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These Arms Are Mine // 1o 79o ooo tlsp.

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Le temps de cette critique de Grey's Anatomy, je laisse la plume à un certain UglyFrenchBoy, fidèle lecteur du blog et expert en télé-réalité. Je le remercie chaleureusement pour sa participation, en espérant qu'elle vous plaise autant qu'à moi.


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    Depuis plusieurs années, la télé-réalité emprunte les codes de la fiction, dans sa réalisation, mais également de plus en plus dans l’écriture. Le genre, rebaptisé aux États-Unis « docu-soap » ou « docu-drama », connaît ses heures de gloire sur des chaînes comme MTV, Bravo ou encore E !. Le sens inverse continue, pour sa part, de se développer, entre les mockumentaries (qui s’inspirent uniquement du documentaire sur la forme), les séries construites façon docu-réalité (The Comeback, My Generation) ou encore les épisodes spéciaux d’une production dite « classique ». Pour ce dernier cas, l’exemple d’Urgences vient évidemment en tête avec « Direct aux urgences » (Ambush en VO). Alors, quand Grey’s Anatomy devient Seattle Medical : Road to recovery, difficile de ne pas penser à sa grande soeur… du moins lors de ses premières secondes. Le sentiment est en effet rapidement balayé à mesure que la création de Shonda Rhimes empiète (légèrement) du côté de Boston Med, diffusée cet été sur ABC, tout en gardant son essence. C’est en quoi cet épisode est, à mon sens, une réussite.

    Les conséquences de la fusillade, de loin l’événement le plus marquant dans la vie du personnel du Seattle Grace Mercy West Hospital, continuent d’être traitées avec plus ou moins de réalisme. Déjà six épisodes ont été diffusés pour cette nouvelle salve et le sujet est toujours au cœur de la majorité des intrigues. L’accident, lui, a très probablement médiatisé l’hôpital dans tout le pays. Déjà dans le « season premiere », on se souvient de la voisine de Bailey dans l’avion y faisant référence « Did you know any of those doctors from that shooting ? ». En guise de faux générique cette semaine, la voix-off le confirme : « Several months ago, a gunman roamed these halls, leaving 11 people dead and even more injured. Today, we visit the survivors… ». Ainsi, désireux de donner une nouvelle image à son établissement, le Chief fait appel à une équipe de télévision pour présenter les lieux comme sécurisés. En parallèle, l’émission fictive s’intéresse aux conséquences de la fusillade auprès des chefs de service, titulaires et autres résidents.

   L’idée est bonne, le défi intéressant à relever, mais, surtout parfaitement réussi. Seattle Medical est parfaitement crédible en tant que docu-réalité. Si My Generation misait sur un usage intempestif des effets « immersion », dont les passages de petite et grande focale à outrance, on retrouve ici les mêmes tics de réalisation, mais largement mieux maîtrisés. Quant à Grey’s Anatomy, la série n’est pas absente pour autant. Le dosage drama / comédie est respecté. Et pour ça, on peut remercier à la fois le Chief, qui semble confondre l’émission avec un film d’entreprise, mais surtout Lexie. Depuis le début de cette septième saison, elle apporte une vraie dimension comique (là ou April échoue lamentablement) en l’absence de Cristina dans ce registre, voire l’absence tout court de Mark, personnage particulièrement « au repos » ces dernières semaines. Celui-ci est malgré tout l’auteur d’une des répliques les plus drôles : « He's kinda like my better half. Not the better-looking half, mind you ». La raison principale pour laquelle j’estime cet épisode à trois étoiles c’est qu’il a tout, sur le papier, d’un « stand alone » sans l’être à l’écran. Malgré sa forme, le fond est en effet bel et bien présent : on continue d’explorer le « deuil » de Cristina. Autant dans le précédent épisode, le processus me semblait beaucoup trop long, autant là, Seattle Medical permet un certain renouvellement. Autre point positif, la relation Callie / Arizona n’est pas délaissée et l’on assiste même à un probable départ temporaire du duo (le temps de la grossesse de Jessica Capshaw). Le cas Jackson est également abordé et l’on découvre pour la première fois la façon dont il parvient à gérer le stress post-traumatique. Son enfermement est prétexte à un rapprochement assez subtil avec Teddy, mais on peut également y voir une critique sur l’excès des systèmes de sécurité dans les lieux publics et la psychose qu’ils peuvent engendrer.

    Le point faible qui peut être relevé pour cet épisode est le portrait trop caricatural, mais aussi trompeur, des personnages, particulièrement avec Bailey qui enlace les patients, pleure et fait preuve d’empathie (mention d’ailleurs à Mandy Moore, qui n’a jamais été aussi touchante depuis Walk to remember). Un défaut qui s’avère être en même temps une qualité, les protagonistes de télé-réalité étant souvent « unidimensionnels ». Souci de réalisme ou lacune scénaristique ? Le simple fait de s’interroger mérite que l’on donne à ce « These armes of mine » un certain intérêt et surtout du crédit.

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// Bilan // Fortement déçu par la saison 6 de Grey’s Anatomy, j’avais trouvé avec Mercy une sorte de médicament générique (désolé). Cette dernière avait fait, elle aussi, venir une équipe de télévision pour filmer les coulisses de son hôpital, ou du moins le Dr Briggs (interprété par James van der Beek) faisait l’objet d’un docu-réalité. L’idée n’était pas forcément intéressante et, finalement, ne servait pas vraiment le récit. Quant à Nip/Tuck, son brûlot contre le genre se contentait de cracher dans la soupe pour mieux la faire manger. Avec de tels exemples, autant avoir des appréhensions à l’annonce d’un épisode « docu-réalité » de Grey’s Anatomy. Celui-ci est un succès à tous les niveaux, sur le fond comme sur la forme, tout en rendant plus ou moins hommage à la télé-réalité. Le meilleur épisode de la saison à ce stade.

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