]

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Saison 1, 8 épisodes // 1,2 millions de téléspectateurs en moyenne

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 Septembre 2011, Paris. Cinq jeunes candidats à la prêtrise sont sur le point de changer radicalement de vie. En entrant au Séminaire des Capucins, ils vont apprendre à suivre la voie de Dieu et devenir ses ministres. D’où viennent-ils ? Quelles expériences de joie, de douleurs ont-ils vécu ? Autant de questions qui hantent le Père Fromenger, directeur légendaire du Séminaire, et son dévoué bras droit, le Père Bosco, lorsqu'ils accueillent José, Raphaël, Yann, Guillaume et Emmanuel dans leur nouveau monde.


En partageant leurs espérances, leurs doutes, leurs épreuves quotidiennes, nous découvrons un monde fascinant, mystérieux, l’Eglise, qui nous mènera jusqu’au Vatican et ses coulisses politiques. Une plongée haletante dans un univers secret.


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   Pardonnez-moi mon Père, mais j'ai péché. Il ne faut pas jurer, je le sais, mais je vous le jure pourtant : j'étais prêt à défendre de tout mon coeur et de tout mon être Ainsi Soient-Ils, cette nouvelle tentative ô combien honorable d'Arte de relever le niveau de la fiction télé française. Et Dieu sait qu'elle en avait besoin. Je le confesse, le premier épisode, si prometteur, avait fait monter en moi un désir presque inédit. J'en voulais encore. Plus. Tout de suite. Rapidement, alors que je soulageais mes envies grâce aux épisodes suivants, le doute a commencé à m'habiter. Puis le doute a fait place à la colère. Et la colère à la résilience. Ainsi Soient-Ils n'est pas le bijou que j'attendais, pas la série magistrale que j'espérais. Mais elle a le mérite d'exister, elle. Elle a réussi occasionnellement à me faire vibrer, c'est vrai. Et je suis prêt à lui pardonner ses péchés. Mais laissez-moi d'abord vous les exposer. 

    En préambule, par souci d'honnêteté, je me dois bien entendu de rappeller combien il était casse-gueule et osé de se lancer sur un tel sujet, et combien il était risqué pour la chaîne et les producteurs de faire ce pari, qu'ils ont d'ailleurs réussi audimatiquement parlant grâce à une promotion efficace. Si la série est si fascinante dans ses premiers instants, c'est parce qu'elle nous raconte une histoire, des histoires devrais-je dire, singulières et inédites. Elle nous fait entrer dans un monde qui nous est étranger, qui répond à des codes bien spécifiques qu'il faut apprivoiser, mais jamais elle ne nous prend de haut. Elle nous accompagne dans cette découverte, nous prend la main et nous ouvre son coeur. De tous les parcours qu'elle nous propose de suivre, celui d'Etienne Fromenger, le Père en chef du Séminaire des Capucins, est le plus abouti et le plus puissant, jusque dans les dernières minutes du dernier épisode. C'est le moins manichéen aussi. Cet homme de foi n'est pas un Saint. Il a fait des erreurs par le passé et il en paye plus que jamais le prix aujourd'hui. Il est orgueilleux, certes, mais il est terriblement attachant. S'il ne fallait retenir qu'une prestation dans Ainsi Soient-ils, ce serait celle de Jean-Luc Bideau, naturellement charismatique malgré un sens du dramatique dans la voix un peu trop poussé. Son acolyte et second, le Père Bosco, devenu progressivement un traître, n'a pas tenu toutes ses promesses mais s'est transformé en un antagoniste de choix, détestable parfois, rongé tant par la maladie que par l'ambition et l'arrogance. Le ciel semblait sans cesse lui tomber sur la tête, d'où un sentiment de lourdeur procuré par l'interprétation de Thierry Gimenez, trop théâtrale. Le Père Cheminade, le professeur d'hébreux, est la caution comique au sein du Séminaire. On le voit peu mais il est toujours de bon conseil. La soeur Antonietta, seule présence féminine, aurait mérité qu'on lui accorde un plus grand rôle. Elle se contente ici de dire quelques âneries de temps en temps et elle s'acharne à ne pas exister. Le tableau des "adultes" est complété par l'incroyable Michel Duchaussoy -mort depuis et qui manquera énormément à la saison 2- dans le rôle de l'éminent Monseigneur Roman, le représentant des évêques de l'Eglise de France honoré par le Pape, qui a pris pour cible Fromenger. Leurs face à face, rares, sont toujours très intenses. Le premier est d'ailleurs le point culminant du premier épisode, comme le dernier celui du dernier épisode. J'aime à dire que Duchaussoy est à Ainsi Soient-Ils ce que Maggie Smith est à Downton Abbey. Ses apparitions se ressemblent mais sont toujours jouissives. Ce sont deux vieilles peaux remplies de haine qui ne manquent d'humour en aucune circonstance. Mais, au-delà de ça, il est le point d'entrée vers la partie la plus ambitieuse de la série, curieusement la plus réussie et sans aucun doute la plus fascinante aussi, celle qui nous entraîne dans les arcanes du pouvoir religieux, de Paris jusqu'à Rome. Lors de ces passages-là, la série atteint des sommets, même si tout n'est pas toujours limpide et qu'il manque aux non-initiés comme moi quelques clés pour comprendre tous les tenants et tous les aboutissants. 

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    Mais la raison d'être de la série, son argument le plus commercial, son attrait principal auprès des jeunes et ce qui m'avait personnellement le plus intrigué dès que le projet a été annoncé, est malheureusement son plus grand échec. C'est du parcours de ces cinq candidats à la prêtrise que j'imaginais le plus d'émotion et le plus de profondeur. Ma déception est à la hauteur de mes attentes. Les scénaristes n'ont pas réussi à rendre ces héros aussi attachants qu'ils auraient dû l'être. Ils ne sont pas parvenus à en faire des personnages complexes. La plupart d'entre eux se réduisent à une problèmatique basique, qui n'est jamais dépassée ni transcendée. Ainsi, Yann, le scout breton prude et naïf restera tout du long... prude et naïf. J'ai cependant beaucoup de sympathie pour lui. Sa sensibilité m'a touché. Et ses passages "musicaux" étaient divertissants, tout comme nombre de ses répliques. La chanson "Mademoiselle ne pense qu'à mon cul (...)" trotte encore régulièrement dans ma tête. Une sorte de plaisir coupable... José, l'ex-taulard en plein repenti, m'a séduit grâce au jeu de Samuel Jouy, de loin le plus juste de la bande. Toutefois, le personnage s'est perdu sur la fin de la saison dans cette histoire de sans-papiers guère passionnante et clichée, dont les enjeux ont été mal définis dès le départ et qui n'a réussi que dans la dernière ligne droite à susciter un quelconque intérêt. Mais c'était déjà trop tard. Il méritait mieux, c'est certain. Heureusement, la façon dont la saison se termine pour lui est particulièrement réussie. José a souvent été associé à Raphaël, en jouant sur une opposition riche/pauvre facile et stérile. Mais il s'agit probablement des deux seuls personnages dont il ressort une amitié crédible au bout du compte. Le groupe est finalement assez peu souvent réuni, sauf dans le très bon épisode de noël, et quand ils le sont, ça sonne un peu faux. Je pense notamment aux scènes chez Guillaume, tôt dans la saison, qui voulaient nous imposer une amitié qui ne pouvait pas déjà exister après si peu de temps. De la même manière, et c'est certainement le plus gros raté de la saison, l'histoire d'amour entre Guillaume et Emmanuel sort de nulle part dans le 5ème épisode. Dès le 6ème, Emmanuel assure même que Guillaume est la personne qu'il aime le plus au monde ! C'est proprement hallucinant. David Baïot, dont le jeu est déjà très fragile en temps normal, n'est absolument pas convaincant dans les moments d'intimité entre les deux personnages. La chasteté de ces passages est d'ailleurs regrettable. Le contraste entre l'engagement des deux garçons auprès de Dieu et des scènes de sexe aurait été du plus bel effet et aurait donné bien plus de force à l'intrigue. Bref, on ne croit pas du tout à leur histoire. J'en suis extrêmement déçu. On notera que Guillaume, en dehors d'Emmanuel, est en plus relativement inexistant. Je termine par Raphaël, un personnage qui me plaisait bien au départ, mais dont l'héritage familiale a pris beaucoup plus de place qu'il ne fallait. Le suicide de son frère était une excellente idée -très mal mise en scène en revanche- et a permis de provisoirement relancer l'intrigue mais l'ennui a vite repris sa place. Je retiens quand même la prestation très correcte de Clément Roussier (même s'il me fait vraiment trop penser à Patrick Bruel quand il était jeune, y compris dans la voix). En fait, je pense que la série aurait vraiment gagné à se structurer différemment en consacrant un épisode à un personnage, éventuellement en faisant appel à des flashbacks, et en intégrant les autres séminaristes au récit. C'était le seul moyen d'approfondir chaque portrait et d'atteindre, peut-être, ce but : nous expliquer comment ils en sont arrivés là, pourquoi ils ont choisi d'entrer au Séminaire. Car, au fond, au terme de la première saison, je ne le sais toujours pas (sauf dans le cas d'Emmanuel, qui dit lui même avoir inconsciemment cherché à se cacher) et ça me chagrine. 


// Bilan // Ainsi Soient-Ils a beau être indiscutablement l'une des séries françaises les plus réussies de ces dernières années -plus ambitieuse sur le fond que sur la forme- elle est loin, très loin, d'être divinement parfaite. On rêvait d'un chef d'oeuvre, on a eu le croquis de ce qui aurait pu en être un. 

Qu'il en soit ainsi. Amen.