11 octobre 2011

Grey's Anatomy [8x 04]

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What Is It About Men // 8 700 000 tlsp.

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    Grey's Anatomy a beau veillir sereinement, elle cherche encore à nous surprendre et à changer nos habitudes de temps à autres. C'est particulièrement le cas cette semaine avec un épisode 98% hommes. Les femmes de la série ne sont pas subitement toutes parties en vacances en même temps mais elles se contentent de faire de la figuration, quand elles ne sont pas totalement absentes à l'écran. Meredith cède logiquement sa place de voix off non pas à un mais à tous les hommes du Seattle Grace. Passé l'effet de surprise, on se laisse aisément prendre au jeu même si l'on sent bien que la série est écrite par des femmes en majeure partie. Les discours d'ouverture et de fermeture auraient pu être prononcés par l'héroïne finalement, et l'étude sur le Mâle n'est pas très poussée... Elle est même un peu trop clichée à mon goût. Les hommes qui bricolent, tout ça... Mouais. C'était un bon moyen de les réunir (et pas uniquement autour d'une bière) et ça a permis par la même occasion de faire avancer la construction de la maison Shepherd. Les travaux ont quand même commencé il y a trois ans... Excellente idée également de faire des patients du jour des geeks blessés lors d'une convention type Comic Con. Les auteurs se font alors plaisir avec des réfèrences à Doctor Who, Game Of Thrones, Lord Of The Rings et j'en passe. Un peu facile mais pretty funny !

   D'ailleurs, l'impression globale qui ressort de cet épisode, c'est justement son aspect sympathique et amusant. Il ne se passe rien de grave et je le regrette presque : cela aurait été intéressant de voir les réactions de ces hommes confrontés à un vrai drame, ou au moins pour l'un d'entre eux. Owen prend ses fonctions de nouveau chief et se révèle assez rapidement à l'aise dans son rôle. Il a son style, un peu brut de décoffrage certes, mais en adéquation avec ce qu'il a toujours été. De son coté, Richard est très à l'aise dans ses nouvelles fonctions. Il est même très (trop ?) excité à l'idée de pouvoir opérer ! Il se révèle meilleur conseiller auprès de Karev et Avery dans cette position où le rapport de force n'est plus le même. Alex n'offre rien de bien consistant cette semaine, à l'inverse de Jackson que l'on prend de plus en plus de plaisir à découvrir, tout simplement, puisqu'on le connaissait mal. Il finit par choisir sa spécialité et donc son camp : celui de Mark.

   La petite guéguerre entre Sloane et Shepherd était divertissante d'ailleurs mais c'était surtout agréable de les réunir. Leur amitié n'avait plus été très exploitée depuis un moment. Dans le même temps, Mark montre sa déception quant à ne pas avoir été choisi comme le successeur de Richard au poste de Chief. Je m'étonnais la semaine dernière que cette nomination étonnante ne fasse pas plus de vagues... Bailey apparaît évidemment peu mais elle a quand même le temps de jeter un regard qui en dit long à Owen... Quelle meilleure occasion que cet épisode pour ré-introduire le personnage de Ben, maintenant que Off The Map a été annulée et donc Jason George libéré ? Ce n'est pas un personnage pour lequel j'ai une grande affection mais comme il était parti précipitamment, je suis content qu'il puisse revenir pour régler son histoire. A moins qu'il ne reste ? Je ne suis pas contre non plus. L'affrontement entre lui et Eli a vite tourné court mais il y a là du potentiel pour les prochains épisodes ! Qui aurait cru qu'un jour deux hommes se battraient pour Bailey ? Certainement pas elle, pour commencer... 

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// Bilan // Souvent émasculés par les femmes fortes de la série, les héros de Grey's Anatomy méritaient bien un épisode rien qu'à eux, qui aurait certainement été moins anecdotique s'il avait été plus subtil et si les auteurs n'avaient pris l'unique parti de divertir. Le résultat reste tout à fait convenable et on ne peut que saluer l'initiative. 


The Vampire Diaries [3x 04]

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Disturbing Behavior // 2 630 000 tlsp.

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    Le conseil des familles fondatrices de Mystic Falls a toujours été quelque chose d'abstrait puisque les caméras n'ont jamais pris le soin de s'arrêter en son sein. Cet épisode laissait penser que ce moment était enfin arrivé et que les scénaristes allaient vraiment explorer ce pan de l'histoire qui, à titre personnel, m'intrigue beaucoup. Il faut croire que la CW fait signer une clause dans les contrats de ses auteurs stipulant que les personnages adultes ne doivent pas rester à l'écran sans la présence d'un ado plus de 30 secondes. On assiste donc à la fin du conseil, présidé par Cougar Lockwood, en présence de Damon -qu'aucun ne soupçonne alors que personne ne ressemble plus que lui à un vampire- ainsi que du Shérif Forbes, de son ex-mari -qui est gay, apprend-on, ce qui est assez marrant puisque Jack Coleman, son interpréte, est le premier acteur à avoir interprété un personnage ouvertement homosexuel à la télévision américaine et c'était alors dans le soap Dynastie dans les années 80- et Alaric, lequel trouve ainsi une nouvelle place au sein de la série. L'ancien chasseur de vampires devient un infiltré parmi le Conseil. Le thème de la chasse aux monstres sanguinolents s'élargit d'ailleurs avec l'allusion à un nouveau big bad, craint par Klaus lui-même, pour le moment désigné comme le "Hunter". La mythologie de cette série -comme de beaucoup d'autres d'ailleurs- revient au système des poupées Russes. Chaque grande menace en cache toujours une autre. 

   Il a été beaucoup question du collier d'Elena dans cet épisode qui, on l'apprend, appartenait à la toute première sorcière. Les Originals ne se déclinent donc pas qu'en vampires, mais aussi en sorcières et sans doute plus tard, en loups-garous. C'était logique en fait, on n'y avait juste pas pensé ! La Gloria de Chicago, que j'aimais bien, n'aura donc pas fait long feu après avoir torturé copieusement Stefan. Il est sauvé par Katherine, bien décidée à jouer un rôle dans toute cette histoire. Le retour à Mystic Falls à la fin de l'épisode vient à la fois comme un soulagement et comme une évidence : on savait très bien que Stefan et Klaus n'allaient pas rester bien longtemps éloigné d'Elena, de Damon et du reste de la clique. Le retour de Bonnie ne s'est pas révélé aussi pénible que je l'attendais. On peut même dire qu'elle arrive au bon moment : elle permet de faire légèrement avancer l'intrigue de Jeremy qui stagne depuis le début de la saison -tandis que Matt est encore porté disparu- en nous offrant quelques scènes assez réussies avec Anna (magnifique Malese Jow d'ailleurs) et deux-trois tours de magie divertissants. 

   Tout le monde a décidé de mettre Elena en garde vis à vis de Damon, puisque leur rapprochement est apparemment évident. Pour nous, il ne se résume finalement pas à grand chose mais les scénaristes en gardent sous le pied pour plus tard. Pendant un instant, on en veut donc pas mal à Caroline d'insister sur le passé de Damon et combien il serait mauvais pour elle de succomber à ses charmes. C'est tout ce qu'on attend... Et puis c'est assez ridicule finalement d'entendre des "Damon ne peut changer" alors que Stefan a prouvé, lui, qu'il en était capable. Pouquoi pas Damon, d'autant qu'il n'a pas toujours été comme ça non plus ? Cela dit, il est bien parti pour pencher définitivement du coté obscur de la force. La présence de Katherine dans les parages devrait bien l'y aider. Sinon, je suis un peu déçu par Rebekah, qui n'a servi à rien dans cet épisode sauf dans la scène d'introduction très amusante où on jouait sur les différences entre les tenues des années 20 et celles d'aujourd'hui, et de même pour la musique. Klaus... Mouais, toujours du mal avec lui.

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// Bilan // Je n'aime pas parler d'"épisode de transition" mais celui-ci en est véritablement un. Il pose les bases pour la suite en ramenant tout le monde à Mystic Falls et en nous laissant miroiter des évolutions positives de tous les cotés. Alors vivement le prochain...

10 octobre 2011

Ringer [1x 04]

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Par UglyFrenchBoy

It's Gonna Kill Me But I'll Do It // 1 500 000 tlsp.

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   Lancées avec seulement un mois d’intervalle, les séries Ringer et Lying game ont fait l’objet de comparaisons inévitables, a fortiori quand les deux fictions sont diffusées sur des chaînes ciblant des jeunes téléspectateurs. Très vite, la première s’est élevée au-dessus de sa non-concurrente, ainsi que des autres séries mettant en scène des jumeaux. Ces dernières sont souvent caractérisées par l’opposition  dans la personnalité des personnages centraux, dont les intentions sont souvent soit bonnes, soit mauvaises, sans juste milieu.

   Le point fort qui se dégage de Ringer est donc son absence de manichéisme surprenante. Bridget, qui n’a pas les moyens, ni l’allure ou la perversité  de sa sœur, du moins en apparence, n’en est pas pour autant un parangon de vertu. En plus d’un passé de junkie, strip-teaseuse et même prostituée, la jeune femme a beau suivre son traitement à la lettre dans le cadre de sa cure de désintoxication, elle attaque un agent chargé de sa protection, lui vole son arme, et, un peu plus tard, usurpe avec une certaine aisance l’identité de Siobhan (pilote). Sa culpabilité sera de courte durée  (épisode suivant) et elle tombe même amoureuse du mari de sa sœur qu’elle croit décédée, sans en toucher mot au principal concerné (troisième épisode). Et ce, sans compter sa probable implication dans la disparition du fils de Siobhan. Quant à celle-ci, aussi machiavélique soit-elle, on comprend, via un flashback, que sa relation avec Henry était sincère. Le coup de téléphone lors du test de grossesse (géant) était déjà une première indication. Reste que l’amoureuse de Paris a un plan en tête et son pion n’est autre qu’un employé d’une sous-division de l’empire bâti par son mari, à qui elle dérobe d’ailleurs un dossier intitulé « account transfers »…

  Siobhan a beau avoir un temps d’antenne plus important que lors des deux précédents épisodes, que ce soit via les flashbacks ou son escapade dans la Ville Lumière, c’est Bridget qui capte tout particulièrement notre attention. Nous sommes donc le 30 septembre (date de naissance indiquée sur la carte d’identité de sa sœur lors du pilote) et l’héroïne fête son anniversaire. Un événement qu’elle n’avait pas vraiment en tête et qui vient contrecarrer ses plans pour se rendre dans les Hamptons et se débarrasser des preuves pouvant l’incriminer. C’est en compagnie d’Andrew qu’elle se retrouve à souffler ses 32 bougies (la pièce d’identité indiquait également 1979). Mais pas seulement, puisque Henry et Gemma sont également du voyage. À partir de la dixième minute, une fois le quatuor réuni, les choses sérieuses peuvent commencer. Pas de chassés-croisés, au grand dam du personnage incarné par Kristoffer Polaha qui devient subitement supportable, mais des informations  sur la véritable nature des sentiments de chacun. Si Gemma découvre déjà le pot aux roses, sa réaction est à la hauteur de la trahison. Entre incompréhension face à une Bridget visiblement amoureuse d’Andrew et colère, elle assiste avec détachement au spectacle livré devant elle lors du repas, jusqu’à son départ impromptu, écœurée. L’envoutant morceau électro-pop Until we bleed du groupe Kleerup, bénéficiant du timbre de Lykke Li, confère à cette scène une dimension particulière.

   De son côté, après avoir fait preuve d’une étonnante force de caractère, Bridget se retrouve déjà sur la corde raide. On pourrait être agacé par ces effets et une héroïne en danger permanent, mais il en ressort une curiosité amplifiée, notamment suite à cette révélation finale. Un cliffangher à la hauteur des espérances, ou du moins de celles que l’on avait plus. Difficile d’anticiper la réaction de Gemma, doublement trompée. Bridget trouvera-t-elle enfin une alliée ? Pour la première fois, Ringer parvient à susciter de la frustration chez le téléspectateur, non pas pour son écriture ou sa mise en scène, mais celle de devoir attendre une semaine avant l’épisode suivant.

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// Bilan //  Si la trame narrative de Ringer semblait jusqu’ici confuse, cet épisode a de quoi réconcilier ceux (déjà) fâchés avec la série. On note une absence de manichéisme, particulièrement bienvenue : quand l’absence de morale de l’une surgit, le téléspectateur devient témoin d’une faille de l’autre. Néanmoins, le cas de Bridget reste pour le moment le plus intéressant et la petite avance que le téléspectateur a sur elle la rend encore un peu plus attachante. Loin du tumulte, Siobhan ne procure pas la même émulsion. 

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09 octobre 2011

Fringe [4x 01 & 4x 02]

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Neither Here Nor There (Season Premiere) // One Night In October

3 480 000 tlsp. // 3 050 000 tlsp.

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    "Every Answer Leads To Another Question". Une phrase familière dans l'univers de J.J. Abrams, déjà utilisée dans Lost et qui trouve aujourd'hui une résonance toute particulière dans Fringe. Après les envolées de fin de saison dernière, la série fantastique -dans tous les sens du terme- troque une forme étonnante et fascinante par ce qu'elle est capable d'offrir de plus classique. Les scénaristes ont ainsi opté pour une enquête du jour à base de shape-shifters peu passionnante qui ne trouve d'intérêt que dans les relations entre les personnages qui doivent désormais vivre, sans le savoir, sans Peter. Il a cessé d'exister, comme le cliffhanger de la fin de saison 3 l'annonçait, l'histoire a donc été réécrite sans lui. Les conséquences ne sont pas surprenantes : Olivia ressent un grand vide en elle sans être capable de l'expliquer; Walter a des hallucinations d'un homme étranger qui n'est autre que son fils et, sans son influence positive, il est incapable de sortir de son laboratoire. Astrid obtient donc temporairement un rôle plus actif dans les enquêtes. Les débuts de la série sont revisités grâce à l'arrivée dans l'équipe de l'agent Lee après avoir perdu son partenaire, comme Olivia avec l'agent Scott et plus tard avec Charlie (mais lui n'est bizarrement pas du tout évoqué). Son "innocence" permet d'introduire efficacement les différences entre le monde tel que nous le connaissions avec Peter et ce monde sans lui, qui semble plus sombre. C'est peut-être cette ambiance volontairement froide qui m'a perturbé mais c'est une belle manière de montrer combien l'absence de Peter dans la vie des uns et des autres est douloureuse, même s'ils l'ignorent. Il leur avait apporté de la joie. Cette joie n'est plus. La cohabitation entre les deux univers est peu exploitée dans ce premier épisode même si quelques scènes réussies -dont celle qui ouvre la saison- réunissent les deux Olivia, aussi différentes que complèmentaires. La participation des Observers apporte ce qu'il faut de mystère mais, après 4 saisons, on attend davantage d'eux. Sinon, le nouveau générique orangé-doré est du plus bel effet !

   Dans le deuxième épisode, le second univers entre en scène à travers une collaboration étroite et pertinente entre les deux Division Fringe. Les plans d'un serial killer dans le monde 2 doivent être déjoués à l'aide de son alter-ego du monde 1, professeur en apparence beaucoup plus sain d'esprit. Il se trouve qu'en réalité, il a vécu la même enfance difficile que son "double", abusé par son père, sauf qu'il n'a pas pris le même chemin. Lui a connu l'amour et le bonheur tandis que l'autre le cherche éperdument et littéralement en fouillant le cerveau des gens heureux. Le miroir avec ce qu'a vécu Olivia quand elle était plus jeune est évident mais le petit twist c'est que maintenant que l'histoire a été réécrite, son beau-père n'a pa disparu : elle l'a tué ! La perspective de le voir revenir un jour s'éloigne donc et cela ne me plait pas trop, étant donné que j'attends ça depuis la saison 1 (l'épisode cartoon ne compte pas !). Cette différence dans l'Histoire n'en est qu'une parmi tant d'autres. Le plaisir du téléspectateur ici est de les repérer et elles sont nombreuses : Broyles numéro deux, par exemple, n'est plus mort. Bien que le cas du jour soit particulièrement touchant -John Pyper-Ferguson était d'ailleurs très bon dans le rôle de John McClennan- l'épisode ne décolle jamais vraiment, à mon grand désarroi. 

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// Bilan // Deux épisodes d'ouverture pour la saison 4 de Fringe un peu trop classiques à mon goût bien qu'efficaces, auxquels il manque, indéniablement, un grand quelque chose : Peter. 

Terra Nova [Pilot]

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Genesis (Part 1&2) // 9 220 000 tlsp.

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What About ?

 Les Shannon, une famille ordinaire vivant en 2149 alors que la Terre se meurt, est envoyée dans le passé, 85 millions d'années plus tôt à l'ére préhistorique. Ils rejoignent "Terra Nova", une organisation humaine à qui des scientifiques offrent une seconde chance pour reconstruire une civilisation. Mais la Terre promise et les habitants qui la peuplent, petits et géants, ne sont pas tous accueillants...

Who's Who ?

Créée par Craig Silverstein et Kelly Marcel. Produite par Steven Spielberg (E.T.,Jurassic Park, Falling Skies). Avec Jason O'Mara (Life On Mars US, Men In Trees, In Justice), Shelley Conn (Marchlands, Dead Set, Mistresses), Stephen Lang (Avatar), Christine Adams (The Whole Truth, Pushing Daisies), Landon Liboiron, Alana Mansour, Naomi Scott...

So What ?

    Tout a déjà été dit sur Terra Nova -depuis deux ans en fait, depuis le lancement du projet jusqu'à sa diffusion maintes fois repoussée- et j'arrive en plus un peu après la bataille. Mais je n'ai de toute façon pas grand chose à dire sur cette nouvelle série, qui n'a que ses moyens pour seule ambition. Est-ce que les effets spéciaux sont impressionnants ? Oui ! La multitude de fonds verts est étourdissante. Au cinéma, ça n'aurait pas été suffisant mais à la télévision, ça passe vraiment bien. J'ai trouvé que les dinosaures -car oui, forcément, il y en a- étaient particulièrement réussis. Les vues aériennes de la ville fantôme au début du pilote -sans doute mon passage préféré d'ailleurs- avaient de la gueule. Les paysages de Terra Nova ressembent bien trop souvent plus à de beaux dessins qu'à des images réelles mais l'illusion est d'un niveau acceptable. Je trouverais dommage de faire la fine bouche. Cela reste du grand spectable et il est impossible de citer une série qui puisse rivaliser avec Terra Nova dans l'histoire de la télévision de ce point de vue purement visuel. Cela ne veut évidemment pas dire que la réalisation est inspirée et originale. C'est encore autre chose. Mais, indéniablement, on se fait happer dans ce nouveau monde -ancien plutôt en fait- comme les personnages lorsqu'ils traversent le champs magnétique. 

   Tout nous est familier dans Terra Nova puisque le récit n'a strictement rien d'innovant que ce soit dans le propos ou dans les rebondissements. Les héros, eux-mêmes, ne sont que des caricatures de personnages croisés dans tous les divertissements du genre (et les acteurs sont interchangeables). Le père est charismatique et aimant, mais ses maladresses le conduisent à se faire détester par son fils; la mère est douce et médecin, un classique de chez classique; les ados sont évidemment en crise et défient l'autorité parentale en flirtant avec de mauvaises fréquentations; le leader de l'organisation est autoritaire, inquiètant mais doué d'humour et profondément préoccupé par le bien-être de sa communauté, capable de risquer sa vie pour eux. Et puis il y a les inévitables red-shirts, à savoir tous ces personnages qui errent autout de nos héros et qui sortiront, pour certains, de l'ombre de temps à autres. Et enfin, les méchants, les Sixers -à ne pas confondre avec les Skitters de Falling Skies- qui constituent le seul élément véritablement intriguant de ce lancement plan-plan. Malheureusement, leur présence n'est que prétexte à des courses-poursuites qui en mettent plein les yeux mais qui nous laissent terriblement sur notre faim. Les épisodes suivants ont tout intérêt à explorer leur histoire. On pose également quelques questions sur le lieu en lui-même, avec des inscriptions mystérieuses sur des roches. On pense tout de suite à Lost mais il ne faut pas s'attendre ici à atteindre le même degré de profondeur et de complexité.

   Terra Nova aurait été une bonne série il y a 10 ans, avant l'arrivée de Lost et d'Avatar; elle aurait été une excellente série il y a 20 ans, à l'époque de Jurassic Park. Aujourd'hui ? Elle n'est qu'une ressucée de ce que l'on a déjà vu des dizaine de fois avec une ambition financière énorme mais pas d'ambition scénaristique. Elle est un divertissement qui met avant tout l'accent sur la famille, sur ses valeurs, qui tente au passage de faire passer un message écologiste presque inéluctable de nos jours... elle est donc tiède, et prévisible, et un peu ennuyeuse. Je vais quand même lui laisser sa chance, car elle reste malgré tout unique dans le paysage audiovisuel actuel.

What Chance ?

   A cause de son coût exorbitant et de ses audiences relativement modestes, Terra Nova n'est pas assurée de connaître une seconde saison. Ce qui est certain, c'est que la production ne peut pas fournir plus d'une dizaine d'épisodes par an. En faire un événement récurrent chaque rentrée avant de laisser la place à d'autres pourrait assurer sa survie. On peut tout de même regretter qu'elle ne fonctionne pas mieux : les networks, déjà frileux, risquent d'y réfléchir à deux fois avant de prendre de tels risques...

How ?


08 octobre 2011

American Horror Story [Pilot]

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Pilot // 3 200 000 tlsp.

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 What About ?

La famille Harmon, composée d'un psychiatre pervers, de sa femme meurtrie et de leur fille satanique, s'installe dans un manoir... hanté, après l'adultère du père et la fausse couche de la mère. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer, afin de les confronter à leurs plus grandes peurs...

Who's Who ?

Créée par Ryan Murphy (Popular, Nip/Tuck, Glee) et Brad Falchuck (Glee, Nip/Tuck). Avec Dylan McDermott (The Practice, Big Shots, Dark Blue), Connie Britton (Friday Night Lights), Jessica Lange (King Kong, Frances, Tootsie), Denis O'Hare (True Blood, The Good Wife), Frances Conroy (Six Feet Under), Alexandra Breckenridge (Dirt), Evan Peters (Kick-Ass), Taissa Farmiga...

So What ?

    Le sucre acidulé ne dégouline plus de la bouche de Ryan Murphy, le créateur de Glee. Quelle est donc cette substance sombre et rance mais familière qui suinte de son esprit malade ? American Horror Story vous pénétre par tous les pores, vous met tout les sens en éveil, vous fascine et ne vous lâche plus. La question n'est finalement pas de savoir s'il s'agit d'une bonne série, car c'est indéniablement le cas -elle est originale, dérangeante, marquante et bouleversante à sa manière, ce que la quasi-totalité des dramas d'aujourd'hui ne sont pas- mais plutôt pendant combien de temps et jusqu'à quel degré êtes-vous capable de résister à son ambiance foutraque et angoissante, coincé entre son manoir glauque et ses héros cafardeux, parfois sinistres. Il y a les téléspectateurs qui aiment se faire bousculer, pousser dans leurs retranchements, qui acceptent de faire sonder leur noirceur et leur part de perversion -je fais partie de ceux-là- et qui apprécieront donc la série à sa juste valeur, uniquement pour ce qu'elle est, jusque dans ses maladresses, et puis les autres, plus fragiles, plus cartésiens, plus prudes, qui ne verront dans cette tentative qu'un vain besoin d'effrayer et de choquer. 

   A moins d'être terrorisé à la vue de la moindre goutte de sang, du premier squelette venu ou du trisomique du coin, il ne me semble pas que l'on puisse être horrifié une seule seconde par cette Story qui suggère bien plus qu'elle ne montre. Décrite comme un thriller psychosexuel, une définition qui lui sied effectivement bien, la série privilégie toujours l'ambiance, quitte à user d'effets de style peu convaincants. Le style vieux film avec la bande qui saute, par exemple, n'est pas une grande réussite. La réalisation de Ryan Murphy est proche de celle de Nip/Tuck lors de ses heures les plus glorieuses (j'ai pensé inévitablement au Découpeur en voyant arriver cette silhouette toute de latex vêtue) et un excellent travail a été fait au niveau de la bande-son tant dans les morceaux choisis que dans les compositions originales. Les sons étranges et sourds, mettalliques, se confondent aux chuchottements et aux gémissements qui bruissent de toutes parts dans la maison des fantasmes et des phobies.

   La distribution est absolument impeccable, du plus petit au plus grand rôle. Dylan McDermott, après des années de perdition, retrouve enfin un personnage d'envergure, dont les consultations, proches de celles de Troy et McNamara, risquent de nous réserver parmi les scènes les plus profondes et introspectives de la série. Le patient du premier épisode, dangereux et amené à rester dans les parages, est ahurissant. Sa vision de la vie, qui consiste à la réduire à la mort, témoigne d'une réalité d'aujourd'hui qui rappelle la tuerie de Colombine, entre autres. Passera-t-il à l'acte ? C'est d'ailleurs dingue comme les passages se déroulant au lycée sont à l'opposé, au moins dans la forme, de Glee. On est dans un tout autre monde, alors que les problèmes rencontrés par ce garçon ou par la fille du héros, sont les mêmes que ceux de la chorale de McKinley. De toute façon, tous les personnages d'American Horror Story, sans exception, de la voisine psychotique (exceptionnelle Jessica Lange) à la gouvernante provocante (étonnantes Frances Conroy et Alexandra Breckenridge) en passant par le serial-killer brûlé vif (toujours parfait Denis O'Hare), sont d'une force incroyable. Vivien Harmon, la mère de famille, obtient probablement la palme du personnage le plus habité grâce à la performance sans fausse note de Connie Britton. La scène de dispute est un des moments les plus intenses à la télévision cette année.

   American Horror Story, comme Nip/Tuck en son temps, repousse les limites de ce qu'il est possible de faire à la télévision américaine en osant le malsain, en déjouant le Malin. Ultra-référencée, elle est une poupée vaudou désarticulée qu'il faudra apprendre à apprivoiser avec le temps, pour qui se sent d'attaque.

How ?

Charlie's Angels [Pilot]

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Angel With A Broken Wing (Pilot) // 8 760 000 tlsp.

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What About ?

Trois filles superbes sont recrutées par l'agence Townsend pour remplir des missions qui ne sont pas sans danger...

Who's Who ?

Créée par Alfred Cough et Miles Milar (Smallville). Remake de la série des années 70. Avec Minka Kelly (Friday Night Lights, Parenthood), Rachael Taylor (Transformers, Grey's Anatomy), Annie Ilonzeh, Ramon Rodriguez...

So What ?

    "Nous ne sommes pas des flics. Nous sommes des anges." "Nous ne sommes pas les anges de la vengeance, nous sommes les anges de la justice". "Ces filles ne sont pas des saintes, ce sont des anges"... Vous en voulez encore ? Perso, j'ai eu ma dose de répliques à vous sortir les yeux de leurs orbites. Ils sont d'une facilité déconcertante -les métaphores anges/démons, paradis/enfer se multiplient tout au long du pilote et c'est horriblement lourd- et récités sans la moindre conviction. Je ne voudrais pas accabler les actrices étant donné qu'elles ne pouvaient pas, même en le voulant très fort, faire du bon travail avec un tel script et de tels dialogues, mais tout sonne absolument faux du début à la fin. On n'est pas loin de la parodie. La scène qui suit la mort de leur copine -la seule Ange qui savait à peu près jouer rend l'âme ironiquement au bout de quelques minutes- est un excellent exemple de médiocrité. Le twist que je viens d'évoquer, qui conduit à l'arrivée de Minka Kelly (qu'est-elle allée faire dans cette galère mon Dieu ?), était bien trouvé mais qui suit un minimum l'actualité des séries a compris dès l'ouverture qu'un truc clochait. Il s'agissait cependant de la seule "bonne" surprise de ce pilote. Le reste du scénario est prévisible, sans une once d'originalité et bien pire encore : sans une seconde d'efficacité ! 

   Non parce que je ne sais pas vous, mais moi, je ne m'attendais pas en regardant le pilote de Charlie's Angels a du grand art. La série originale, de ce que j'en ai vu, n'était pas un chef d'oeuvre non plus mais son aspect kitsch seyait bien à l'époque. Tout ce que j'espérais c'est que cette nouvelle version soit amusante, rythmée et donc efficace. Qu'elle fasse un effort de second degré, qu'elle mette l'accent sur l'humour. Un peu à la manière d'un Chuck quoi (même si j'ai vite lâché vu que ce n'est pas trop mon truc). Ou, exemple beaucoup plus parlant : comme la série de films sortie dans les années 2000 ! Sauf que la mignonne Minka Kelly, l'affreuse Rachael Taylor et la transparente Annie Ilonzeh n'arrivent pas à la cheville des excellentes Lucy Liu, Cameron Diaz et Drew Barrymore (qui produit quand même ce truc). Et ce ne sont pas les créateurs de Smallville qui étaient sur le coup... Le nouveau Bosley est une caricature du latino basique. Quant à Charlie... ils ont bien fait de le garder comme une "simple" voix. Cela passe beaucoup moins bien aujourd'hui qu'il y a 30 ans mais c'est la marque de fabrique de la franchise alors... Coté réalisation, les décors naturels de Miami ne suffisent pas à la rendre intéressante. Il y a quelques bonnes idées de temps en temps et on voit qu'ABC a mis les moyens mais, globalement, c'est plus ridicule qu'autre chose. 

   Charlie's Angels s'ajoute à la longue liste des remakes de séries des années 60-70 qui ont raté leur lifting. C'est qu'avec tout ça, le pilote d'Hawaii Five-O passerait presque pour un modèle de réussite. Il faut avouer que lui, malgré ses défauts, était efficace et fun. ABC s'est sentie pousser des ailes en ayant l'idée de déterrer cette vieillerie, mais ce premier épisode ne décolle jamais. Les anges se sont brûlées les ailes. Bienvenue en enfer, bitches !

What Chance ?

Comme prévu, la sauce n'a pas prise et ce dès le lancement ! Une annulation dans les prochaines semaines est plus qu'envisageable. ABC a plein de cartouches de mi-saison : ça tombe bien (Missing, The River, Scandal, Good Christian Bitches...) !

How ?

 

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06 octobre 2011

Desperate Housewives [8x 02]

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Making The Connection // 9 160 000 tlsp.

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   Pour faire preuve de ma bonne foi, cette année, dans chacune de mes critiques de Desperate Housewives, je ne dirai plus "du revu et revu" mais "bel hommage au glorieux passé de la série". En saison 8, j'ai envie de tout pardonner aux scénaristes et à Marc Cherry. Ils nous resservent la même soupe depuis des années et on est encore là à en laper la moindre goutte. Le problème ne vient clairement plus d'eux à ce stade, mais de nous. 

   Ainsi, j'ai trouvé très intéressant de voir Gaby se trémousser en tenue légère contre une barre de pole dance (sa chute était mémorable). Cela nous permet de repenser avec nostalgie, la larme presqu'au coin de l'oeil, à cette époque où Susan a hérité d'un club de strip-tease mais n'a jamais utilisé l'argent gagné en le revendant pour se sortir de ses ennuis financiers. Cela peut aussi nous ramener à cette période où elle devait se filmer en train de faire le ménage en nuisette pour exciter les pervers et gagner sa croûte. Et il me semble que Gaby a déjà fait des expériences similaires pour revigorer la libido de son mari, à moins que ce soit Lynette, ou bien Bree avec Orson... Bref, elles ont toutes plus ou moins vécu ça. Je suis intimement convaincu que ma mère en bonne ménagère a dû faire ça un jour aussi... Vous l'avez compris : je suis ironique. Cette intrigue n'était pas du tout inspirée et Eva Longoria n'a même pas eu l'occasion de rendre tout ça plus amusant puisqu'elle n'a pas vraiment dansé ni même embrassé sa coach. Je retiens quand même la réplique de Carlos sur sa cécité d'antan. Ca, c'était drôle !

   Pendant ce temps-là, Susan s'est encore couverte de ridicule auprès des flics. Une constante saison après saison. On ne compte plus le nombre de fois où elle s'est faire arrêter au volant ! Cette fois, elle va elle-même au devant des ennuis afin d'affronter sa culpabilité suite au fameux meurtre de fin de saison dernière. Elle a ainsi l'impression de payer sa dette. Comment dire ça sans y aller trop fort... ah oui : c'était nullissime ! Pas drôle du tout et ridicule. Je crois d'ailleurs que Teri Hatcher en avait parfaitement conscience en le jouant et n'a pas cherché à rendre la chose meilleure. Le pouvait-elle de toute façon ? Il ressort de ces pénibles scènes une idée intéressante : Susan et Carlos, un duo qui n'a jamais été très exploité, partagent leurs inquiétudes et leurs doutes. Cela ne les ménera pas bien loin mais c'est inédit, au moins. Tiens, ce serait marrant qu'ils couchent ensemble pour la peine ! Non, je rigole. Enfin je veux dire : je sais bien que ça n'arrivera pas. A quoi bon en rêver ?

   Les Scavo séparés ont les mêmes problèmes et les mêmes reproches à se faire que les Scavo ensemble. C'est du coup très routinier, l'opportunité de faire jouer à Felicity Huffman autre chose que ses rengaines habituelles s'éloignant, mais c'est plutôt bien vu dans le fond. Le divorce n'est clairement pas la solution miraculeuse qu'ils attendaient mais, pour le moment, il leur permet au moins d'enterrer la hache de guerre. Il est temps que l'amie Renee vienne nous égayer Lynette mais, pour le moment, elle est bien trop occupée à courir après son voisin australien. Ses intéractions avec lui ne sont pas d'une grande originalité mais Vanessa Williams se donne à fond alors la mayonnaise prend inévitablement. Toutefois, je me demande vraiment ce qui est passé par la tête des producteurs : pourquoi faire appel à ce veau de Charles Mesure ? Et pourquoi le maquiller comme une vieille catin ? Il est plus maquillé que sa partenaire, ce qui est quand même un comble (Vanessa Williams baignant sa tête dans un pot de peinture orange avant le tournage de chaque scène). Et le mascara, pourquoi ? De toute façon, il est mauvais comme un cochon et c'est bien ça le pire. A tout moment je m'attends à voir débarquer Elizabeth Mitchell (alias Erica dans V) pour le récupérer. En vain... Ah et sinon Ben est chelou. Normal, c'est le nouveau voisin. Il doit avoir un projet du genre raser tout Wisteria Lane pour construire je ne sais quoi... Ca promet, tiens ! Je garde de l'intrigue de Renee surtout le passage avec McClucskey qui m'a bien fait marrer.

   Sera-t-il lié au fil rouge de la saison ? Je ne pense pas, sincèrement. Ce ne serait pas particulièrement étonnant mais j'ose croire que les scénaristes ont prévu des choses plus surprenantes. Autres que les soupçons qui se portent sur Chuck j'entends. On savait très bien que ça allait arriver et son comportement étrange vis à vis de Bree ne laissait planer aucun doute là-dessus. A ce stade de la saison, on peut d'ores et déjà le rayer de la liste des maitres-chanteurs potentiels mais il a un rôle à jouer dans l'affaire et cette confirmation arrive au bon moment. Plus tard, ça serait moins bien passé à mon avis. Il faut donc s'attendre à ce que Bree joue à la détective privée au moins dans le prochain épisode. Ca peut être amusant... Bree est en tous cas devenue officiellement la nouvelle Mary-Alice. Elle la veut, sa balle dans la tête. 

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// Bilan // Lorsque c'est Renee qui assure le meilleur de l'épisode, il y a tout de même de quoi se poser des questions, non ? Toutefois, ce Making The Connection n'est pas à jeter car il possède de bonnes conclusions d'intrigues, mais pas de bonnes intrigues. 

05 octobre 2011

A Gifted Man [Pilot]

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 Pilot // 9 450 000 tlsp.

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What About ?

Brillant et charismatique neurochirurgien, le Dr Michael Holt mène un train de vie luxueux que lui permet une clientèle haut de gamme. Sa vie matérialiste et très axée sur sa carrière est bouleversée lorsqu'il se met à voir le fantôme de son ex-épouse. Anna va lui permettre de faire preuve de compassion et de venir en aide à des patients sans le sou et sans assurance qui ne peuvent se payer le luxe d'obtenir des soins adaptés car trop coûteux. Il reste cependant difficile pour un esprit aussi cartésien que le sien d'accepter de parler à l'esprit de son épouse disparue. Pourtant, Anna a encore besoin de lui pour l'aider à fermer toutes les portes laissées ouvertes suite à sa mort subite. Jusqu'où Michael acceptera-t-il d'aller ? 

Who's Who ?

Créé par Susannah Grant (Erin Brockovich, In Her Shoes...) et réalisé par Jonathan Demme (Le Silence des Agneaux). Avec Patrick Wilson (Little Children, Watchmen), Jennifer Ehle (Le discours d'un roi), Julie Benz (Buffy, Dexter, No Ordinary Family), Margo Martindale (Justified, The Riches)...

So What ?

   Entre les séries policières, toujours très nombreuses, les séries "à concept" en voie de perdition et le revival des comédies, les vrais bons gros dramas émouvants et subtils se font rares par les temps qui courent. J'avais un petit espoir que A Gifted Man comble ce vide. Le pitch me déplaisait depuis le départ, rappelant vaguement la médiocre Ghost Whisperer, mais l'équipe derrière et devant la caméra avait de quoi laisser rêveur. Susannah Grant n'est pas la plus mauvaise scénariste d'Hollywood, au regard de ses expériences passées; Jonathan Demme n'est pas un novice; et Patrick Wilson est un excellent acteur. Sa prestation dans Little Children aux cotés de Kate Winslet m'a beaucoup marqué. Bref, je me disais que si ces talents débarquaient tout à coup et tous ensemble à la télévision, c'est que le projet en valait la peine. Après 42 minutes d'ennui, mon relatif enthousiasme s'est évanoui. 

 Ce pilote n'est pas mauvais. Non. Mais il n'est pas bon non plus. Il est finalement à l'image de son héros : froid, distant, trop sérieux. Michael Holt est un être presque antipathique, mais en même temps très humain, très vrai. Je trouve courageux d'avoir choisi d'en faire un héros, mais le pari n'est pas gagné à mon sens. J'ai trouvé légitime qu'il se pose des questions au sujet de ce phénomène étrange qui l'habitait en cherchant, en tout bon cartésien, des explications rationnelles à ses visions. J'ai apprécié qu'il ne passe pas l'épisode à se morfondre, à s'énerver ou à nier l'évidence. Mais je n'ai pas été touché. Les scènes avec sa femme, surtout celle des retrouvailles, étaient empreintes d'une belle émotion mais dès qu'elle a disparu, le charme s'est rompu. Il n'est revenu que lorsqu'elle est réapparue. C'est très facile de tomber dans le ridicule lorsque l'on parle de fantômes. A Gifted Man n'a pas ce défaut-là. Wilson est suffisamment convaincu pour être convaincant. Mais que dire de sa soeur, incarnée par Julie Benz, qui trouve le moyen d'être très désagréable envers lui alors qu'il vient de lui donner une somme conséquente d'argent ? Elle ne m'a pas plu. Aux dirigeants de CBS non plus visiblement puisque l'actrice ne sera finalement pas régulière. Le talent de Margo Mardindale est quelques peu gâché par ce rôle d'assistante sans intérêt, qui aurait pu être interprété par n'importe qui. Je ne doute pas qu'elle gagnera en importance par la suite, mais elle restera probablement un accessoire. Les cas médicaux ? Je ne les ai pas trouvés intéressants. Ils sont terriblement banals, malgré leur résonnance vis à vis du héros. Paraît que CBS a demandé d'accentuer l'aspect médical de la série et, par conséquent, atténuer la partie familiale et feuiletonnante. Tout ce qu'il faut pour ne pas m'encourager à poursuivre en somme...

   A Gifted Man n'a pas les épaules assez larges et le coeur assez grand pour donner ce qu'on attend de lui : de l'émotion avant tout, un peu d'esprit aussi. Si j'avais eu une montre à mon bras, je crois que je l'aurais beaucoup regardée, car la série ne peut même pas se targuer d'être rythmée et prenante. Il y avait du potentiel derrière tout ça, j'en suis certain, mais il n'a pas été exploité et, au vue des évolutions exigées par CBS, il n'est pas prêt de l'être !

What Chance ?

 Je ne vois pas la série passer l'hiver. CBS préférera sans doute donner sa chance, dans cette case, à sa seule roue de secours de mi-saison en drama : The 2-2 avec Leslie Sobieski et De Niro à la production.

How ?

Homeland [Pilot]

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Pilot // 1 200 00 tlsp. (critique postée initialement le 19 Septembre 2011)

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What About ?

Dix ans après la disparition de deux soldats américains lors de l'invasion de Bagdad, l'un d'entre eux réapparaît, il est le seul survivant du bombardement. Lorsqu'il revient aux Etats-Unis, il est accueilli chaleureusement par sa famille, ses amis et le gouvernement. En parallèle, un agent de la CIA qui a passé plusieurs années en Afghanistan reçoit d'un de ses informateurs une note sans équivoque : le héros agirait en réalité en tant qu'espion, préparant la prochaine attaque sur le sol américain...

Who's Who ?

Créée par Howard Gordon (24, Buffy, Angel, X-Files), Alex Gansa (24, X-Files, La Belle et la Bête) et Gideon Raff. Adaptée de la série israëlienne Hatufim. Avec Claire Danes (Angela 15 ans, Temple Grandin, Roméo+Juliette, Esprit de famille), Damian Lewis (Life, Band Of Brothers), Mandy Patinkin (Esprits Criminels, Dead Like Me, Chicago Hope), Morena Baccarin (V, Firefly, Stargate SG1), Diego Klattenhoff (Mercy, Men In Trees, Whistler)...

So What ?

   Showtime avait déjà son serial-killer, sa ménagère-dealer, son écrivain sex-addict, son infirmière drug-addict... et grâce à Homeland, elle a désormais son militaire comploteur-traitre-terroriste. S'il y avait bien en cette rentrée une nouveauté qui ne me tentait pas, c'est celle-là. La guerre et moi, on n'est pas copains -c'est la Miss France qui dort en moi qui parle là- puisque j'ai même résister aux Band Of Brothers, The Pacific et autres Sleeper Cell, pourtant considérés par l'élite voire même le grand public comme ce que l'on fait de mieux en la matière. Pourtant, après avoir vu ce pilote, presque en traînant les pieds, je crois pouvoir dire que Homeland figurera parmi mes favoris cette année. A moins que derrière UnforgettableLast Man Standing, I Hate My Teenage Daughter et Charlie's Angels ne se cachent des chefs d'oeuvre insoupçonnés. 

   Ce qu'il faut d'abord dire aux allergiques comme moi aux conflits au Moyen-Orient, aux gros bazookas et aux treillis, c'est que l'action de Homeland ne se passe pas en Irak mais bien aux Etats-Unis. Bien sûr, quelques flashbacks, violents, sanglants et saisissants, se déroulent là-bas et je suppose que plus la série avancera plus ce type de scènes se multiplieront, mais l'essentiel n'est pas là. Ce que raconte avant tout ce premier épisode, à mon sens, c'est le retour d'un homme, qui a souffert le martyr et vécu l'enfer, au sein de son foyer, auprès de sa femme, dont la vie a forcément changé après tant d'années d'absence, et auprès de ses enfants, dont une fille devenue adolescente et un fils qu'il n'a jamais connu. La scène de leurs retrouvailles à l'aéroport, bien que pudique, n'en est pas moins bouleversante. Le geste le plus terrible, sans doute, étant cette poignée de main que l'enfant tend à son père. Rapidement, Homeland n'élude pas la question du sexe. L'acte se fait alors dans la douleur, animal, même bestial. C'est le début d'une série de non-dits, de maladresses, de grandes souffrances pour le couple trop longtemps séparé. Dans le rôle de la femme, Morena Baccarin délivre une performance bien au-delà des espérances. Elle était une excellente alien froide et implacable dans V. Elle prouve ici que son talent est bien plus grand encore. Sa perruque, ou ce qui lui sert de cheveux, est par contre le grand raté de ce pilote ! C'est dire si le reste est excellent... 

   Au cours de ses 55 premières minutes, extrêmement prenantes, Homeland ne se contente pas de présenter un héros, d'ailleurs excellemment incarné par Damian Lewis, elle parvient également à le détruire puisqu'il n'est pas celui que tout le monde croit. C'est à travers le personnage de Carrie Mathison, un agent de la CIA interprété par la trop rare Claire Danes, que la vérité éclate à nos yeux, mais pas encore à ceux des américains. Elle est persuadée qu'il est un terroriste sous couverture et on ne peut que la croire. D'abord parce que l'on est sur Showtime et qu'un héros se doit de ne pas en être vraiment un, ensuite parce qu'elle est extrêmement convaincante. Son obsession et son état quasi-psychotique auraient pu nous faire douter, et c'est d'ailleurs le cas un quart de seconde, mais si elle avait tort, il n'y aurait pas de série. C'est ainsi qu'une grande histoire de complot s'ouvre, avec téléphones sur écoute, caméras espionnes, bref tout l'attirail habituel ! Face à Claire Danes, le charismatique Mandy Patinkin, sorte de mentor pour son personnage, impressionne autant que d'habitude. Reste à espérer qu'il ne quitte pas, une fois de plus, la série au bout de deux saisons (sauf si le scénario l'exige). Homeland nous présente ainsi des personnages complexes, qui se retrouvent dans des situations encore plus complexes qui ne peuvent que se complexifier. Elle n'en reste pas moins accessible et ça, c'est quelque chose que j'ai vraiment apprécié. J'avais peur d'être rapidement largué et ça n'a pas du tout été le cas. Beaucoup de questions se posent à la fin de ce premier épisode, notamment sur les véritables motivations du sergent Nicholas Brody. Comment a-t-il pu en arriver là ? Les prochains épisodes devront répondre à ces questions, et certainement en poser tout un tas d'autres.

   Homeland arrive à point nommé sur les écrans américains, 10 ans après le 11 Septembre. Ce tragique événement est d'ailleurs évoqué plusieurs fois, subtilement. Il représente la menace sous-jacente, qu'il faut à tous prix éviter, ce pour quoi se bat l'héroïne. Ce pilote, empreint d'émotion et sans fausses notes, semble annonciateur d'une grande série, éprouvante et passionnante...

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How ?

Posté par LullabyBoy à 12:20 - - Permalien [#]
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